Book Haul (2)

Je n’ai presque rien lu de ce que j’ai présenté dans le premier book haul parce que finalement, en été, il est difficile de partir en vacances pour un road trip et de lire en même temps, surtout quand les vacances sont courtes. N’empêche que ce n’est pas une raison pour déprimer et ne pas succomber aux tentations, nombreuses de septembre…
Si j’ai déjà lu et chroniqué une bonne partie des livres de la rentrée littéraire que je vous ai présentés, comme je l’ai déjà dit, il y a toujours des trouvailles qui s’immiscent dans votre programme initial (et qui fait que finalement, votre programme tant de lecture  que d’écriture de chroniques bloguesques est ruiné d’avance et prend rapidement plusieurs mois voire plusieurs années de retard…)

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Septembre, encore plus que les autres mois de l’année (avec janvier) est fatidique, surtout quand dans les librairies-bouquineries, vous tombez sur de bonnes « occaz » (et je vous épargne l’état de ma liseuse qui tourne aussi à fond).

En pleine rechute en nothombmania, il me manquait La nostalgie heureuse, trouvée gratis ou presque…

Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith, traduit par Pierre Demarty (éditions Sonatine) : un thriller qui se passe en Louisiane et qui a comme thème les oubliés du rêve américain ; mon deuxième choix pour le match de la rentrée littéraire organisée par Price Minister où finalement j’ai eu mon premier mais j’avais de toute façon l’intention de lire celui-ci également… Je suis effectivement l’une des heureuses gagnantes pour la participation au match de la rentrée littéraire PMR et mon choix premier se portait sur HillBilly Elégie de J. D. Vance (traduit par Vincent Raynaud), aux éditions Globe, qui parle également des laissés pour compte de l’Amérique profonde (en regard avec les dernières élections américaines, ce qui ne pouvait que m’intéresser) : j’en reparle bientôt donc, j’attends de recevoir le livre.

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Je veux lire depuis quelques temps Vernon Subutex de Virginie Despentes, après avoir lu une interview de l’auteure dans Les Inrocks. La sortie version poche des deux premiers tomes est parfait pour tenter l’expérience.
Je continue également ma saga écossaise fun des « chroniques d’Edimbourg » d’Alexander McCall Smith, avec le tome 4 et 5 : L’insoutenable légèreté des scones (traduit par Nadège de Peganow (comment résister à un scone, d’abord ? 🙂 ) et Le monde selon Bertie (traduit par Elizabeth Kern) : une bonne série pure détente, parfait pour les fans de l’Ecosse, comme moi.

Une vraie trouvaille à présent : Avant tout, se poser les bonnes questions de Ginevra Lamberti (traduit par Irène Rondanini et Pierre Bisiou), éditions du Serpent à Plumes: Ginevra est blogueuse, indexelle vit à Venise, elle est italienne et, pour avoir commencé à lire son bouquin, je peux d’ores et déjà dire que c’est un vrai talent (et pas un piston !). Elle raconte l’histoire de Gaïa qui habite une sublime vallée italienne pas très loin de Venise, termine ses études et cherche du boulot. C’est bourré d’humour, sarcastique et ça sort de l’ordinaire. Un regard sur l’Italie contemporaine. J’en reparle bientôt.

Autre trouvaille grâce à un article sur Internet : Connemara Black de Gérard Coquet, aux éditions Jigal : je suis toujours curieuse des romans irlandais écrit par des Français. Ici un polar sur fond de reste d’IRA. Affaire à suivre.

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Enfin, une BD sauvée d’un rebut de bibliothèque (il y a parfois de mauvais désherbage dans les biblis !) . Raymond Briggs raconte et dessine la vie de ses parents, Ethel & Ernest, de 1928 à 1971 (traduit par Alice Marchand). Une traversée du siècle, ou presque, en Angleterre.  C’est émouvant, tendre, drôle, sans filtres, au-delà de l’histoire d’amour de ces deux-là, sans doute parce que chacun de nous  peut y puiser des éléments de sa propre histoire familiale à travers le temps. La guerre. L’apparition de la lessiveuse, de la télévision, du téléphone. Mes arrière grand-parents et grand-parents s’y seraient reconnus et finalement c’est grâce à eux que j’ai été attirée par cette BD. Un film d’animation en a été adapté, pas sorti en France (dommage !), mais je ne désespère pas de visionner la version british.

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Enfin, je suis en train de vous préparer un billet pour l’exposition  » Gauguin – L’alchimiste » au Grand Palais du 11 octobre au 22 janvier 2018. Je suis en plein, dedans, grâce aux éditions de la Table Ronde qui rééditent un récit de l’artiste, Avant et après ainsi qu’une autobiographie imaginaire mais non fantaisiste, écrite par Jean-Marie Dallet : Je, Gauguin, dont je viens de terminer la lecture : j’ai encore appris beaucoup de choses. Lectures parfaites pour se préparer à l’exposition (sortie le 5 octobre). J’en reparle bientôt aussi.21462766_1725145344194319_3715892391985305373_n

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Les mystères de Saint-Exupéry : enquête littéraire – Jean-Claude Perrier

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Dans la mémoire collective, Antoine de Saint-Exupéry est l’auteur de l’inoubliable Petit Prince, dont la disparition prématurée engendra la légende. Un écrivain devenu mythique.
Jean-Claude Perrier propose ici une enquête littéraire sur l’homme, l’écrivain, le poète, le dessinateur, le pilote, le fou d’aviation…. Je ne connaissais que peu de chose sur « Saint-Ex » et je n’ai lu, comme la plupart, que Le Petit Prince. Je savais que cet écrivain avait mystérieusement disparu lors d’un vol de reconnaissance, (évidemment!) et qu’il y a quelques années, on a retrouvé une épave au large de Marseille, dont tout concorde à dire qu’il s’agit bien de l’avion de l’homme de lettres. Mais à part cela, l’homme qui se cache derrière la figure publique de Saint-Exypéry m’était quasiment inconnu.

Un livre qui se lit comme un roman, une mosaïque qui cherche à dessiner le portrait le plus complet et le plus juste de l’homme, s’efforçant d’effacer les mystifications qui entourent Saint-Exupéry. Jean-Claude Perrier, journaliste littéraire,  a rencontré la famille de l’aviateur-écrivain, notamment Olivier d’Agay, le petit-neveu de Saint Ex, directeur de la Succession Saint-Exupéry-d’Agay. Tout commença par un hors-série du Figaro en 2004, puis un feuilleton littéraire pour Le Figaro Littéraire, en 2007. Un climat de confiance s’établit entre Olivier D’Agay et Jean-Claude Perrier, la curiosité du journaliste s’aiguise encore un peu plus, l’enthousiasme que manifestent les lecteurs du feuilleton pour Saint-Exupéry, soixante-cinq ans après sa mort, décident Jean-Claude Perrier à approfondir l’enquête.
« Le paradoxe, chez Saint-Exupéry, c’est qu’il est aussi illustre que mystérieux. Mais la chance des chercheurs, c’est que de nouvelles pièces du puzzle sortent régulièrement du secret. Parfois de façon miraculeuse. J’ai tenté de les assembler ici, comme un archéologue reconstituant une mosaïque antique. »

Je vous le dit tout de suite : ce livre m’a totalement passionnée, déconnectée de mon quotidien : dès que je l’ai ouvert, j’ai oublié tout ce qui m’entourait : là pour personne ! Ce livre a même fait visiter un terminus de métro de la RATP  🙂  (Etre lectrice plongée corps et âme dans son livre est un vrai danger au quotidien !)

Je ne vais pas tout vous raconter mais Antoine de Saint-Exupéry était un homme à femmes. Il s’est marié à Consuelo mais il la trompa d’innombrables fois et lui rendit la pareille, un couple un mal assorti, c’est ce qu’on lit entre les lignes. Pourtant, Saint-Ex était l’homme d’un seul amour : le premier ! A savoir, « Lou », alias Louise de Vilmorin, oui, celle qui est devenue écrivain. Même s’ils avaient rompu leurs fiançailles, s’étaient mariés chacun de leur côté, il restera toujours un ami amoureux de cette aristocrate. Il va lui dédier des lettres et des poèmes. Parce que Saint-Exupéry a débuté en écriture d’abord comme poète, avant de s’essayer à la prose en 1923. On le sait, il sera aussi dessinateur, aviateur, voyageur, cinéaste…

L’aviation, l’autre amour dans la vie de Saint Ex: une passion qui l’anime depuis toujours. Ma surprise de lire qu’il a survécu à de multiples crashs !
Saint-Ex s’est également essayé au cinéma mais sans succès. Cet épisode de sa vie vous fera côtoyer, avec lui, Jean Renoir dans un bateau en partance pour New York. Jean Renoir qui fera tout pour adapter Terre des hommes, mais les vicissitudes du monde du cinéma l’obligeront à renoncer. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation à l’écran aurait été une des meilleures de sa vie.
Vous avez aussi rendez-vous avec Paul Claudel ! Une amitié exemplaire s’est nouée entre les deux hommes, malgré leurs idées politiques divergentes (Saint-Exupéry est farouchement anti-gaulliste) : leur passion commune pour l’aviation les réunit. Cette rencontre semble décisive pour la naissance du personnage du Petit Prince, puisque Saint-Exupéry s’amusait à fabriquer des avions en papier à une petite fille (qui n’est autre que la soeur du petit-fils de Paul Claudel) : cette petite fille et Antoine lâchaient ces avions en papier depuis l’Empire Stade Building. Celle qui préfèrera même évoquer avec Jean-Claude Perrier Saint-Exupéry que son illustre grand-père !  A la même époque, dans son exil forcé et mal vécu, l’aviateur gribouillait un certain petit personnage et racontait à Marie Sygne,  cette petite fille, des histoires…

Je ne peux pas tout raconter, il faut bien que je laisse un peu de mystère mais c’est un livre absolument passionnant ! Je suis allée de surprise en surprise et il reste encore des énigmes sur cet écrivain hors norme, passionné, au grand coeur, au caractère trempé, mais doté d’un humanisme qui force le respect.

Un bel hommage à Saint-Exupéry. Pour mémoire,  Le Petit Prince, publié posthume en 1946 en France, s’est vendu à 130 millions d’exemplaires, a été traduit dans 210 langues : « Un phénomène sans équivalent » !
On aurait tellement aimé que son auteur, qui n’a pas toujours vécu dans l’opulence, le sache ! « Sa disparition a laissé ouvert un vaste champ des possibles ». « Ses livres invitent au voyage, au partage, à la découverte d’un monde qu’il a passionnément aimé. Et qui n’était pas celui que l’on nomme « civilisé » ou « moderne » La lecture du Petit Prince ou de Citadelle, incite le lecteur à se questionner et réveille le meilleur en chacun d’entre nous : l’inquiétude, voir l’indignation. Derrière les apparences, il y a, chez cet homme, du rebelle. » De quoi donner envie de se plonger dans ses textes ! 🙂

Les Mystères de Saint-Exupéry a été publié en 2009 chez Stock. Il vient de sortir au format poche, aux Editions de la Table Ronde, dans une version actualisée, dans la jolie collection multicolore « La petite Vermillon », illustré ici pour la couverture, par Félix Demargne.
Ce livre a obtenu le Prix Louis-Barthou 2010 de l’Académie française.

Merci aux Editions de la Table Ronde de m’avoir permis de choisir ce livre.

#rentreelittéraire2017

 

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Killarney Blues – Colin O’Sullivan

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Traduit par Ludivine Bouton-Kelly

Bernard est jarvey dans la petite ville de Killarney, en Irlande, dans le comté du Kerry. Si vous connaissez Killarney, vous avez sûrement rencontré ces conducteurs de calèche qui promènent toute la journée les nombreux touristes. Pourtant Bernard est mis au ban de la bourgade : il est considéré un peu comme l’idiot du village. On découvre qu’il aurait peut-être une forme d’autisme Asperger (mais cela reste une supposition). Cet homme a une passion : le blues. Dès qu’il peut, il gratte sa guitare et chante (mais chez lui). Il est incollable sur tous les bluesmen américains. Une passion que lui a transmise son père, décédé. Bernard est amoureux depuis son adolescence de Marian, à qui il envoie régulièrement des cassettes de ses enregistrements.

Quand s’ouvre le récit, Bernard se fait rosser par des hommes, à la sortie d’un pub. On ne sait pas pourquoi. Des coups de poings, des coups de pieds. Ils le laissent à demi-inconscients. Bernard a peur : moins de se prendre encore une nouvelle raclée que de perdre l’audition : allongé sur le sol, encore sonné, sa préoccupation est de savoir s’il entend encore. Ouf ! Ce ne sera pas encore pour cette fois qu’il s’arrêtera de jouer du blues : hormis une dent en moins et des contusions, ses doigts et ses oreilles ont réchappé du massacre. D’emblée, on comprend que Bernard est un homme particulier et passionné.
Nous faisons la connaissance de Marian, et de ses deux copines avec qui elle fait régulièrement du shopping le samedi. Leur « QG » est un café de Killarney. Marian se fait charrier par Mags et Cathy à propos de l’obsession que Bernard nourrit pour elle. Cependant, Marian a du répondant, et même si Bernard l’indiffère, elle n’hésite pas à balancer à ses amies, trentenaires qui se comportent comme des ados, la petitesse de leur vie : « Honnêtement, les chansons sont assez pourries. Mais c’est bien d’avoir un hobby. C’est mieux que vous deux. Qui passez votre temps à faire du shopping. Et qui dépensez l’argent que vous avez durement gagné. » Et bim, dans les dents ! 🙂
Nous faisons également la rencontre de Jack Moriaty, un mec qui se la joue gros dur, footballeur au club de la ville quand il ne travaille pas au garage. Un ami d’enfance de Bernard. A présent, il considère le jarvey comme un boulet qui le saoule dès qu’il vient entamer la conversation avec lui au pub. Il fait tout pour l’éviter. Il n’aime pas qu’on le voit avec lui, sa « réputation » pourrait en prendre un coup. D’emblée, on déteste ce Jack-le-macho-qui-roule-des-mécaniques. On le déteste encore plus quand on apprend qu’il sort simultanément avec Mags et Cathy. Ces deux filles apparaissent de plus en plus comme deux bécasses superficielles. On va s’en prendre plein la face, à leur instar.

Le premier roman noir de l’Irlandais Colin O’Sullivan, qui est un acteur de théâtre converti à l’écriture. Il vit actuellement au Japon (un autre pays qui me fascine) où il enseigne l’anglais.  Un livre de la rentrée littéraire dont on ne voit pas la pub sur les réseaux sociaux, et encore moins de chroniques sur les blogs et c’est vraiment dommage. Il sort le 21 septembre, me semble-t-il mais c’est silence radio. Je l’ai acheté en version électronique et je ne sais pour quelle raison, il m’était immédiatement disponible à la lecture sous ce format.

Je lui ai trouvé un petit défaut tout de même qui est la répétition de certains éléments au cours du récit, un peu comme si c’était pour combler un vide. Mais à par cela, c’est vraiment un roman noir qu’on ne peut plus lâcher une fois entamé !

Collin O’Sullivan aborde quelques thématiques de l’Irlande contemporaine, notamment la condition féminine : en Irlande, une femme qui n’est pas mariée à 30 ans est presque une anomalie. Société machiste, c’est hélas une vérité. Ainsi beaucoup de ces Irlandaises n’ont qu’une obsession : se trouver un mec, le faire tomber de son arbre pour le mettre dans le nid etc., comme on dit. Le but de leur vie. Les personnages de Cathy et Mags en sont emblématiques. Deux gourdes dont l’auteur semble se moquer. Je dirai même qu’il les accable!  Elles sont capables de faire l’abstraction de la maltraitance que peut avoir envers elles ce Jack Moriaty et même bien pire (mais je ne vous dis pas pourquoi pour ne pas spoiler l’histoire). Quand elles se rendent compte de leur erreur, c’est trop tard. Le machisme, l’amour, l’amitié et d’autres thèmes plus noirs que je ne révèle pas volontairement sont abordés dans ce roman.

Les personnages gagnent en profondeur au fil du récit, on découvre leur histoire personnelle, leur héritage, qui, si certains l’ignorent, s’apparentent à l’âme du blues : « Le blues parle de la souffrance. Et les Irlandais en connaissent un rayon là-dessus. » Pour Bernard, comme pour son père, « le blues lui parlait, c’étaient des chants crus et grossiers, ils sortaient du plus profonds des puits, tout au fond, là où il faisait si noir qu’on n’y voyait rien ».

La souffrance, le tourment, est bien le fil ténu entre les personnages. C’est un roman noir, effectivement, mais aussi une histoire d’amour. Un droit à la différence. Un roman mélancolique mais dont l’humour n’est pas absent. Tous les fans de l’Irlande connaissent la propension des Irlandais à se moquer d’eux-mêmes, ce roman n’y échappe pas. 🙂
Une plume au diapason du blues, avec une touche irlandaise en plus. Je suis passée du sourire aux presque larmes. On s’attache même à Ninny, la jument de Bernard en bout de course, au nom ridicule.  J’ai aimé la fin de cette histoire. Après la tempête, il y a le soleil. Une belle humanité dans la plume de cet auteur. A découvrir !

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Killarney et l’un de ses lacs qui font la réputation de la région
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Un jarvey, personnage emblématique de Killarney (C)

#rentreelitteraire2017

 

 

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Frappe-toi le coeur – Amélie Nothomb

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Cela commence comme un conte (comme souvent dans les romans d’Amélie Nothomb) : Marie « se savait jolie ». « Grande et bien faite, le visage éclairé de blondeur, elle ne laissait pas indifférent »« Elle étudiait le secrétariat »  parce qu’il « fallait bien étudier quelque chose ». Elle n’habite pas Paris mais « une ville assez éloignée de la capitale pour ne pas lui servir de banlieue ». Nous sommes en 1971. Elle « avait 19 ans, son heure était venue. Une existence formidable l’attendait ». « Elle trouvait grisant d’attirer les regards, d’être jalousée des autres filles ». « Quand Marie voyait les filles la regarder avec cette envie douloureuse, elle jouissait de leur supplice au point d’en avoir la bouche sèche. »  Une petite princesse d’emblée antipathique, mais qui, grâce à son physique, séduit le plus beau garçon de la ville (et peut-être aussi le plus couillon !) Un scenario digne d’un film à succès dont elle serait l’héroïne. Marie nage en plein délire égocentré pendant qu’Olivier, son amoureux transi, prend ses frémissements pour une marque d’amour. Pourtant, un grain de sable vient bouleverser le scenario de la donzelle. Enfin, disons qu’en guise de grain de sable, c’est un plutôt une « graine » ! Mariage avec Olivier précipité.  Adieu faste du mariage du siècle !  Marie accouche de Diane, toute mignonne, toute brune comme son papa qui s’écrie : « Tu es la plus belle petite fille que j’aie vue de toute ma vie ! » Le début de la fin : Marie devient jalouse de Diane, qui lui vole la vedette.
D’ailleurs Marie passe assez rapidement en arrière-plan dans le roman, qui fait la part belle à Diane. Un  petit ange brun intelligent, qui comprend très tôt l’ampleur des dégâts : « Mon explication de l’univers s’écroule. (…) . Maman, j’ai essayé de comprendre ta jalousie, et en guise de gratitude, tu ouvres devant moi le gouffre dans lequel tu es tombée, à croire que tu cherches à m’y faire chuter, mais tu n’y réussiras pas, maman, je refuse de devenir comme toi ».

On suit la vie de l’enfant au coeur lacéré. Un coeur en miettes qui la fera s’engager en médecine : Diane aspire à être cardiologue !  Pour soigner tous les coeurs malades. Ce qu’elle ne sait pas c’est que sa vie va croiser la route de quelqu’un encore plus monstrueux que sa mère.

J’ai lu parfois que ce roman était un roman sur la jalousie. Certes, mais c’est un peu réducteur. C’est aussi le mépris dans toutes ses dimensions qui est au coeur de l’intrigue. Diane va se méprendre. Et c’est pire que tout le reste. Elle va croiser le mépris personnifié sous les traits de quelqu’un qui aurait pu être son double ou sa mère – il est d’ailleurs amusant de relever que l’un des prénoms envisagé par Marie pour son bébé était à l’origine Olivia ; son père refuse car belle comme elle est, pour lui, l’évidence du prénom était Diane.

Diane va tout donner (et même plus) à quelqu’un qu’elle prend pour une amie. En guise de récompense pour sa générosité sans calcul, l’attend « une déception abyssale ».  Le monstre va se servir d’elle pour atteindre son but, la vider de sa substance (intellectuelle mais aussi physique puisqu’elle ne mange plus pour se consacrer entièrement à sa tache), pour ensuite la jeter avec mépris. Ce personnage m’a fait penser à une sorte de mante religieuse qui au lieu de tuer son « mâle », anéantirait ses amies et ses enfants (d’ailleurs son mari relève du zombie autiste…). Ce personnage est pire que sa mère (déjà pas piqué des hannetons!) car il est calculateur : « cette femme méprisait par nature. C’était une personne méprisante, elle cherchait des objets de mépris et en trouvait facilement : les naïfs, les malades et jusqu’à sa propre fille ». Une tromperie à l’état pur. Une monumentale arnaque. Quelqu’un qui connaît mal le précepte de Chateaubriand : « Soyez économe de votre mépris, il y a beaucoup de nécessiteux ». Attention au retour de bâton ! « Il apparaissait maintenant que le mépris était pire que la haine. Celle-ci est proche de l’amour quand le mépris lui est étranger ».

Un roman qui explore aussi l’amour filial, l’enfance brisée et ses conséquences, la trahison, les relations malsaines, l’amitié bafouée. Avec pertinence et originalité. Un conte acide,  « tout en nerfs », selon Amélie Nothomb – c’est clair ! 😄

J’apprécie Amélie Nothomb depuis ses débuts, alors que j’étais ado, je n’ai pourtant pas aimé tous ses romans, mais celui-ci est sans doute l’un de ses meilleurs (avec Pétronille, pour ne citer que le plus récent que j’ai aimé, mais il y en a beaucoup d’autres !)
Auteure critiquée et sans doute jalousée, elle n’en est pas moins populaire : j’ai testé moi-même la file d’attente de plus de 3h à la librairie Albin-Michel il y a quelques jours. Je suis arrivée là-dedans en novice : il faut de bonnes jambes ! Merci à l’éditeur pour la gougère et la boisson 🙂 C’était sympa de discuter un peu avec les autres lecteurs, même si j’ai du mal à comprendre certaines choses, tout de même. Mais bon, chacun son kif ! Pour moi Amélie Nothomb reste un écrivain que j’apprécie, comme beaucoup d’autres. Mais ça s’arrête là. Je ne me verrais pas lui écrire ou lui raconter ma vie en dédicace. Question de caractère, sans doute – j’arrive déjà à peine à dire 3 mots sans bafouiller ni virer à l’écarlate 🙂 . Je sais qu’elle prend extrêmement soin de ses lecteurs, ceci explique sans doute cela.  En tout cas, son succès est mérité et ça fait 25 ans que ça dure !

#rentreelittéraire2017

 

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Hérésies glorieuses – Lisa McInerney

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Traduit par Catherine Richard-Mas

Ma première lecture irlandaise de la rentrée littéraire. Cork, je connais. C’est tout mignon. Mais ici, Lisa McInerney choisit de vous emmener visiter la face sombre de la ville : l’underground. Le Cork des paumés, de ceux qui vivent de petites et grosses magouilles entre amis, qui ne sont jamais tout à fait des amis. Méfiez-vous aussi des petites mamies…

Ca commence par un meurtre commis par inadvertance. Une vieille dame, Maureen, assomme un type qui s’est introduit dans sa maison. Un cambrioleur, ou quelque chose du genre. Sauf qu’elle n’a pas fait que l’assommer : elle l’a dézingué. C’est ballot. Avec quoi ?  Un bâton ?… Meuh nan, ce serait trop banal ! Je vais vous le dire parce que vous ne devinerez jamais : une bondieuserie, « une sainte caillasse » ! Le genre de truc qu’on achète à Lourdes. Le miracle ne s’est pas produit :  le mec n’a pas ressuscité, il est bel et bien raide mort, sur le carrelage de sa cuisine, qu’il a copieusement massacré au passage, avec tout le sang qui a giclé. Sérieux, les joins sont foutus ! Maureen, rudement embêtée tout de même par l’ampleur des dégâts, et cette chose encombrante qu’est un cadavre, appelle son fils Jimmy à la rescousse. Jimmy,  le parrain local, pas fou, touche pas à ce genre de truc : il fait appel à une connaissance pour faire le boulot : Tony Cusak. Tony, père isolé à la tête d’une marmaille de 6 enfants, alcoolo à ses heures perdues, chômeur professionnel, n’est pas franchement enthousiaste, mais bon, faut bien vivre ! Et dire non à Jimmy, c’est courir davantage de risques que de faire disparaître un cadavre et refaire un carrelage…
Sauf qu’un cadavre, avant d’être un cadavre, c’était quelqu’un. Avec une histoire. Il se trouve que Georgie, une ado qui a fugué de chez elle, a fait la connaissance du cadavre, quelques années auparavant. Il s’appelle Robbie O’Donovan. Son premier amour. « La trentaine. Rouquin. Un grand dépendeur d’andouilles ».  Qui l’a mise sur le trottoir. Le parfait gentleman, quoi 🙂 .  N’empêche, Georgie cherche depuis quelque temps Robbie. Pendant ce temps, l’aîné de Tony Cusak, Ryan, 15 ans, est amoureux de Karine, une fille canon, de la bourgeoisie locale. Amour partagé, sauf que Karine en bave avec Ryan qui penche du mauvais côté : il deale.  Il se fait virer du lycée.  Il se trouve qu’il est le pourvoyeur en drogue de… Georgie, la camée à « la mine de crevarde ». Pourtant, le deal de Ryan est de ne surtout pas vouloir ressembler à son père…
A son âge, on a les hormones qui travaillent. Il suffit qu’on ait comme voisine, une nana à la masse comme Tara Duane pour que ça dérape encore un peu plus, surtout quand on a un père comme Tony Cusak : il ressemble peut-être à « un type déglingué », mais si une femme touche à son fils mineur, c’est lui qui déglingue. «  »Tara Duane », fit Tony (…) Chaque fois que j’entends le nom de cette connasse, ça me bouffe mon espérance de vie ». Sauf que cette Tara Duane est aussi la voisine de Jimmy à qui elle se plaint quand Tony descend la fenêtre de son salon à coup de cross de hurling. Jimmy se demande ce qui a bien pu mettre ce grand déglingué de Tony, un zeste couillon, dans une rage pareille si ce n’est une histoire de fesses : « Pour  quelle autre raison est-ce qu’un type irait massacrer ta maison ? Tu t’es gourée d’étiquettes sur les poubelles ? Tu as gueulé toute la nuit en écoutant ABBA à fond ? »
N’empêche que fracasser la maison de sa voisine à coup de cross de hurling, alors qu’on est déjà alcoolo et au chômage, c’est pas fait pour arranger la garde de vos enfants… C’est la preuve que vous êtes fêlé ! Même si ladite voisine est une « méga-fouteuse de merde en personne », que « ça fout les jetons », que « cette gonzesse est complètement déchiquetée » (sérieux, ça fait envie !) Le juge voit une agression, c’est tout. On se retrouve rapidement dans une « chierie d’enfer et putréfaction totale ».  Comme si ça ne suffisait pas, mamie Maureen touche aux allumettes…

J’avais pu goûter au sens de l’humour de Lisa McInerney au mois de mars, au festival franco-irlandais mais je n’avais pas encore lu son livre…
Ce roman est complètement dingue, fou, barré. J’ai rigolé comme une bossue, je me suis planquée x fois derrière ma lecture pour cacher mon fou rire dans les transports en commun. Lisa McInerney a une imagination débordante, un style sans fioritures :  elle enlève tous les filtres, une b**e c’est une b**e (je n’écris volontairement pas le mot pour ne pas avoir des pervers qui atterrissent sur ce blog – Lol !). Les bondieuseries et tout ce qui va avec, en prennent pour leur grade,  et pas qu’un peu !  Ce n’est pas un roman pour vierges effarouchées ni sainte-Nitouche. Et encore moins pour les grenouilles de bénitier. 🙂 C’est complètement immoral et amoral mais délicieux.

Si j’ai beaucoup ri,  c’est pourtant une histoire dramatique et même sordide. Mais l’humour ravageur et corrosif de Lisa McInerney est d’une efficacité redoutable. C’est plein de morts vivants, de walking dead pas du tout catholiques… Tous les personnages sont incapables de se sortir du pétrin dans lequel ils sont parce que de toute façon, le « pays est niqué » : le choix qui s’offrent à eux, c’est « l’aéroport et la file d’attente du chômage ».
On s’attache davantage à Ryan qu’aux autres personnages parce que c’est un révolté qui ne veut pas ressembler à son père mais il ne sait pas comment se sortir du guêpier dans lequel il s’est mis. Il dit même à Georgie qu’elle a gravement une sale tronche, à force de se shooter,  ce à quoi elle rétorque : « Misère de moi ! Un dealer qui me conseille d’arrêter la drogue ! » 🙂 Il ne prend pas le bon chemin, même avec Karine qu’il aime vraiment. Il en a conscience, mais son environnement social fait qu’il ne peut pas agir autrement : c’est un engrenage infernal. Comble de l’ironie, Karine fait des études d’infirmières, « parce qu’il faut bien que quelqu’un retape tout ce monde ».  Il est clair qu’elle a du boulot !

La fin est émouvante. Je sais qu’il y a une suite (le deuxième roman de Lisa McInerney), centré sur le personnage de Ryan, justement.

J’ai souvent eu l’impression que ça tournait au cartoon, entre Maureen qui ressemble à un « épouvantail congelé » et un « gusse » qui « saute sur scène comme s’il avait des frelons dans le caleçon » ! Et j’en passe… Un roman très vivant, c’est certain, ça saute et ça rebondit dans tous les sens.
Une plume au langage châtié et truculent, qui a dû être une gageure à traduire en français.

On ne sort pas indemne d’un tel roman, qui, s’il fait rire, n’en est pas moins fracassant.  Une lecture marquante, c’est certain !
Un roman à découvrir pour les amateurs de sensation et d’humour caustique !

Le livre a été primé deux fois en 2016 : il a été récompensé par le Baileys Women’s Prize for Fiction et le Desmond Elliott Prize . Il va être adapté en série TV.
Lisa McInerney était aussi blogueuse ; elle se consacre maintenant à l’écriture de fiction.

#rentreelittéraire 2017

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Les filles de Brick Lane – tome 2 : Sky

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Traduit par Marie Hermet

Nous retrouvons nos copines de Brick Lane que nous allons suivre pendant un an. A l’occasion du jour de l’an, Ambre, Rose, Sky et Maali se réunissent. L’une des  doctrines du groupe est de tout se dire, « même les choses les plus difficiles à raconter. Surtout les choses difficiles à raconter ».
Cela tombe à pic car les quatre amies vivent des moments compliqués. Ambre, qui vit avec ses deux pères, voudrait connaître sa mère biologique pour savoir qui elle est vraiment. Malheureusement, la femme qui l’a mise au monde a spécifié qu’elle ne souhaitait pas être contactée par son enfant. Coup dur pour Ambre : elle se sent désemparée, bien peu sûre d’elle et de sa place dans le monde. Depuis plusieurs semaines, elle est frappée par le syndrome de la page blanche, incapable de trouver de l’inspiration pour alimenter son blog.
Maali s’inquiète pour la santé de son père, victime de malaises de plus en plus fréquents. Très pieuse, l’épreuve qu’elle traverse va l’amener à s’interroger sur la place de la religion dans sa vie.
Sky reçoit comme un boomerang ce qu’annonce Maali : elle ne peut s’empêcher d’imaginer le pire pour les problèmes de santé du père de son amie. Sky est orpheline de mère, celle-ci est décédée d’un cancer. Mais avant tout, Sky , jusqu’à présent scolarisée à la maison, va devoir affronter le lycée. C’est ce qui l’angoisse le plus en ce début d’année : comment survivre au lycée, à l’image d’une prison pour un oiseau libre comme elle,  esprit bohème qui ne vit que pour la poésie ?
Enfin, Rose a une annonce fracassante à faire : elle est gay. Bien entendu, elle craint la réaction de ses amies, notamment de la très pieuse Maali. Elle n’en demeure pas moins vouloir devenir pâtissière et envisage d’intégrer la voie de l’apprentissage après le lycée. En attendant, elle aide Francesca. Francesca, qui va devenir une obsession pour Rose.

La crise existentielle que traversent les quatre adolescentes va être l’occasion d’éprouver leur amitié et surtout la cinquième devise de leur groupe secret sous la houlette d’Oscar Wilde  : « Les Filles de Brick Lane sont fières de ne pas être comme les autres. Elles préfèrent n’importe quoi plutôt que ressembler à tout le monde. Ressembler à tout le monde est un crime contre l’originalité : l’équivalent humain de la peinture beige. »

Homosexualité, harcèlement, jalousie, mère porteuse,  amour, amitié, sexualité, identité, droit à la différence, conformisme, pression sociale, écriture, engagement, voici quelques-unes des thématiques développées. Un récit très vivant, des thématiques riches, abordées avec intelligence, efficacité et humour. En filigrane, plane toujours l’ombre d’Oscar Wilde.
Une sympathique escapade à Paris avec Ambre, inspirée une fois de plus par son écrivain fétiche à un moment où elle a besoin de prendre de la distance avec la jalousie des filles du lycée qui lui pourrissent son blog, mais aussi de faire le point sur qui elle est vraiment : « Quand les bons Américains meurent, ils vont à Paris ». Cette simple citation lui donne le courage de partir seule dans la capitale française. Un voyage qui va lui donner redonner inspiration et confiance en elle (et au passage, faire s’étrangler de rage les vilaines jalouses en postant des chroniques en direct sur son blog, depuis Paris ! 🙂 ). On fait même un petit tour à la mythique librairie parisienne et anglophone Shakespeare & Co !

Les Filles de Brick Lane sont unies contre l’adversité, mais les choses se compliquent quand l’adversité, sous les traits de la jalousie, trouve une brèche pour s’infiltrer dans le groupe :  Sky et Rose vont voir leur amitié être mise à rude épreuve en découvrant les épines des roses rouges de l’amour… et les peurs panique jamais avouées.

Cependant, la haine et le conformisme en prennent pour leur grade et n’ont pas droit de cité :
« (…) la semaine dernière, quelqu’un a mis des commentaires haineux sur ma page.
Ma première réaction a été de m’enfuir et de me cacher. De cesser complètement d’écrire.
Mais ça aurait voulu dire que je laissais la victoire à la haine et ceux qui la pratiquent. Et je ne veux pas laisser la victoire à la haine.
Parce que maintenant, je  vois que ma différence est une chance, une chose dont je peux être fière, une chose qui peut me mener loin. » explique Ambre à ses lecteurs.

Sky se révolte contre le système éducatif, ce lycée-prison qui lui tord les boyaux. C’est l’occasion de discussion à plusieurs reprises :
« Notre société n’a pas besoin d’un tas d’esprits libres qui savent ce qu’ils veulent et qui savent comment l’obtenir, en suivant leur propre chemin. Notre société a besoin d’un troupeau de moutons prêts à faire aveuglément tout ce qu’on leur dit de faire. »
(« bizarrement », ça me rappelle quelque chose ! 🙂 )
« La proportion des jeunes sous antidépresseurs a grimpé de plus de cinquante pour cent au cours des sept dernières années. Et on voit partout un nombre croissant de jeunes qui souffrent d’anxiété et de troubles divers comme la boulimie ou l’anorexie ; d’autres se scarifient. Et je pense que la manière dont l’enseignement fonctionne y est pour quelque chose. »
Sur son chemin, Sky croise une enseignante qui lui fait comprendre que se plaindre du système c’est une chose, mais que la société ne peut pas changer sans l’engagement de chacun.  « C’est notre gouvernement qui décide du fonctionnement des écoles, Sky.  (…) Si tu veux que ça change, il faut faire pression sur ceux qui prennent les décisions, tu comprends ? Et ce sont les politiques. »
(Entre parenthèse, je me suis demandé pourquoi la prof qui n’a pas l’air très heureuse du système non plus, ne s’investit pas…).
Avec un peu d’imagination, une « plume » et internet, on peut faire des choses…

Je me suis un peu moins attachée au personnage de Maali, très effacée et tournée vers la religion, même si la maladie de son père va l’amener à s’interroger… On en oublie que son hobby est la photographie.

C’est un roman plein d’amour et d’espoir que nous livre Siobhan Curham à travers des adolescentes déterminées, très différentes,  mais qui malgré les aléas de la vie, n’abandonnent jamais ! Un ode à la différence et au droit d’être soi-même. Un encouragement à avoir foi en ses rêves.

J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette série et je crois pouvoir dire que ce tome 2 est un coup de coeur !
Je l’ai trouvé plus riche, les personnages gagnent en profondeur et complexité. Cela donne un roman encore plus distrayant. !J’espère bien qu’il plaira à nos ados !

Je laisse le dernier mot à Oscar Wilde :
« La plupart des gens sont d’autres qu’eux-mêmes. Leurs pensées sont celles de quelqu’un d’autre, leurs vies un mime, leurs passions une citation. »

Je remercie Flammarion Jeunesse !

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Les stagiaires – Samantha Bailly

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Histoire de me remettre dans le bain du boulot, j’ai entamé la lecture de ce roman, Les stagiaires, de Samatha Bailly. Drôle d’idée parce qu’en fait, j’avais plutôt envie de continuer à m’évader du côté des îles sauvages et ventées !  Cependant, cela faisait un moment que je voyais ce roman sur les chroniques des booktubeurs et je regarde parfois les vidéos de l’auteure qui m’est sympathique. Bref, j’ouvre pour la troisième fois un de ses romans, alors que je n’ai au demeurant pas été tout à fait convaincue par les deux lus précédemment.

Je ne vais pas me fouler pour vous résumer l’histoire et vous retranscris la quatrième de couverture de l’édition de poche qui vient de sortir :
« Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent d’horizons différents, mais ils rêvent tous de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative. Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est l’étape obligatoire pour ces jeunes.
Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro…
Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ? »

Le sujet de l’envers du décor du monde de l’édition et de l’industrie créative m’attirait. Très franchement, je suis assez ignare sur le sujet, mais je sais que ce milieu fonctionne sur un système de recrutement de « stagiaires » pour faire tourner une partie de la « boutique ». Je m’attendais à un roman qui dénonce un système, avec des personnages au caractère fort. Je pense que l’idée de Samantha Bailly était bien celle-ci, au-delà même de l’industrie créative : la condition de stagiaire dans le monde du travail.

Je vais y aller cash : j’ai bien eu du mal à terminer ce livre car les personnages m’ont exaspérée ! Surtout Ophélie et Arthur, qui narrent leur quotidien et par lesquels on perçoit l’univers qui les entoure. Ils viennent de milieu diamétralement opposés : Ophélie est issue d’un milieu modeste et provincial ; Arthur est un fils à papa-et-maman d’un milieu aisé. Leur point commun est que leurs parents ont décidé pour eux de leur avenir et quand ils prennent la tangente pour travailler dans le milieu de l’industrie créative, ils ne sont guère soutenus.
Arthur a tout de la tête à claques, coureur de jupons, arriviste, menteur et hypocrite, incapable de résister à la « tentation » quand il sait lui-même que son comportement va le mener au pire dans sa vie privée, qui se mêle à sa vie professionnelle.
Ophélie est au début un  peu trop parfaite. Puis elle finit par larguer son petit ami pour se jeter dans les bras d’Arthur que pourtant elle déteste. Plusieurs fois de suite. Tout en regrettant ensuite, à chaque fois, ses actes. Elle a commencé à sérieusement m’agacer !
Et surtout j’ai commencé à me demander où était passé l’histoire, celle de la condition des stagiaires ! Je me suis franchement ennuyée des histoires de coucheries et de beuveries. Cela occupe une bonne partie du roman.
J’ai été assez étonnée de les voir s’envoyer toute la journée des messages par la messagerie interne de l’entreprise pour critiquer Pierre, Paul ou Jacques : on a le temps de faire ça quand on bosse ?? Moi, perso, pas du tout ! 🙂 Mais encore, c’est un détail qui peut passer.

Quant au système : quel personnage le dénonce, finalement ? Aucun. Les stagiaires, surtout Ophélie, ont du mal à joindre les deux bouts avec un salaire de misère, mais pourtant pas de révolte parce qu’ils espèrent ensuite accéder à un CDD. Donc ils marchent sur des oeufs. Le suspense est celui-ci : vont-ils accéder à un sacro-saint CDD ? A votre avis ?
On voit les stagiaires défiler, même certains faire le recrutement d’autres stagiaires. C’est hallucinant. Mais j’ai regretté que tout cela ne soit finalement pas assez creusé, au profit d’histoires de fesses, si je puis me permettre l’expression !  Chez Pixis, on croise les mêmes cadres dirigeants que l’on trouve partout dans le monde du travail, industrie créative ou non, stagiaire ou non. Le même genre de collègue à la con ou adorable. Les mêmes affinités électives ou pas. Le même genre de chef qui se shoote au boulot faute d’avoir autre chose dans sa vie. Les ambiances faussement décontractées etc. Les stagiaires se plaignent de leur condition dans ce roman, mais que font-ils pour que le système change ? C’est un peu la question que je me posais en lisant. J’ai trouvé que c’était sombre, peu optimiste, fataliste.

Enfin, je n’ai pas accroché au style. L’écriture est très simple, mais les « pensé-je », « crié-je », bien que la tournure soit correcte est d’un effet assez lourd. Je passe sur les prénoms raccourcis par lesquels s’interpellent les stagiaires  : « Vince », « Oph » etc. : vous faites « branchouilles » à la noix les personnages, là !

Bref, je suis déçue. Peut-être que ce roman plaira à ceux qui sont actuellement stagiaires et pourront s’identifier aux personnages. Moi je suis passée totalement à côté. Snif !

 

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Rentrée littéraire automne 2017

C’est reparti pour un tour. Plus de 500 livres vont être publiés. J’en ai retenu quelques-uns. Seulement quelques-uns, parce que, si je mets un point d’honneur à lire ceux que je présente dans ce genre de chronique, je suis toujours en retard comme le lapin d’Alice… (il y a toujours de bonnes trouvailles qui s’intercalent dans mon programme !) Rien de frustrant pour autant car lire n’est pas un verbe avec une date de péremption et une sémantique de « course folle », même si l’expression « rentrée littéraire » laisse supposer un train d’enfer pendant 3 mois environ pour être à jour dans les bons trucs à lire…

C’est à cette époque que ma liseuse turbine à plein régime : c’est un peu moins cher, ça prend moins de place sur les étagères qui sont déjà over-saturées, et c’est plus pratique que les grands formats dans les transports en communs…

Irlande

Cela fait 6 mois que j’attends la sortie des Hérésies glorieuses de Lisa McInerney, depuis que je l’ai entendue au festival-franco irlandais de Paris. Le roman irlandais que je souhaite lire absolument avant tous les autres.

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Présentation éditeur : « Après quarante ans d’exil, Maureen retourne à Cork, en Irlande, pour retrouver son fils, Jimmy, qu’elle a été forcée d’abandonner. Elle tue un inconnu par accident et déclenche une série d’événements, qui, comme des dominos, vont secouer toute la ville et révéler différents personnages en marge de la société : Ryan, 15 ans, deale et donnerait tout pour ne pas ressembler à son père alcoolique ; sa petite-amie Karine, magnifique et issue d’une classe aisée, avec laquelle il vit un amour pur et passionné jusqu’à ce que la réalité les rattrape ; Tony, dont l’obsession qu’il voue à sa voisine menace de les détruire, lui et sa famille ; Georgie, une prostituée qui feint une conversion religieuse aux répercussions désastreuses. Un livre puissant dont la force réside dans son amoralité. »

Et oui, car il y au moins deux autres publications irlandaises au rendez-vous , qui sont aussi des « premier roman ».
Connaissant Killarney comme ma poche ou presque, je suis intriguée par ce roman de Colin O’Sullivan, Killarney Blues

51qm2bh6WAL._SY346_Présentation : « La pittoresque ville de Killarney, dans le sud-ouest de l’Irlande, pourrait sembler l’endroit idéal pour profiter d’un soleil trop rare, mais la ville a le blues. Bernard Dunphy, cocher excentrique et guitariste, se languit d’un amour non réciproque et doit composer avec une mère et un cheval tous deux malades ; son ami Jack se mêle d’un crime violent ; et un trio de copines se prennent dans la toile de leurs propres méfaits. Le roman oscille entre l’obscurité et la lumière tandis que ses protagonistes luttent avec leurs démons intérieurs. L’amitié, l’amour et la musique peuvent-ils sauver leurs âmes tourmentées ? »

J’ai noté aussi Vera de Karl Geary, mais sans vraiment de conviction. J’attendrais peut-être une sortie en poche. Ca me paraît a priori très commercial, genre bluette prédigérée du coup de foudre entre un jeune et une trentenaire. Bof, du déjà-vu. Mais je suis curieuse en matière de littérature irlandaise. Pourtant pas ma priorité.

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Présentation éditeur : « Vera a la trentaine passée, elle vit dans les quartiers chics de Dublin, à Montpelier Parade. Sonny a 16 ans, il travaille dans une boucherie. Bien sûr, il rêve d’ailleurs. Lorsqu’il croise le regard de Vera, sa beauté lui donne immédiatement le vertige. Vera parle peu. Mais elle sait écouter Sonny comme personne ne l’a fait jusqu’à présent. Premier roman coup de poing d’un acteur irlandais devenu écrivain et scénariste, « Vera « est une magnifique histoire d’amour portée par une écritre exceptionnelle, un mélange inédit entre la justesse de Ken Loach et la grâce de James Salter. Aussi émouvant et dévastateur que « Breaking The Waves ». « 

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Edition au format poche dans la jolie collection « La Petite Vermillon » des éditions de la Table Ronde d’une enquête littéraire, Les mystères de Saint-Exupéry, de Jean-Claude Perrier. Le genre de livre tout à fait pour moi !

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Ecosse

On ne peut pas revenir d’un voyage au bout du monde écossais sans vouloir se replonger dans la littérature foisonnante de cette nation (notez que 2017 est officiellement l’année de l’Ecosse). J’ai de la chance, car deux romans paraissent chez Métailé : Les buveurs de lumière de Jenni Fagan

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Présentation éditeur : « 2020. Le monde entre dans l’âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes. Pour les jours sombres qui s’annoncent, il faut faire provision de lumière – neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales. Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l’Écosse. Il a vécu toute sa vie dans un cinéma d’art et essai à Soho, il recommence tout à zéro. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Autour d’eux gravitent quelques marginaux, un taxidermiste réac, un couple de satanistes, une star du porno. Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s’aimer dans une lumière de miracle. Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde. »

et un James Kelman (dont j’ai toujours un roman non lu dans ma liseuse, paru à la rentrée littéraire 2015 : chuis une vilaine fille, mais pas grave, Mo a dit me tente beaucoup ! 🙂

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Présentation éditeur : « Helen travaille de nuit dans un casino comme croupière, et vit dans un minuscule appartement de la banlieue londonienne, avec sa petite fille de six ans et son compagnon, Mo, anglo-pakistanais, qui trouve qu’elle est tordue. Plus que tordue, dit-elle. Les pensées filent en roue libre – racisme ordinaire, sexisme à la petite semaine, résistance au quotidien –, Helen somnole, se souvient, rêve et s’obsède, comme une Molly Bloom de banlieue, en moins frivole. Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, entre la bouilloire qui fuit et le sommeil qui ne vient pas, l’avalanche des problèmes matériels et une vie exiguë qui paraît sans issue. Le monologue intérieur d’un personnage à la Ken Loach, dans la langue bouillonnante de James Kelman, toujours au plus près de ce qu’on n’appelle plus la classe ouvrière. »

(Décidement Ken Loach est la figure convoquée pour un peu tout et n’importe quoi…)

Norvège

Rien que pour le titre, Aux confins du monde, et le « Viking »  (qui doit être l’auteur) en couverture, je craque pour Karl Ove Knausgaard, dans ce récit autobiographique ! 🙂 Un bon gros pavé de plus de 600 pages : parfait pour l’hiver, quand il fait froid.

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Présentation éditeur : « A dix-huit ans, fraîchement sorti du lycée, Karl Ove Knausgaard part vivre dans un petit village de pêcheurs au nord du cercle arctique, où il sera enseignant. Il n’a aucune passion pour ce métier, ni d’ailleurs pour aucun autre : ce qu’il veut, c’est mettre de côté assez d’argent pour voyager et se consacrer à l’écriture. Tout se passe bien dans un premier temps : il écrit quelques nouvelles, s’intègre à la communauté locale et attire même l’attention de plusieurs jolies jeunes femmes du village. S’installe peu à peu la nuit polaire, plongeant dans l’obscurité les somptueux paysages de la région et jetant un voile noir sur la vie de Karl Ove. L’inspiration vient à manquer, sa consommation d’alcool de plus en plus excessive lui vaut des trous de mémoire préoccupants, ses nombreuses tentatives pour perdre sa virginité se soldent par des échecs humiliants, et pour son plus grand malheur il commence à éprouver des sentiments pour l’une de ses élèves. Entrecoupé de flash-back où l’on découvre l’adolescence de Karl Ove, et grâce auxquels on distingue l’ombre omniprésente de son père, Aux confins du monde capture d’une main de maître le mélange enivrant d’euphorie et de confusion que chacun traverse à la fin de l’adolescence. »

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La suite des aventures des Filles de Brick Lane de Siobhan Curham, le quatrième ou cinquième roman ado que je lis de l’auteure, qui régale les jeunes et les moins jeunes, surtout quand en sus, on y retrouvera Oscar Wilde comme maître à penser.

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Etats-Unis
Festival Amercia va me manquer cette année pour débusquer les auteurs qui font envie, mais Underground Railroad de Colson Whitehead m’a l’air pas mal du tout et tout à fait d’actualité…

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Présentation éditeur : « Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le  » misérable coeur palpitant  » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l' » Underground Railroad « , le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. »

Finalement, à bien y regarder, je suis assez enthousiaste…

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Road trip dans les îles d’Ecosse : 3 – Lewis & Harris suite (et fin !)

Un petit peu d’histoire avant de reprendre la route.

Mac Leod & compagnie
Lewis & Harris a été une possession norvégienne jusqu’au 13e siècle. Puis elle est devenue la propriété de clans. Je passe sur le tout premier, qui était d’origine viking, comme celui qui fit date : Mac Leod (« Leod » est resté le patronyme le plus courant de l’île, et prend ses racines dans le vieux norrois ; il signifie « pas beau » ! 🙂 . Au XIXe siècle, le clan Mac Leod a fait construire des routes sur l’île. La veuve du propriétaire terrien a revendu cette possession à un entrepreneur, Lord Leverhulme, qui a poursuivi l’oeuvre de ses prédécesseurs en ce qui concerne les infrastructures. Il a tenté de mettre sur pied l’industrie du poisson avec l’installation d’une conserverie. Mais cela n’a pas fonctionné car les habitants de Lewis & Harris étaient quelque peu inquiets de tous les changements engendrés et regardaient d’un air méfiant ce lord avec ses grandes idées !  Le lord a fini par rendre l’île à ses habitants dans les années 90. La veuve du premier propriétaire avait tenté d’introduire la chasse au cerf alors que les crofteurs n’avaient pas assez de terres pour vivre correctement. Elle s’est pris une manif et a dû appeler l’armée à son secours. LOL !
Voilà pour faire très court, en espérant ne pas avoir dit de bêtises.

Les « herring girls »
L’industrie qui s’est vraiment développée au 18e et 19e siècle, c’est la pêche au hareng. Les jeunes femmes de l’île, les « herring girls« , comme on les surnommait,  s’engageaient massivement : un bon espoir de sortir de la misère et un bon moyen de voir du pays puisqu’elles embarquaient sur des bateaux qui allaient parfois jusqu’aux îles Shetland. Mais un travail très difficile et ingrat : leur travail consistait à éviscérer et ranger le poisson ; leurs mains étaient à la longue abîmées par le sel et elles travaillaient dehors. Leur paie était en fonction du tonneau de harengs qu’elles remplissaient. Elles sont indissociables de l’histoire de Stornoway.

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En hommage aux « herring girls », à Stornoway (C)

Certains fermiers rachetaient les entrailles du poisson pour en faire de l’engrais. L’industrie du hareng a perduré jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Un site instructif ICI .

Au 18e et 19e siècle, on exploitait aussi le varek (les algues jaunes que vous voyez sur le bord des loughs salés et des plages) pour en faire du carbonate de sodium (= de la soude) qui servait à fabriquer du savon et du verre.

Dans les années 30, la marine marchande s’est installée à Stornoway avec le développement de l’exportation du tweed. Entre autres.

Maintenant, on reprend la route, direction le nord de Lewis : on part à Ness, un nom qui parlera aux lecteurs de Peter May. C’est là que se passe en grande partie l’histoire, dans le village imaginaire de Crobost. Ness est un canton (pour faire dans la tonalité ultra-religieuse de l’île, c’est aussi une paroisse) qui rassemble plusieurs villages (vue leur taille, on peut même dire des hameaux…). On ne s’est pas amusé à retrouver exactement les coins où se déroule le roman (j’étais en train de relire le premier tome, je n’avais pas pris de notes et puis, pour qui n’a pas lu le roman, ce n’est pas d’un intérêt fracassant en soi ! 🙂 .

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Sur la route de Ness (C)

 

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Les villages de Ness (C)

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Les villages de Ness (C)

Je laisse la parole à Fin Mac Leod qui fait un meilleur guide de moi :
« Nous vivions dans ce qu’on appelle une whitehouse, à un peu moins d’un kilomètre du village de Crobost. Ce village faisait partie de la commune de Ness, située sur la pointe la plus au nord de l’archipel écossais des Hébrides extérieures. Les whitehouses dataient des années vingt. Les murs étaient faits avec de la pierre et de la chaux ou avec des kilos de béton, et les toits étaient couverts d’ardoise, de tôle ondulée ou de feutre bitumé. »  (L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May)

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Maison d’un village de Ness (C)

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Paysage de Ness (C)

Dans le roman, Artair adulte peste contre les éoliennes. J’ai eu une pensée pour lui ! 🙂

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(J’ajouterai le passage du livre quand je le retrouverai, parce que bien évidemment, au moment où je le cherche, il a disparu… )

Petite remarque perso sur la conduite dans ce coin de l’île : les gens roulent pied au plancher, malgré une route sinon étroite du moins pas très large…  🙂

Direction Butt of Lewis, le point le plus au nord de l’île, et de l’archipel des Hébrides Extérieures. Réputé pour être le coin le plus venté aussi. Le soleil joue encore avec la pluie et inversement. Mais on a relativement de la chance.

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(C) Phare construit par la famille Stevenson, la famille de qui vous savez, qui était spécialisée dans ce genre d’activité…

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Butt of Lewis – la pointe la plus au nord de l’île et la plus ventée aussi ! 🙂 (C)

Un petit diaporama (cliquer sur le bouton si ça ne défile pas automatiquement)

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Les chasseurs de gugas

C’est de Port of Ness, le village juste à côté (mais pluie oblige, j’ai renoncé) que partaient les fameux chasseurs d’oiseaux, figures emblématiques du roman de Peter May. Autrefois il s’agissait d’une nécessité de survie d’aller chasser les gugas, (terme gaélique pour désigner les poussins des fous de Bassan). Les hommes se rendaient sur un rocher au nord de Butt of Lewis, An Sgheir, situé à 64 kilomètres d’ici, chaque année. C’était considéré également comme un rituel de passage à l’âge adulte (c’est du moins ce que raconte Peter May dans son roman). Les riches de toute l’Ecosse raffolaient de la chair de ces oisillons (Peter May dit dans une interview que le goût de est entre le canard et le poisson) et c’est toujours un met très apprécié et très cher. Donc, je n’ai pas eu l’occasion d’en goûter et encore moins d’en trouver (faut dire que je n’ai pas eu le temps de chercher). De nos jours, les fous de Bassan font partie des espèces protégées dont la chasse est donc interdite. Sauf à Ness, parce que c’est un héritage culturel.
Qui a lu L’île des chasseurs d’oiseaux sait à quoi ressemble tant le rocher que cette chasse annuelle. Le rocher est glissant de fiente, c’est très dangereux. Pendant deux semaines, les hommes chassent les poussins avec un bâton doté d’un noeud coulant au bout. Les oiseaux sont mortellement assommés. Puis décapités. On allume des feux pour les plumer. On les fait mariner dans le sel pour les conserver. Bien évidemment, des associations d’écolo voudraient voir cesser cette chasse. Mais comme le fait dire Peter May à Fin qui discute, dans le roman, avec un écolo : est-ce moins cruel que la pêche quand les poissons suffoquent pendant des heures avant de mourir ? Bonne question !
Nous, dans la réalité, on n’est bien évidemment pas allés sur An Sgheir et on n’a pas vu un fou de Bassan de tout le séjour. Je peux juste vous proposer une photo de bébé goéland sur les rochers de Butt  🙂

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Merci le zoom, les bébés goéland étaient loin ! (C)

J’ai lu quelque part sur un blog que Ness n’avait aucun intérêt, propos tenu suite à ce qu’en disait un habitant. Eh bien, faut se méfier des locaux ( 🙂 ) ! Nan, sérieusement ! Nous, on peut dire qu’on y a trouvé le Paradis pour les yeux ! Les images qui suivent en témoigne.
J’ai eu du mal à trouver le nom de cette plage sur laquelle on est tombé par hasard, sachant qu’il y en a quantité d’autres sur Lewis. Mais celle-là, c’est pour moi la plus belle, la plus intime, celle qui fait s’exclamer : « Abandonnez-nous là, c’est pas un problème ; appelez le boulot pour leur dire qu’on ne rentre pas ! «  Promis, les photos n’ont pas été trafiquées (aucune, d’ailleurs !)

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Port Stoth – Ness, île de Lewis (C)

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Port Stoth – Ness, île de Lewis (C)

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Pour en profiter encore un peu :

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Petite crique paradisiaque à l’abri du vent, époustouflante de beauté à en rester sans voix. Même quand, soudain, un peu de whisky se met à tomber du ciel pour vous faire redescendre de votre nuage ! 🙂 🙂
La pluie a été au rendez-vous pour le reste de la journée, empêchant pas mal de photos mais bon, on en a profité pour se promener autrement.

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Ness – Une maison à vendre, si ça vous dit ! (C)

On a vu beaucoup de nos copains moutons, spécialistes du traffic jam (embouteillage) de l’île quand ils ne jouent pas les tondeuses à gazon naturelles…

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Un matin, suite à insomnie pour cause de goélands teufeurs (si, si, ça fait un bruit incroyables ces bêtes à plumes et à croire que ça ne dort jamais !), je suis allée me promener dans Stornoway encore endormie, au hasard des rues pour prendre quelques clichés entre deux averses (le plus difficile, finalement, sur Lewis & Harris)

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Stornoway – Impression d’être en Bretagne, dans mon village adoptif du pays Bigouden ! (C)

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Stornoway – Jeux de contrastes. Il y a même un chat roux qui regarde la télé (pas vu en prenant la photo) (C)

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Stornoway (C)

Pour continuer la promenade :

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En journée, c’est plus animé.

Un petit tour dans la « librairie » (qui vend aussi des souvenirs, des journaux etc.) qui se trouve dans la rue ci-dessus :

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Peter May est une célébrité à Stornoway (et sur toute l’île !) (C)

Je me suis embringuée dans le parc du château de Lews que je ne trouve pas fabuleux (l’école où va Fin au début se situait dans le château). La pluie m’a fait rebrousser chemin donc je n’ai même pas une photo.

On a repris le bateau pour rejoindre le « continent » écossais : 2h30 de traversée, direction Ullapool ; des annonces d’abord en gaélique et ensuite en anglais.

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Et voilà, c’est fini ! On n’a pas tout vu et c’est tant mieux, ce sera une bonne excuse pour y retourner. On aura des points de repères et quand on connaît c’est plus facile.

Un nouveau Peter May qui se passe sur Lewis & Harris sort en janvier 2018 ! Looking forward !

Les prochaines chroniques seront consacrées aux livres et à la rentrée littéraire. Je suis déjà dans une lecture irlandaise pour atterrir en douceur, même si pour moi, les vacances sont déjà loin.

 

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Road trip dans les îles d’Ecosse – 2 : Lewis et Harris

Je vous reprends où je vous ai laissés la semaine dernière, c’est-à-dire en train d’admirer le magnifique paysage de Skye près de l’écomusée…

On va continuer un peu vers le nord pour se rendre dans le petit village de Uig (dont ce nom gaélique veut dire « baie »), pour prendre le ferry et rejoindre Tarbert, petit village de Harris… Première étape, attendre la Caledonian Mac Brayne, qui relie deux fois par jour les Hébrides extérieures à l’ouest de l’Ecosse (au choix : Tarbert-Uig ou Stornoway-Ullapool ; but that’s all !)

Ce dont je me souviens de Uig, c’est qu’il faisait un froid de gueux et le vent était tellement puissant qu’on avait du mal à tenir debout. Le « CalMac », comme on le surnomme,  a la réputation d’être en retard mais il faut être là bien en avance, pour embarquer et se mettre en rang d’oignon. Néanmoins c’était plutôt tranquille.
Donc, en attendant d’embarquer, petit tour sur le port…

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Uig – Ile de Skye

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Mise dans l’ambiance en attendant la traversée pour Lewis & Harris à Uig, île de Skye

 

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Non, on ne part pas avec ce bateau de pêche… 🙂

On scrute l’horizon avec impatience, le rêve est proche, il fait froid, on trouve la salle d’attente pour les piétons au moment où le bateau arrive. Vite demi-tour, juste le temps de prendre une photo.
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On est bien claqué de notre journée au grand air mais excités comme des gamins. On embarque et c’est parti pour 1h40 de traversée. La taille du bateau m’a surprise, on se croirait dans « La croisière s’amuse », et le pied c’est qu’il est presque vide ! On ne se marche pas dessus et on arrive à avoir le meilleur point de vue, bien au chaud, en train de siroter un petit drambuie (liqueur de whisky, avec du miel et de la bruyère, l’équivalent du mist irlandais). On quitte Skye sous la pluie pour mettre cap sur le grand large. Pendant longtemps, rien à l’horizon, le bateau navigue pourtant à une belle vitesse. De magnifiques jeux de lumières à saisir. Et puis le suspense…
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Parce que les Hébrides extérieures aiment bien se draper dans un brouillard de suspense ! Très lentement, très doucement, terre à l’horizon ; on a l’impression d’en être même encerclés mais sans en être vraiment certains. Pourtant, des employés de la compagnie commencent à prendre position à l’avant du bateau. Le brouillard lève le rideau et apparaît devant nous, Tarbert, petit village niché sur le flanc des montagnes de Harris.

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Arrivée à Tarbert, sur l’île de Harris

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Le petit village de Tarbert sur Harris (C)

La carte Michelin sur les genoux, on prend la route pour Stornoway, sur Lewis. Mais c’est pas trop difficile, c’est tout droit, vers le nord. Le paysage est beaucoup plus impressionnant. Des montagnes « géantes », c’est le souvenir qu’il me reste, des lochs et des lochs, un désert de vert et de pierres sans rien d’autre, à part quelques maisons paumées et isolées les unes des autres par des kilomètres de distance. Glurps !! Pas le moment d’avoir un problème, ce serait la galère ! Je connais bien le Connemara en Irlande, ces paysages sont similaires mais pourtant j’ai l’impression qu’à côté de ce que je vois ici, le Connemara est une région bien moins sauvage ! C’est dire ! Le mauvais temps accentuait encore ce désert austère. Ca y est, on est bien dans l’ambiance décrite par les romans de Peter May !

 

Paysages de Harris (c)

On a bien le temps de s’immerger dans l’ambiance car la route est un peu longue pour rejoindre Stornoway, serpentant entre des lochs, des montagnes et des cailloux. Peu à peu, l’altitude devient moins élevée, le paysage plus plat au fur et à mesure qu’on avance vers le nord : pas de doute, on est sur Lewis !!

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Lewis (C)

Je dis parfois Lewis & Harris ; parfois Harris et encore parfois Lewis. En réalité, Lewis & Harris est une seule île. Mais pour les Ecossais et en particulier les habitants de Lewis & Harris ce sont deux îles distinctes car le dialecte gaélique qui y est parlé est différent.
Le gaélique
Ah oui, détail d’importance et pas des moindres : ici, le gaélique est la première langue parlée couramment. Bien plus qu’en Irlande (pas le même dialecte, d’ailleurs). Plus de 60% de la population le pratique quotidiennement. Cela se ressent énormément dans l’accent anglais des habitants. Je vous assure, dans votre vie, vous n’avez jamais fait d’anglais tant que vous n’aurez pas fait un tour sur Lewis & Harris ! L’accent gaélique à ce point dans la langue anglaise, je n’avais encore jamais vu. Même en irlande (sauf peut-être à Inishmore mais à côté c’était rien). C’est génial. Surtout quand du coup, on ne comprend rien ! 🙂 Même avec un anglophone dans les bagages qui a presque l’air d’en suer autant que vous. Sérieux, vous aurez « les gouttes » ! 🙂 Et parfois, les gens s’amusent et vous parlent directement en gaélique. Sans doute rien que pour voir votre tête, le temps que ça remonte au cerveau et que vous compreniez que ce n’est pas la peine de vous creuser :  ce n’est pas de l’anglais… Toutes les indications sont d’abord en gaélique et le reste, en tout petit, en anglais.
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C’est très étrange pour nous d’entendre des gamins s’amusant à faire déraper leurs vélos sur le bitume mouillé s’interpeler en gaélique !

Le miam
Mais un super accueil, un super miam, maison. Le deuxième fish and chips le meilleur au monde que j’aie mangé, je l’ai mangé ici, à Stornoway, sur Lewis ! Frites maison et poisson tout frais pêché. 20690233_1679161282126059_2823471364152135828_o

 

Partout où on a mangé, c’était des choses faites maison ! Je ne sais pas si c’est le hasard. Mais en tout cas, même au centre d’information des pierres levées de Callanish, la mini-cafét faisait de la cuisine traditionnelle maison. Je n’ai jamais vu ça ailleurs. Dans mes papiers, peut-être retrouverai-je les adresses. En tout cas, c’était top. La chose à goûter absolument et que les Irlandais connaissent bien aussi, c’est le black pudding (boudin noir de mouton, en tranche), servi au petit-déjeuner. Le black pudding est la spécialité de Stornoway ! On doit sa réputation à la boutique de Charles Macleod (« A taste of the Outer Hebrides ! »), sise Roperwork Park.

Le drink
Du whisky, évidemment (il existe à présent 2 distilleries légales depuis 2008 sur Lewis & Harris ; auparavant, elles étaient toutes « illégales »).
De la bière : la clasman (bière blonde) , la Islander (bière rousse) ; la Celtic Black (stout ou bière brune) .

De quoi s’habiller
Si le coeur vous en dit, vous pouvez aller visiter l’atelier du fameux tweed de Harris, situé à Tarbert (avec des boutiques un peu partout sur l’île de Lewis & Harris). Ce tweed, très différent de celui de Donegal (pour ceux qui connaissent l’Irlande) est en pure laine (évidemment), avec des motifs de tartan. Pour porter la mention « tweed de Harris », il doit obligatoirement avoir été tissé à la main et au domicile du tisserand et bien évidemment sur Harris ! Il ne peut pas avoir été fabriqué en usine. Le tisserand est payé au mètre et il a un autre job à côté, ne pouvant vivre de cela. Le tissage artisanal explique paradoxalement le prix exorbitant de la moindre babiole en tweed de Harris. Mais c’est splendide !

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Sur Lewis & Harris de nombreux souvenirs faits sur place et non pas en Chine peuvent faire des cadeaux originaux et authentiques. Ici en tweed de Harris dans une boutique de Stornoway  (C)

On s’est procuré des documents à l’office du tourisme de Stornoway et puis partout où on est passé, car nos guides en français ne prêtent guère attention aux Hébrides Extérieures. 20729069_1679145255460995_4599533166752576986_oJ’ai ainsi récupéré gratuitement une jolie carte illustrée de l’île (pratique pour repérer les pompes à essence !), un plan de Stornoway illustré aussi et tout un tas de choses sur ce qu’il y a à visiter et à acheter… C’est très bien achalandé. On a donc commencé à faire nos touristes en mal de verdure et de grand air. On ne connaît pas, donc on se laisse guider par les principaux sites à voir. Ce que je peux dire, c’est qu’on a beaucoup roulé. Mine de rien, c’est une grande île Lewis et Harris, la plus grande des Hébrides Extérieures et  même d’Ecosse, bien que nos guides touristiques l’oublient. C’est parsemé de lough et de « fjords » (même si le terme n’est pas le bon) : bref, c’est une île, mais l’eau s’installe partout dans l’île elle-même. Quand elle ne tombe pas du ciel non plus. Autant vous dire que si vous êtes une chochotte qui craint la pluie et le vent, les jeux de cache-cache permanents toutes les 5 minutes entre le soleil et les nuages, Lewis & Harris n’est pas pour vous ! La douche écossaise a été notre lot quotidien. Ce fut une vraie gageure pour faire des photos : j’en ai fait pas mal, mais certainement pas autant que j’aurais voulu. Dame Nature m’en a souvent empêchée. Mais ça fait partie de la destination !

Dun Carloway Broch, à l’ouest de Lewis date de l’âge de fer. En soi, il n’a rien d’extraordinaire et ce n’est en tout pas ce qui a attiré mon attention. Mais le paysage et la vue.

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On était tout à fait dans un roman de Peter May. Je m’attendais à voir débouler Fin, Artair et Marsaili au coin de la route. Le roman ne se déroule pas dans ce coin de Lewis, certes, mais dans le nord, près de Ness. N’empêche, j’y étais carrément !

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A l’ouest de Lewis (C)

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Bergerie en ruine ou vieille blackhouse ? (C)

Magnifique vue. On s’en est pris plein les yeux – pendant tout notre séjour d’ailleurs, où qu’on les tourne !

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A Callanish, toujours à l’ouest de Lewis, un site de menhir parmi tous les autres des alentours, cela fait tellement rêver que ça se passe de commentaire…

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5000 ans qu’elles sont là (C)

Lewis & Harris est réputé pour ses magnifiques plages. Comme les autres îles des Hébrides extérieures d’ailleurs. On voulait les voir, il faut dire que ça se mérite : pas évident avec la météo. Sachez que les photos que vous allez voir, m’ont coûté la saucée du siècle, façon seau d’eau qu’on vous verserait sur la tête histoire de vous faire une blague. J’aurais voulu m’approcher plus, être au bord des vaguelettes, mais je n’ai pas eu le temps : le nuage s’est percé avant et nous a lâché sa dose de whisky – rappelez-vous que la racine étymologique de cet alcool (qui vient du gaélique) veut dire eau ! 🙂
La plus fameuse plage, qui est réputée la plus belle d’Europe et du Royaume Uni, (j’adore ces réputations partout où on peut aller dans le monde…) se trouve sur Harris. Bon, sérieux, c’est pas avec la carte Michelin et seulement un guide en français qu’on aurait pu la trouver. Luskentyre est bien indiqué sur la carte Michelin mais pas de mention ou de pictogramme « plage ». Donc merci à nos documents de l’office du tourisme des Hébrides Extérieures !
Allez, je vous emmène !

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Plage de Luskentyre Sands (South Harris) (C)

 

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Plage de Luskentyre Sands (South Harris) (C)

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Plage de Luskentyre Sands (South Harris) (C)

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Plage de Luskentyre Sands (South Harris) (C)

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Encore une fois, je vais vous laissez là, profiter de la plage. Je pensais qu’un seul billet sur Lewis & Harris suffirait pour résumer mes journées. Mais non ! Une troisième chronique s’impose, pour aller dans le coin des chasseurs d’oiseaux…

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