Pêle-mêle de lectures Nature Writing – mai 2021

Je manque un peu de temps, ou du moins j’ai d’autres envies ces temps-ci que de passer des heures derrière un ordinateur, après tous ces mois de confinement et d’agitation sanitaires. Comme tout le monde, j’ai besoin de prendre l’air, de marcher, de voir du pays, ce qui ne veut pas dire que je ne lis pas. J’ai beaucoup lu, notamment pour le mois Nature Writing et me suis bien régalée ! Juste pas été très motivée quand il s’est agit de les chroniquer ! Je propose donc de brefs avis, pas très détaillés des livres trois livres non encore chroniqués.

Quant à mon bilan de lectures, il est sur la photo ci-dessous !

Bilan de lectures pour le mois Nature Writing

Lettres pour le monde sauvage de Wallace Stegner a été une sacrée rencontre, avec ce mythe de la littérature de l’ouest américain. L’histoire d’une migration au début du XXe siècle, un enfant des Prairies du Dakota, vers le Saskatchewan au Canada. On assiste à la naissance d’une ville, celle de Whitemud qui n’est qu’un amas de planches. L’émergence du chemin de fer dans un paysage qui est encore un désert démographique, habité par les dernières colonies de chiens de prairie au monde. La ruée vers la propriété de gens qui cherchent une vie meilleure et à qui ont a promis le rêve (américain !). Wallace Stegner écrit la première lettre qui inaugure le livre à sa mère disparue il y a déjà 20 ans, alors qu’il en a lui-même quatre-vingts. On apprend des choses sur ce qui a inspiré La montagne en sucre, mais aussi l’ensemble de son oeuvre. C’est un très beau livre, émouvant, une réflexion sur la destruction de la nature, bien sûr mais aussi le combat de l’homme pour vivre dans ces endroits encore reculés et sauvages.

« Comme partout, les fondateurs de la ville arrivaient de tous horizonsagriculteurs, commerçants, flambeurs, squatteurs métis, cow-boys texans, colporteurs syriens et juifs, et cockneys tout droit sortis de l’Est End londonien. « 

Il y a quelques allusions à de furturs écrivains prometteurs, comme Edward Abbey. 😎 Mais aussi à celui qui a grandement inspiré Wallace Stegner : Henry David Thoreau.

Les bisons de Broken Heart de Dan O’Brien : immense coup de coeur pour ce bouquin qui date de 2001. Ou comment Dan O’Brien a réussi à sauver ou du moins à réhabiliter les Grandes Plaines du Dakota, terres de Sitting Bull, ravagées par agriculture intensive et un surpaturage bovin inapproprié. C’est la chute du cours de la viande de boeuf, le risque de faillite de son ranch et un divorce qui sont les points de départ de cette belle aventure. L’auteur achète d’abord 13 bisonneaux qu’on se met à aimer d’amour (lol), tant il en parle comme s’ils étaient ses enfants. Le Gang de Gasehouse ! Tout un programme ! Un petit faiblard va mourir et ce sont des pages très émouvantes. Mais se démarque du troupeau Bill Bouclé, un petit jeunot plein d’avenir, qui n’a pas froid aux yeux. Même devant les vieilles bisonnes d’un autre troupeau que Dan va ajouter au douze jeunots. De fil en aiguille, quitte à faire sauter la banque, l’auteur s’endette sacrément, bien plus que ce qu’il avait prévu initialement. Mais les bisons sont tellement différents des vaches, tellement moins ravageurs, tellement capables de se débrouiller seuls car ce sont des animaux restés sauvages, pas des croisements fabriqués de toute pièce par l’homme, tellement plus résistants aux intempéries. Et surtout, aux yeux de Dan, c’est tellement incroyable de voir des bisons enfin fouler le sol des Grandes Prairies, 150 ans après leur disparition ! Les autres cowboys du coins en prennent de la graine, même s’ils sont un peu méfiants sur le devenir pécuniaire de troupeaux de bisons. Car ce n’est pas facile tous les jours, surtout au début. Mais Dan crée la Wild Idea Buffalo et vend sa viande de bison à travers tout le pays. Il convertit même les vegans à la viande de bison car elle correspond à leur idéal. J’avoue que j’ai pour ma part encore du mal à comprendre l’aspect « bouffe » dans cette histoire de repeuplement. Comment peut-on aimer tellement les bisons pour finalement les mettre dans son assiette ? C’est un peu la chose qui m’échappe. Même si Dan O’Brien parvient totalement à vous donner envie de goûter sa viande de bison et qu’il m’a bien fait rire quand il imagine Bill Bouclé en steak barbecue. 😄 Une très belle histoire et la magie de la technologie vous permet de voir ce qu’est aujourd’hui l’entreprise de l’auteur puisqu’il a créé un compte Instagram. 😎

Le feu sur la montagne d’Edward Abbey nous embarque au Nouveau Mexique où vit le grand-père de Billy, 12 ans, qui a l’habitude de passer ses vacances d’été là-bas tous les ans. John Vogelin a vécu toute sa vie dans son ranch entouré de terres arides, desséchées par le soleil. Sauf que l’US Air Force a décidé de réquisitionner les terres pour installer un camp de tir de missiles. Le gouvernement donne un ultimatum au vieil homme. C’est un sacré personnage que nous donne à rencontrer Edward Abbey, nous, lecteurs, frisonnons pour lui. Lui, il préfère crever que de laisser s’installer l’armée dans ces somptueux paysages. La fin est très belle et émouvante. Un roman à lire, c’est sûr !

Voilà, le Mois Nature Writing est terminé. Je remercie les quelques personnes qui m’ont suivie dans ce challenge. Et je dis à d’autres de réfléchir à deux fois à ce qu’elles annoncent. En tout cas, je me suis bien amusée !

A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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5 commentaires pour Pêle-mêle de lectures Nature Writing – mai 2021

  1. Beau bilan mais il y a profusion de romans Nature writing et je les espace désormais pour ne pas arriver à saturation, à petites doses pour moi…. Profitons de ces beaux jours retrouvés et moi aussi j’ai un peu de mal à me caller derrière l’ordinateur pour rédiger les chroniques… No pression 😉

    Aimé par 1 personne

    • Maeve dit :

      C’était très instructif ! Eh oui, ensuite après tous ces mois de confinement (ou plutôt de privation de liberté car finalement j’ai été très peu confinée puisque j’ai travaillé sur site en gros 4 jours sur 5 dans le meilleur des cas, en dépit des directives gouvernementales) j’ai apprécié de prendre la poudre d’escampette !!

      Aimé par 1 personne

  2. kathel dit :

    Beau bilan, j’ai beaucoup aimé le Dan O’Brien et Le feu sur la montagne, et je compte bien lire ce titre de Wallace Stegner un jour ou l’autre (jusqu’ici, tout ce que j’ai lu de lui m’a enchantée).

    Aimé par 1 personne

  3. J’avais repérer « Les bisons de Broken Heart » et je suis bien contente de voir qu’il est si bien ! Bon, le côté élevage pour servir de steak me rebute un peu mais bon, il faudra que je le lise pour me faire mon avis ^^

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