Les filles de Brick Lane – tome 2 : Sky

81Ykn6bJNML

Traduit par Marie Hermet

Nous retrouvons nos copines de Brick Lane que nous allons suivre pendant un an. A l’occasion du jour de l’an, Ambre, Rose, Sky et Maali se réunissent. L’une des  doctrines du groupe est de tout se dire, « même les choses les plus difficiles à raconter. Surtout les choses difficiles à raconter ».
Cela tombe à pic car les quatre amies vivent des moments compliqués. Ambre, qui vit avec ses deux pères, voudrait connaître sa mère biologique pour savoir qui elle est vraiment. Malheureusement, la femme qui l’a mise au monde a spécifié qu’elle ne souhaitait pas être contactée par son enfant. Coup dur pour Ambre : elle se sent désemparée, bien peu sûre d’elle et de sa place dans le monde. Depuis plusieurs semaines, elle est frappée par le syndrome de la page blanche, incapable de trouver de l’inspiration pour alimenter son blog.
Maali s’inquiète pour la santé de son père, victime de malaises de plus en plus fréquents. Très pieuse, l’épreuve qu’elle traverse va l’amener à s’interroger sur la place de la religion dans sa vie.
Sky reçoit comme un boomerang ce qu’annonce Maali : elle ne peut s’empêcher d’imaginer le pire pour les problèmes de santé du père de son amie. Sky est orpheline de mère, celle-ci est décédée d’un cancer. Mais avant tout, Sky , jusqu’à présent scolarisée à la maison, va devoir affronter le lycée. C’est ce qui l’angoisse le plus en ce début d’année : comment survivre au lycée, à l’image d’une prison pour un oiseau libre comme elle,  esprit bohème qui ne vit que pour la poésie ?
Enfin, Rose a une annonce fracassante à faire : elle est gay. Bien entendu, elle craint la réaction de ses amies, notamment de la très pieuse Maali. Elle n’en demeure pas moins vouloir devenir pâtissière et envisage d’intégrer la voie de l’apprentissage après le lycée. En attendant, elle aide Francesca. Francesca, qui va devenir une obsession pour Rose.

La crise existentielle que traversent les quatre adolescentes va être l’occasion d’éprouver leur amitié et surtout la cinquième devise de leur groupe secret sous la houlette d’Oscar Wilde  : « Les Filles de Brick Lane sont fières de ne pas être comme les autres. Elles préfèrent n’importe quoi plutôt que ressembler à tout le monde. Ressembler à tout le monde est un crime contre l’originalité : l’équivalent humain de la peinture beige. »

Homosexualité, harcèlement, jalousie, mère porteuse,  amour, amitié, sexualité, identité, droit à la différence, conformisme, pression sociale, écriture, engagement, voici quelques-unes des thématiques développées. Un récit très vivant, des thématiques riches, abordées avec intelligence, efficacité et humour. En filigrane, plane toujours l’ombre d’Oscar Wilde.
Une sympathique escapade à Paris avec Ambre, inspirée une fois de plus par son écrivain fétiche à un moment où elle a besoin de prendre de la distance avec la jalousie des filles du lycée qui lui pourrissent son blog, mais aussi de faire le point sur qui elle est vraiment : « Quand les bons Américains meurent, ils vont à Paris ». Cette simple citation lui donne le courage de partir seule dans la capitale française. Un voyage qui va lui donner redonner inspiration et confiance en elle (et au passage, faire s’étrangler de rage les vilaines jalouses en postant des chroniques en direct sur son blog, depuis Paris ! 🙂 ). On fait même un petit tour à la mythique librairie parisienne et anglophone Shakespeare & Co !

Les Filles de Brick Lane sont unies contre l’adversité, mais les choses se compliquent quand l’adversité, sous les traits de la jalousie, trouve une brèche pour s’infiltrer dans le groupe :  Sky et Rose vont voir leur amitié être mise à rude épreuve en découvrant les épines des roses rouges de l’amour… et les peurs panique jamais avouées.

Cependant, la haine et le conformisme en prennent pour leur grade et n’ont pas droit de cité :
« (…) la semaine dernière, quelqu’un a mis des commentaires haineux sur ma page.
Ma première réaction a été de m’enfuir et de me cacher. De cesser complètement d’écrire.
Mais ça aurait voulu dire que je laissais la victoire à la haine et ceux qui la pratiquent. Et je ne veux pas laisser la victoire à la haine.
Parce que maintenant, je  vois que ma différence est une chance, une chose dont je peux être fière, une chose qui peut me mener loin. » explique Ambre à ses lecteurs.

Sky se révolte contre le système éducatif, ce lycée-prison qui lui tord les boyaux. C’est l’occasion de discussion à plusieurs reprises :
« Notre société n’a pas besoin d’un tas d’esprits libres qui savent ce qu’ils veulent et qui savent comment l’obtenir, en suivant leur propre chemin. Notre société a besoin d’un troupeau de moutons prêts à faire aveuglément tout ce qu’on leur dit de faire. »
(« bizarrement », ça me rappelle quelque chose ! 🙂 )
« La proportion des jeunes sous antidépresseurs a grimpé de plus de cinquante pour cent au cours des sept dernières années. Et on voit partout un nombre croissant de jeunes qui souffrent d’anxiété et de troubles divers comme la boulimie ou l’anorexie ; d’autres se scarifient. Et je pense que la manière dont l’enseignement fonctionne y est pour quelque chose. »
Sur son chemin, Sky croise une enseignante qui lui fait comprendre que se plaindre du système c’est une chose, mais que la société ne peut pas changer sans l’engagement de chacun.  « C’est notre gouvernement qui décide du fonctionnement des écoles, Sky.  (…) Si tu veux que ça change, il faut faire pression sur ceux qui prennent les décisions, tu comprends ? Et ce sont les politiques. »
(Entre parenthèse, je me suis demandé pourquoi la prof qui n’a pas l’air très heureuse du système non plus, ne s’investit pas…).
Avec un peu d’imagination, une « plume » et internet, on peut faire des choses…

Je me suis un peu moins attachée au personnage de Maali, très effacée et tournée vers la religion, même si la maladie de son père va l’amener à s’interroger… On en oublie que son hobby est la photographie.

C’est un roman plein d’amour et d’espoir que nous livre Siobhan Curham à travers des adolescentes déterminées, très différentes,  mais qui malgré les aléas de la vie, n’abandonnent jamais ! Un ode à la différence et au droit d’être soi-même. Un encouragement à avoir foi en ses rêves.

J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette série et je crois pouvoir dire que ce tome 2 est un coup de coeur !
Je l’ai trouvé plus riche, les personnages gagnent en profondeur et complexité. Cela donne un roman encore plus distrayant. !J’espère bien qu’il plaira à nos ados !

Je laisse le dernier mot à Oscar Wilde :
« La plupart des gens sont d’autres qu’eux-mêmes. Leurs pensées sont celles de quelqu’un d’autre, leurs vies un mime, leurs passions une citation. »

Je remercie Flammarion Jeunesse !

#rentreelitteraire2017
21192699_891284471020570_8374430056141522574_n

 

 

 

Publicités

A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
Cet article, publié dans Littérature anglaise, Littérature jeunesse, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Les filles de Brick Lane – tome 2 : Sky

  1. lewerentz dit :

    J’ai bien aimé le tome 1; je note donc celui-ci.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s