Le garçon qui courait plus vite que ses rêves – Elizabeth Laird

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Traduit par Catherine Guillet

Solomon a onze ans, du moins il croit, car « dans les régions reculées d’Ethiopie, on s’intéresse peu à votre âge ». Il vit avec ses parents, Ma et Abba, sa petite-soeur, Konjit, et son grand-père dans une maison qu’il vous décrit avec soin « pour le cas où vous ne seriez jamais venu en Ethiopie » : « Elle était ronde, comme la plupart des habitations dans nos fraîches contrées de hauts plateaux et son toit de chaume formait un cône. Elle se composait d’une pièce unique, au centre de laquelle un feu brûlait à toute heure. (…) Il y avait aussi un paravent derrière lequel nous placions nos bêtes, la nuit seulement. »

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Pourtant, pour la première fois de sa vie, Solomon va quitter sa maison, son village, son univers familier qui ne va pas plus loin que Kidame, la ville la plus proche : le jour de ses onze ans, son grand-père annonce qu’il est assez vieux pour l’accompagner à Addis Abeba, la capitale, où il pourrait avoir besoin de lui…
L’imagination du gamin s’enflamme, d’autant que Grand-père n’en dit pas plus sur l’objet de son voyage, si ce n’est qu’il es temps que Solomon « découvre un peu le monde » et qu’il va leur falloir marcher pendant une journée, puis prendre le bus. Un membre de la famille pourra les héberger en route..
Grand-père n’est pas au mieux de sa forme. Abba s’inquiète de ce voyage et demande à Solomon de veiller lui.
Le rêve du gamin, qui galope depuis qu’il sait marcher, est de « devenir le coureur le plus rapide du monde », pour « couronner l’Ethiopie de gloire », et devenir un héros aux yeux de tous, dans ce pays où « même les jeunes qui vivent dans les régions reculées connaissent [les] grands athlètes nationaux ».

Le lecteur suit grand-père et petit-fils sur le chemin de la capitale. Il va bien évidemment leur arriver un lot d’événements imprévus, qui vont pimenter le récit.
L’occasion également, pour Solomon qui s’impatiente un peu de voir son grand-père marcher si lentement et s’inquiète de sa santé fragile, de découvrir la personne qu’il a été jadis : un champion mais aussi un homme emprisonné dans un camp de travail dont il s’est échappé. Quelqu’un qu’on surnommait « La Flèche » et dont le meilleur ami était « La Balle » : « les coureurs les plus rapides de la garde de Sa Majesté » Haïlé Sélassié.

A travers le prisme de la course à pied, le roman aborde une page de l’histoire de l’Ethiopie, pays dont on connaît davantage la sécheresse et ses famines (et certes un peu, quand même, la réputation de ses coureurs). On apprend qu’il y a eu des camps de travail, après la révolution qui a fait chuter « l’empereur », Haïlé Sélassié, où les soi-disant « révolutionnaires » n’ont pas hésité à rafler puis à massacrer des milliers de personnes.

Pourtant aussi un pays de héros, comme le découvre peu à peu Solomon, qui raconte à son tour son histoire dans le livre que nous tenons dans nos mains.
Un jeune héros attachant qui porte un regard plein de tendresse, de curiosité et d’admiration sur son grand-père qui lui révèle son secret. Grâce à lui, Solomon apprendra que rien n’est impossible.
« Ce jour-là, j’ai appris la plus importante [chose] de toutes : courir ne dépend pas de vos jambes et de vos bras (…) mais de ce qui se passe dans votre tête. »
Grâce à cela, il deviendra le garçon qui court plus vite que ses rêves (Le titre original est The Fastest Boy in the World)  🙂

J’ai choisi ce roman au regard de la biographie assez étonnante de son auteure : Elizabeth Laird est d’origine néo-zélandaise, ses parents ont déménagé pour vivre au sud de Londres en 1945. A 18 ans, elle part enseigner en Malaisie, puis en Ethiopie et en Inde. A priori une personne curieuse !

De plus, un roman « ado » qui se passe en Ethiopie, ça change ! C’est aussi ce qui m’a fait choisir ce livre. Une écriture à la fois simple, soignée et précise, une intrigue riche et bien ficelée qui offre au lecteur un savoureux voyage à un rythme trépidant.

Un roman qui porte l’espoir, doublé d’une lecture instructive, au-delà des clichés.

Merci à Flammarion Jeunesse pour cette belle pioche dans la collection « Tribal » !

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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Un commentaire pour Le garçon qui courait plus vite que ses rêves – Elizabeth Laird

  1. alexmotamots dit :

    Je le note pour mes ados; alors.

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