Mentine tome 3 : Pas de cadeau ! – Jo Witek

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Illustré par Margaux Motin

Rappelez-vous : Mentine est surdouée. Cherchant à tout prix à trouver une place parmi les autres gamins de son âge, elle commet mille et une frasques. Dans le premier volume de ses aventures, ses parents, exaspérés par ses mauvaises notes volontaires, l’envoient s’aérer les neurones dans le Larzac, d’où elle sortira grandie dans sa tête, grâce à un vieux fermier au grand coeur mais bien plus têtu qu’elle ! N’empêche, dans le deuxième tome, elle se trouve confrontée au rejet de ses camarades de classe par une manigance de sa meilleure amie qui la trahie. Exclue de son établissement, elle est exilée en Suisse dans une école pour intellectuels précoce. Elle se rend alors compte que sa seule vraie amie est la plus affable et la plus discrète de ses copines : Johanna.
Nous voici au troisième opus des aventures de Mentine, qui décide cette fois-ci de s’occuper à 10 000% de Johanna, une manière de rendre hommage au soutien qu’elle lui a témoignée quand elle en avait besoin. En réfléchissant, Mentine se rend compte qu’elle ne sait rien de cette discrète Johanna : elle ne sait pas où elle habite, elle ne parle jamais de sa famille ni de sa vie privée. Mentine parvient à se faire inviter chez Johanna. Elle découvre alors un autre univers : celui de la citée, des gens qui triment, une famille nombreuse mais surtout le talent fou de son amie pour la musique flamenca. Dès qu’elle prend la guitare que lui a légué son papi Paco, la grisaille de la cité s’efface et laisse place au soleil andalou. Mais un instant d’étourderie et c’est le drame : envolée la guitare magique de pépé Paco !
Mentine, subjuguée par le talent de son amie, décide que celle-ci doit se présenter au concours d’entrée d’une école de flamenca de renommée internationale. Reste le problème la guitare. Là aussi, Mentine a la solution…. quitte à passer du côté obscur et devenir une cyberdélinquante.

J’en ai trop dit mais on ne s’ennuie pas trois secondes dans ces nouvelles aventures de Mentine, on est souvent surpris par l’esprit d’inventivité de cette gamine et de sa créatrice…
Alors quand j’ai vu déboulé les Restos du Coeur au milieu du roman, j’avoue que j’en suis restée « baba ». En effet, pour réparer sa bêtise, centre de l’intrigue (donc je ne vais pas dire ce qu’elle a fait), ses parents décident d’envoyer Mentine prêter main forte aux bénévoles des Restos.

Jo Witek confronte sa jeune héroïne issue d’un milieu aisé au milieu populaire auquel appartient Johanna. Pourtant, pour ne pas rester dans le cliché, elle traîne la gamine dans les Restos de Coluche où les gens qui les fréquentent ne sont pas toujours forcément ceux qu’on croit. Il y a de tout : des gens bien habillés, des gros durs, des petits mous (LOL!),  des Blancs, des Blacks, des Beurs et aussi des jamais-contents. « La pauvreté n’avait pas de visage. Le manque non plus. La galère non plus. »

L’occasion de fréquenter les bénévoles des Restaus permet à Mentine de découvrir ce qui les motive : aider les autres, c’est un moyen d’être reconnu, de se réaliser dans un monde qui laisse peu de place à l’individu. Une des bénévoles a même fait partie du monde des Lettres. « C’est comme ça que les gens devraient aborder la vie, travailler avec le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la société. Malheureusement, la plupart du temps, on subit. C’est ça le monde d’aujourd’hui, les gens ne font plus ce qu’ils aiment ou savent faire, ils vont au boulot, au taf comme ils disent, en soupirant et la tête dans les chaussettes. C’est d’un triste. »

J’ai lu ce roman ado avec beaucoup de plaisir. Mais je m’attendais à un « crime » cyberdélinquant beaucoup plus grave puisque Mentine en parle elle-même en ces termes : « Une bombe. Un missile. L’entrée directe dans la délinquance, et tout cela depuis ma chambre. Encore un nouveau truc de la génération des Digital Natives : on peut tout bousiller sans mettre les pieds dehors. Sa vie, celle des autres, l’économie mondiale. » Quand le lecteur découvre enfin ce qu’elle a fait, (certes pas bien du tout), ça prête à rire ! La sanction est un peu too much. Mais bon, c’est l’occasion de confronter des univers sociaux différents dans un roman ado et de faire tomber les préjugés.

Mille mercis à Flammarion Jeunesse pour ce troisième volume.

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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