En un monde parfait

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4e de couverture : « Jiselle, trentenaire et toujours célibataire. croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement idyllique qu’elle accepte aussitôt, quittant les tracasseries de sa vie d’hôtesse de l’air pour celle, a priori plus apaisante, de femme au foyer. C’est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les Etats-Unis. lui donnant des allures de pays en état de guerre. Tandis que les événements s’accélèrent autour d’elle, l’existence de Jiselle prend un tour dramatique. l’obligeant à puiser dans ses ressources pour affronter cette situation inédite… « 

Dès le début , avec Mark Dorn, ce pilote de ligne sorti tout droit d’une publicité pour « Ultra bright », on sent l’entourloupe. Pourtant, Jiselle, trentenaire toujours célibataire accepte aussitôt sa demande en mariage, qui pourtant semble un peu trop rapide pour être tout à fait honnête, et renonce à sa vie d’hôtesse de l’air pour s’occuper des trois enfants de Monsieur… Ce conte de fée est une manière pour elle de fuir un univers professionnel stressant et de céder à la pression sociale au regard de son célibat. Pourtant une crise énergétique et sanitaire sans précédent (plus d’essence, plus d’électricité, une pandémie dite « grippe de Phoenix » ) va bouleverser ses projets alors que Jiselle, trop obnubilée par son mariage, n’y prête pas une oreille attentive. Pourtant, la réalité du monde extérieur rattrappe au fur et à mesure l’univers feutré de la jeune-femme, qui se rétrécit comme peau de chagrin.

J’ai trouvé intéressante la tentative de mélange des genres (conte de fée/fantastique gothique/science-fiction). Pourtant, trop de « grosses ficelles », trop de clichés pas vraiment rompus et des invraisemblances : par exemple, comment une petite peste comme Sara peut-elle devenir subitement un angelot ? Et je ne parle même pas de la mystérieuse disparition de Mark Dorn, retenu en quarantaine en Allemagne, qui disparaît sans que cela n’inquiète pas plus le reste de la famille… : on a l’impression que l’auteur s’est débarrassé du personnage ne sachant qu’en faire.

Par moments, le roman prend des allures de « thriller écologique ». C’est à ce niveau-là que l’intensité dramatique est la plus forte et l’aspect du roman le plus intéressant. Les hommes sont réduits à vivre comme il y a des centaines d’années en arrière, renonçant, contraints et forcés, au confort moderne et à la société de consommation, obligés de tout économiser et de réfléchir avant d’agir et de dépenser.

C’est l’occasion pour l’écrivain de jouer avec la frontière du fantastique : des glapissements lointains et inquiétants surgissent dans la nuit sans que leur nature ne soit vraiment élucidée, la nature végétale reprend ses droits, transformant la ville en jungle dangereuse, les fantômes (ou hallucinations ?) apparaissent…

Pourtant, on a l’impression que Laura Kasischke ne va pas au bout de ses idées et du coup, le ton général du roman reste tiède voire mièvre.Le coup de griffe que l’on sentait ne vient pas. Le lecteur reste sur sa faim. C’est dommage, d’autant que ce roman, écrit dans un style fluide très agréable. Mais je suis restée sur ma faim.

Donc avis mitigé pour moi.  C’est le premier roman que je lis de l’auteur

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2011

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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