La disparition d’April Latimer

 

 

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Traduit par Michèle Albaret-Maatsch

4e de couverture : « Rebelle, indépendante, un goût pour les hommes peu conventionnel… Dans la société dublinoise conservatrice, patriarcale et ultracatholique des années 1950, April Latimer, jeune interne en médecine, laisse dans son sillage comme un parfum de scandale. Rebelle, indépendante, avec un goût pour les hommes décidément peu conventionnel… Quand Phoebe Griffin, sa meilleure amie, découvre qu’elle a disparu, elle redoute le pire. Etrangement, de leur petite bande d’amis hétéroclite, Phoebe semble la seule à s’inquiéter ainsi – la seule ) qui on a caché certaines choses ?… Malgré leurs relations compliquées, c’est vers son père, le brillant mais imprévisible Quirke qu’elle se tourne pour retrouver la trace d’April. Et c’est ainsi que Quirke se voit impliqué bien plus qu’il ne l’aurait voulu dans une enquête aussi trouble que troublante, au coeur d’un entrelacs de liaisons dangereuses d’où émerge peu à peu une effroyable vérité. »

Voici le troisième volume des aventures du Dr Quirke, médecin légiste de son état, dans l’Irlande des années 50 (après Les disparus de Dublin et La double vie de Laura Swan). Un adorable personnage de la trempe des Erlendur. D’ailleurs, les deux personnages se confondent parfois dans mon esprit parce que je trouve qu’il se ressemble. Mis à part que Dr Quirke est porté sur la bouteille. Mais, on peut le comprendre, avec son histoire familliale un zeste compliquée et combien douloureuse. Ici Dr Quirke sort d’ailleurs de l’asile qui soigne les alcooliques. Parce qu’il avait trop souffert à la fin de La double vie de Laura Swan, où Phoebe avec fait des siennes…

Ici, Phoebe s’inquiète pour April, une amie interne à l’hôpital de Dublin qui ne donne pas signe de vie depuis plusieurs jours. April est une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux dans la société irlandaise sclérosée des années 50. Cependant, comme toujours chez Benjamin Black alias John Banville, l’intrigue du roman noir n’est qu’un prétexte pour décrire la société de son pays (ici les années 50).

C’est un jeune homme noir, qui fait partie du cercle d’amis de Phoebe qui attire l’attention (aussi bien du lecteur que des autres personnages). Les clichés vont bon train… si vous voyez ce que je veux dire ! Le jeune homme intrigue, c’est clair. Autant qu’April d’ailleurs. A tel point qu’on leur prête une liaison non moins sulfureuse. April, quant à elle, est « abandonnée » par sa famille, celle de la haute bourgeoise catholique irlandaise parce qu’elle est trop « libre », qu’elle ne veut pas rentrer dans le moule étriqué réservée aux jeunes femmes à cette époque. Elle les encombre un peu ! Alors, quand l’inspecteur de police, ami de Quirke depuis toujours, découvre du sang sous le lit d’April et pas n’importe quelle sorte de sang, laissez-moi vous dire que l’imagination se déchaîne et le coupable désigné circule sous le manteau…

La fin n’en est pas moins édifiante ! John Banville joue avec les clichés pour mieux les renverser (évidemment ! – sinon il ne serait pas cet écrivain génial). Du portrait d’une jeune fille libre, il met en miroir une société quelque peu désaxée mentalement, frustrée, où les cinglés, les sauvages, les fous furieux ne sont évidemment pas ceux que désignent des gens se croyant bien-pensants. Banville joue de sa plume grinçante, de manière habile cependant. Il intrigue avec cette fin qui n’en est pas vraiment une… La seule envie que l’on a en refermant le roman, c’est de connaître la suite. Je suis addict depuis plusieurs années et apparemment, ce n’est pas prêt de s’arrêter !!

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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