Imaqa

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Traduit par Inès Jorgensen

4e de couverture : « Martin, instituteur danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groeland. Il prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes. Nunaqarfik, à plus de cinq cent kilomètres au nord du Cercle polaire. Armé de ses bonnes intentions, encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées préconçues, Martin découvre une communauté solidaire, dont la vie s’organise en fonction de la nature environnante – et pas malgré elle. »

Flemming Jensen est un défenseur de la culture inuit et il a mis vingt-cinq ans à écrire ce roman assez rocambolesque et qui dépayse à souhait le lecteur occidental. A l’instar de Martin, on découvre un mode de vie à des années lumière du nôtre (bon, je sais, ce n’est pas un scoop) et dans lequel une maladresse occidentale est vite arrivée…. surtout si l’on arrive avec tout un tas d’idées « bien pensantes » déculpabilisant. Et c’est bien le problème de Martin, au début du moins. A trop vouloir être gentil pour mieux se déculpabiliser, on finit par se faire rouler dans la farine, comme partout ailleurs. Car les Inuits, en plus, adorent faire des blagues, comme pour oublier le rude climat dans lequel ils vivent. Martin finit par s’intégrer dans cette société refermée sur elle-même mais conviviale, où la solidarité est le maître-mot : il s’y fait des amis, rigolent avec eux, (mais aussi se dispute quand le bouchon est poussé un peu trop loin). Il tombe amoureux. Il découvre  « un peuple chez qui survivre était la tâche quotidienne de chacun, alors que pour ses camarades danois, c’était plutôt le genre de choses qui relevaient des services de santé ».

Ce roman est bourré d’humour, en particulier au moment où le lecteur découvre une créature bien étrange : le tupilak. Quézako ? C’est quelque chose comme ça :

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Son cri est si caractéristique qu’on ne peut pas se tromper : « toc toc, toc…. uuuuuuuuh! » Comme les Inuits, les tupilaks craignent les « Danois parce qu’eux aussi avaient de très grands pieds » !

Flemming Jensen prend tout au long du roman la défense des Inuits et cela donne des moments de lecture poignants et criants de vérité :

« L’organisation pour la protection de l’environnement Greenpeace, ainsi qu’une blondine française vieillissante avait mobilisé toute une coterie branchée et « tendance » en jouant sur le sentimentalisme totalement déconnecté des faits réels, et, à la suite d’une émission de télévision où l’on avait filmé d’indéniables cruautés commises sur des bébés phoques par un groupe de Norvégiens près de Terre Neuve, avaient appelé du jour au lendemain au boycott des peaux de phoques. (…) Il y avait des manifestations de protestations dans le monde entier et des nations qui elles-mêmes tuaient industriellement des poules, des porcs et des veaux après leur avoir offert une vie de misère, se permettaient de montrer du doigt un petit peuple qui, en accord avec la nature, chassait des animaux dans la mesure où il en avait besoin pour se vêtir et se nourrir. »

J’ai aimé ce roman pour son humour, son humanisme, sa description soignée de la culture inuit. Je lui reprocherai juste une chose : les aventures rocambolesques à répétition de Martin finissent par lasser un tout petit peu le lecteur.  Mais néanmoins, c’est un livre à découvrir pour tous ceux qui s’intéressent aux cultures nordiques. Il y existe d’ailleurs, à Copenhague un musée dont une partie est dédiée à ce peuple et que je vous recommande vivement si vous avez l’occasion de vous rendre dans la capitale danoise.

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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