Emmeline

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Traduit par Georges Globa

4e de couverture : « Nous sommes à Londres, dans les années trente. Emmeline, vingt-cinq ans, est responsable d’une agence de voyages et partage son toit avec la veuve de son frère, Cecilia. Si tontes deux sont. jeunes, jolies et célibataires, leurs caractères sont aux antipodes : l’indépendante et romanesque Cecilia fascine la timide Emmeline. Leur recherche de l’amour va naturellement les conduire sur des chemins opposés. Tandis que Cecilia se lance avec habileté à la conquête d’un héritier, Emmeline, sous l’influence de sa belle-sœur et de sa vipère de tante, tombe dans les filets d’un égoïste quadragénaire… Face au Mal, l’Innocence dispose-t-elle d’un autre recours que la Vengeance ? « 

Elizabeth Bowen offre avec Emmeline (titre VO : To the North) écrit en 1932, un roman so british. Un univers feutré mais où tous les coups bas sont permis pour obliger les réfractaires à rester dans les rails. J’ai détesté la tante Lady Waters (« Georgina, pour les intimes), la commère qui ferait bien de s’occuper de ses oignons. Je n’ai pas davantage apprécié Markie,  qui n’a pas vraiment le courage de ses opinions. J’ai trouvé que Cecilia était plus perfide et plus influençable qu’elle n’en avait l’air. Et qu’en fin de compte, la vraie femme forte dans cette histoire c’est bien Emmeline. Une vraie femme en avance sur son temps, à la tête d’une agence de voyage, qui se frotte au monde des affaires et du travail. A côté d’elles, Cecilia et Lady Waters paraissent d’un autre temps, la seule chose qui leur importe, c’est le mariage et surtout le « qu’en dira-t-on » …

Le récit s’échappe parfois hors du salon pour donner à voir au lecteur un tout petit peu du monde extérieur. J’ai bien aimé l’épisode de la révolte de la secrétaire à l’agence,  qui, débordée de travail et en mal de reconnaissance, n’hésite pas à critiquer ses employeurs et à balancer à Emmeline : « Ce qu’il y a, c’est simplement que je suis humaine (…) si on mourait sur sa chaise ou si on s’évanouissait, simplement il se pourrait bien que vous le remarquiez! «  Et les taxis parisiens, à cette époque déjà, avait la réputation de mal conduire, c’est ce que témoigne le voyage d’Emmeline et de Markie dans la capitale… Un cliché qui m’a fait sourire, un petit coup de dent britannique envers les froggies…

Elizabeth Bowen joue à merveille avec ses personnages et les apparences au fil du roman, ce qui invite le lecteur à s’interroger sur leur nature réelle. Le tout dans style fluide et poétique. J’ai regretté la fin tragique de l’histoire mais elle démontre à quel point les femmes étaient encore prisonnières des carcans d’une certaine société, en ce début de XXe siècle…

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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