Paula Spencer

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Traduit par Isabelle Delord-Philippe

4e de couverture :  » A Dublin, le boom économique des années 2000 efface peu à peu les traces de la pauvreté. Dans sa petite maison, où vivent encore ses deux enfants, Leanne et Jack, Paula livre sa guerre personnelle à son propre passé. Elle vient de fêter ses quarante-huit ans et a décidé que ça suffisait : elle ne laisserait plus l’alcool détruire sa vie. Depuis quatre mois et cinq jours – précisément -, elle ruse avec ce tueur à la fois séduisant et repoussant. Déployant mille stratégies pour l’abattre, elle mène une guérilla de tous les instants. Fascinés par son courage, enchantés par son piquant, nous partons avec elle à la reconquête du bonheur.
D’un sujet difficile, Roddy Doyle tire un roman d’une pétulance revigorante. Usant de cet humour décalé déjà à l’oeuvre dans la « triologie de Barrytown », il crée avec Paula Spencer un personnage inoubliable, symbole d’une Irlande surmontant lentement les traumatismes de son histoire. »

Roddy Doyle est surtout connu en France pour The Commitments (autrement dit, les « engagés »)  et Paddy Clake ha ha ha. Pourtant il a écrit quantité d’autres romans, que pour ma part, je préfère. Ce roman est la suite de La femme qui se cognait dans les portes et j’ai retrouvé avec plaisir Paula Spencer. Je précise qu’on peut tout à fait lire ce roman sans avoir lu la premier volume – même si c’est mieux de l’avoir fait !

Ce livre a été écrit, tout du moins publié en 2006, autrement dit en plein boom du Tigre Celtique qui ne savait pas encore qu’il aurait une fin catastrophique. N’empêche, Roddy Doyle n’a pas son pareil pour décrire avec humour le quotidien d’une femme irlandaise ordinaire et pauvre. Comme dans La femme qui se cognait dans les portes, on oublie totalement que l’écrivain est ici un homme : il parvient à se glisser dans une peau féminine avec tellement d’aisance que ça en est stupéfiant !

Paula, qui a jeté son alcoolique de mari à coups de pied au cul après des années de maltraitance, a toujours, dans cet opus, un caractère bien trempé mais aussi un coeur gros comme une maison.
C’est avec étonnement et curiosité qu’elle regarde la nouvelle Irlande cosmopolite, elle qui n’a jamais passé la frontière de Dublin et qui ne connaît même pas toute la capitale irlandaise. Elle fait des ménages et ses collègues de travail sont roumains et nigérians et, en plus, ce sont des hommes, observe-t-elle avec malice : « Voilà un autre grand changement, peut-être le plus grand de tous. Les hommes de ménages. Des Nigérians et des Roumains. » Elle n’hésite pas à engager la conversation avec les caissières du supermarché hard-discount de son quartier, où « les caissières sont presque toutes étrangères » et ça aussi, c’est un vrai changement. Notre héroïne ouvre son coeur au monde, sans a priori mais avec pas mal d’étonnement.

Peu à peu Paula acquiert une autonomie financière qui lui permet de se faire des petits plaisirs à elle et surtout aux siens. Elle découvre la société de consommation qui se développe comme un cheval au galop en Irlande – ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existait pas avant non plus ! Les supermarchés sont mêmes ouverts 24h/24 pour certains.
Cependant, son quotidien n’est pas sans nuages : sa fille Leanne, qui a assisté petite au passage à tabac de sa mère lorsqu’elle était enfant, et qui s’interposait pour la protéger, est aujourd’hui une jeune femme très fragile… Jack (le plus jeune fils de notre héroïne) semble parfois douter sa mère. Paula doit affronter le regard critique de sa progéniture. Et comme si cela ne suffisait pas, une de ses soeurs doit aussi vaincre le pire…
Mais les femmes de ce roman sont toutes des femmes fortes ! Autant dire que la fin ne vous fera pas pleurer !!

Roddy Doyle nous livre ici un roman plein de tendresse et doté d’un humour qui fait mouche, le tout surmonté d’une bonne bouffée d’optimisme irlandais. A se prescrire sans modération !

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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