L’étrangleur d’Edimbourg

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Traduit par Frédéric Grellier

4e de couverture : « John Rebus parcourait la jungle de la ville, une jungle que les touristes ne voient jamais, trop occupés à mitrailler les temples dorés du passé. Édimbourg était une ville d’apparences ; le crime n’y était pas moins présent, tout juste plus difficile à repérer. Édimbourg était schizophrène, la ville de Jekyll et Hyde, bien entendu, mais aussi celle de Deacon Brodie, des manteaux de fourrure sans petite culotte, comme on disait à Glasgow. Mais c’était aussi une petite ville. Un avantage pour Rebus. Il traqua sa proie dans les bars à voyous, dans les lotissements où le chômage et l’héroïne tenaient lieu de blason, parce qu’il savait que quelqu’un d’aguerri saurait survivre dans cet anonymat. Jetant un coup d’œil à la ronde, il vit qu’il avait atterri au cœur du désespoir. »

Un livre à lire absolument avant tout départ en vacances à Edimbourg parce que c’est le roman qui vous fera voir la ville comme vous n’aurez jamais l’occasion de la voir, touriste de passage que vous êtes !

Comme le souligne l’Inspecteur Rebus, les touristes n’en ont en général que « pour le coeur central » d’Edimbourg. « Ils ne s’aventure[nt] jamais dans les HLM de banlieue, à Pilton, Niddrie ou Oxgangs pour faire une interpellation dans un immeuble puant la pisse ». John Rebus, lui, « parcour[e] la jungle de la ville, une jungle que les touristes ne voient jamais (…). Cette jugnle gagn[e] inexorablement du terrain » dans l’Edimbourg des années 1980.

Ce polar date de 1987 mais ne fut traduit et publié en France qu’en 2004 ! Mieux vaut tard que jamais car on passe un excellent moment avec cet inspecteur extrêmement humain, se débattant avec des problèmes familiaux compliqués mais adorant plus que tout sa fille Samatha, pré-ado, lectrice assidue et mature pour son âge (12 ans), dont son ex-femme a la garde.

Ce livre m’a donné l’envie, justement de visiter la bibliothèque vieillotte et humide, (mais ça va tellement bien avec l’ambiance de la ville ici)  où se déroule une partie de l’action du roman (en supposant qu’elle existe). Il a  aussi a aiguisé ma curiosité sur la ville . On peut atteindre la bibliothèque en traversant « The Meadows, un vaste espace vert, avec en ligne de mire à l’horizon l’imposante forteresse grise et son drapeau qui flott[e] dans la bruime au-dessus des remparts. » Il faut passer « devant la Royal Infirmary, qui gard[e] la mémoire de tant de découvertes et d’illustres personnages, devant une partie de l’université et devant le cimetière de Greyfriars Kirk et sa petit statue de bobby ».

Dans la bibliothèque des escaliers mènent à ses entrailles. Cachés au fond d’une arrière-salle, en bas de ces escaliers,  il y a un autre « escalier métallique très escarpé et mal éclairé qui s’enfonce dans les fondations de la bibliothèque ». Un endroit dont certains « Edimbourgeois » ont entendu parler car « la bibliothèque a été construite sur l’emplacement de l’ancien tribunal de police » et qu’on « a conservé les cellules qui se trouvaient en sous-sol », « tout un dédale de cellules et de couloirs, directement sous la ville ». Il y existerait « des sorties, dans des endroits comme le nouveau tribunal ou la cathédrale Saint-Gilles ». Mais en plus, « sous l’hôtel de ville, on dit qu’il reste des rues entières de la vieille ville. On a construit directement par-dessus, sans s’embêter ». Des rues entières, avec les boutiques, les maisons, la chaussée. Et tout ça date de plusieurs centaines d’années… ».
Ca met l’eau à la bouche tout ça, que cette bibliothèque municipale existe ou pas. Et quand Rebus vous dit qu’Edimbourg est une « ville d’apparences », que c’est « la ville de Jekyll et Hyde, bien entendu mais aussi celle de Deacon Brodie, des manteaux de fourrure sans petite culotte, comme on dit à Glasgow », ça donne envie d’en savoir plus sur son passé « black tartan » en quelque sorte.

Car au-delà de l’intrigue policière, l’intérêt de ce roman est vraiment la promenade dans cette Edimbourg « noire » et mystérieuse, où l’on croise des personnages non moins mystérieux, dont un affreux journaliste pot de colle. J’ai adoré les références à Docteur Jekyll et Mister Hyde mais aussi à Crime et Châtiment dont le psychopathe tueur de 4 gamines, est un fan. Le suspens se fait galopant sur la fin du livre, impossible de le lâcher avant de l’avoir lu jusqu’au dernier mot. L’écriture est simple, fluide, donc facile à lire : impeccable pour une lecture de vacances écossaises. J’ai aimé la nouvelle couverture du Livre de Poche pour ce roman également. Bref, tout m’a plu. C’est un coup de coeur !

********

C’était mon premier livre de Ian Rankin. L’écrivain qui m’a donné envie de visiter la capitale écossaise. Depuis j’ai visité 2 fois Edimbourg, me suis rendue au pub fétiche de l’inspecteur et de son créateur (The Oxford Bar), j’ai vu la fresque parlant de Decan Brodie, emprunté les passages, visité la cathédrale Saint-Gilles où est enterré Stevenson (et où il faut jeter un oeil à son parvis)  etc. Bref, tout ce que Rebus reproche aux touristes ! Et je n’ai pas encore tout vu – heureusement !

Photos prises par moi-même 🙂

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer
  3. Rebus et le loup-garou de Londres
  4. Piège pour un élu
  5. Le Carnet noir
  6. Causes mortelles
  7. Ainsi saigne-t-il
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
  15. Fleshmarket Close
  16. L’appel des morts
  17. Exit Music
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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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