Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

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4e de couverture: « Scandale dans une pension de famille « comme il faut » sur la Côte d’Azur au début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée…
Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille femme anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.
Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites. »

Parler d’un monument comme Zweig n’est pas chose aisée ! Le billet sera donc succinct !

Un roman très court (moins de 123 pages dans cette édition), mais dense et intense tant par la construction que par l’histoire. D’abord ce récit est double : le narrateur, qui essaie de comprendre la femme de quarante-et-un ans qui s’est enfuie avec un homme qu’elle ne connaissait pas, donnant lieu à un vrai théâtre grandguignolesque dans la pension, s’efface rapidement pour laisser la parole à Mrs C…, la vieille anglaise. Celle-ci lui raconte avec moult détails son drame.
Dans sa jeunesse, fascinée par un jeune homme pris par le vice du jeu, elle a tenté de lui venir en aide, craignant pour sa vie. Cependant, les choses ne tournèrent pas comme elle l’aurait souhaité.
Stefan Zweig dépeint ici des êtres hors d’eux-mêmes, c’est-à-dire, pris de passion et allant jusqu’au bout de celle-ci. Ce n’est pas la raison qui les anime, mais la passion qui les fait vivre. Leur corps se meut de lui-même, indépendamment de ce que  commanderait leur cerveau. J’ai été impressionnée, comme Mrc C… par la vie que prennent les doigts du jeune-homme, « ces mains extraordinaires, vraiment uniques -, mais ce qui d’abord me surprit d’une manière si terrifiante, c’était leur fièvre, leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s’étreindre et de lutter entre elles. Ici je compris tout de suite, c’était un homme débordant de force qui concentrait toute sa passion dans les extremités de ses doigts, pur qu’elle ne fît pas exploser son être tout entier. » Toutes les émotions se lisent également sur la visage de ce joueur, qui devient une véritable scène de drame pour Mrs C…, spectatrice fascinée et sidérée.

La fin de l’histoire n’en est pas moins dramatique… Mais comme le dit la vieille anglaise avec philosophie : »Vieillir n’est, au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son passé. »

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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