De pierre et de cendre

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4e de couverture : « Lorsque, par un soir brumeux de 1898, le jeune peintre Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux deux filles de Mr Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par les jeunes demoiselles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, Samuel comprend vite que le raffinement du décor et des êtres dissimule de bien sombres mystères et que le vent souffle pour mieux balayer les cendres d’un passé scandaleux… « 

Je pensais que ce roman me raconterait le travail du peintre (un peu comme La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier). Que nenni ! Il s’agit là du poids des secrets à la sauce « so british » – ce qui m’a un peu changé du poids des secrets à la sauce japonaise! L’action se déroule dans le Sussex (Angleterre), dans le somptueux mais mystérieux et isolé domaine de Fourwinds – là, le nom m’a fait pensé aux Hauts de Hurlevent et j’ai eu un tout petit peu peur d’un pâle remake !

Les personnages sont complexes et aux premiers abords assez étranges. On se demande ce que c’est que cette histoire de vent d’Ouest qu’il faut à tout prix retrouver. Pourquoi Marianne a pareilles sautes d’humeur, un comportement si changeant. Pourquoi sa soeur est souffrante.  De sucroit le récit alterne deux voix narratives : celle du peintre Samuel Godwin et celle de la gouvernante Charlotte Agnew, l’ensemble étant au fil du récit entrecoupé de lettres adressées aux différents personnages. Un habile moyen de brouiller les pistes et tenir le lecteur en haleine.

Le personnage de Charlotte Agnew m’a profondément agacé pendant une bonne partie du récit : la parfaite vieille fille, coincée, savant tout mieux que les autres etc, jalouse en plus. Juliana semble être effacée, maniuplable par les autres. Et le pauvre Samuel, le benêt de service. Quant au « patriarche », Mr Farrow, il vit retranché dans son bureau à faire on ne sait quoi, très peu présent auprès des autres personnages. Mais quand il parle, on lui donnerait le bon Dieu sans confession (un peu trop, d’ailleurs). C’est Marianne qui semble mener la danse, avec sa beauté du diable, fascinant Samuel,  qui ne sait plus quel comportement adopter, refoulant ses instincts. Tout semble tracé d’avance. Ce qui m’a fait craindre le pire pendant un petit moment…

Cependant, au fur et à mesure, la belle apparence des choses s’efface pour laisser place à bien des surprises! Le lecteur va de stupéfaction en stupéfaction. Il est contraint de revoir son jugement sur les personnages. Le pire n’était pas là où je m’y attendais (à savoir des personnages surfaits, bien au contraire).

J’ai passé un très agréable moment avec ce premier roman que je lis de Linda Newbery. J’ai aimé l’idée originale de s’inspirer de l’histoire d’un peintre « mineur »,celle du peintre Samuel James Godwin (1878-1941) pour en faire un roman gothico-baroque digne de ceux du XIXe siècle britannique. C’est un bel hommage. L’irruption de l’Histoire, avec la Première Guerre mondiale dans les dernières pages du roman entérine l’idée que tout n’est jamais écrit d’avance. Les personnages prennent une voie différente de celle à laquelle on les prédestinait.

Linda Newbery évoque avec brio la condition féminine de la fin du XIXe-début du XXe siècle. En sus, un brin d’humour avec la vengeance – surprenante – du scuplteur Gideon Waring (seuls ceux qui ont déjà lu le livre savent de quoi je parle…).

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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