Je ne porte pas mon nom

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Traduit par Catherine Lise Dubost

4e de couverture : « Rien de pire que l’ennui, même pour un dépressif notoire comme Dan ! Au repos dans sa villa de Chistianssund, acquise grâce à une brillante carrière dans la pub, le mystère s’invite dans sa vie. Son ami le commissaire Flemming fait appel à lui : une employée de son agence a été tuée et, étrangement, personne ne connaît son nom. Dan enquête… »


J’ai décidé cet été de me plonger dans la littérature danoise, littérature méconnue dans l’Hexagone (mis à part Karen Blixen – et encore, je me demande si tout le monde connaît sa nationalité – et évidemment le célébrissime Hans Christian Andersen –  parce que non, La Petite Sirène n’a pas été inventée par Disney mais fait partie d’une légende.).

Le pays lui-même reste énigmatique aux Français puisque ce n’est pas vraiment le pays de prédilection pour leurs vacances. Et pourtant, ce petit pays plat de 5 millions d’habitants vaut le détour. Heureusement, il y a Borgen, l’excellente série diffusée par Arte en ce moment même qui permet de lever le voile et peut-être aux gens d’aller visiter Copenhague.

Bref, mes lectures m’ont fait découvrir Anna Grue, donc Je ne porte pas mon nom est le premier livre traduit en français. Et quelle belle découverte ! Décidément ce sont les journalistes qui écrivent les meilleurs polars. Et ici, l’originalité c’est que celui qui mène l’enquête n’est pas un commissaire ou inspecteur de police, mais tout simplement Dan, un publicitaire dépressif, dont un meurtre sur son lieu de travail va redonner goût à la vie. Il faut dire que son meilleur ami est le commissaire Flemming. Mais, comme le constatera le lecteur, on ne peut pas dire qu’il soit très efficace. Dan prend donc la voie dangereuse d’une enquête officieuse qui nous parle du Danemark d’aujourd’hui et de ses problématiques.

Oubliez le pays des Vikings et de la Petite Sirène, ici on n’est pas vraiment dans la légende et le fabuleux mais plutôt dans le trafic et les embrouilles administratives. Evidement, comme elle écrit un polar, Anna Grue ne présente pas son pays sous le meilleur jour. Rendez-vous ici avec le travail dissimulé, les violences faites aux femmes, le trafic humain, le problème de l’intégration. Certes ce n’est pas une chose propre au Danemark, mais bizarrement, j’ai été un peu surprise qu’il y ait là-bas aussi, dans ce petit pays, autant d’immigrés clandestins, sans papiers (ou avec de fausses identités),  contraints de rester cachés, préférant vivre comme des fantômes de peur d’être expulsés, sachant le châtiment qui les attendent :

« Toutes ces femmes avaient trois points communs : elles étaient étrangères, elles vivaient cachées ici, à Christianssund et elles n’osaient demander aucune aide sociale de peur d’être expulsées du Danemark. (…) Si elles essaient d’aller à la police, on les renvoie au pays au plus tard trois mois après – et dans de nombreux cas, elles sont immédiatement renvoyées au Danemark, ou dans un autre pays, munies de nouveaux papiers ».


Le pendant de tout ça, évidemment, c’est qu’il y a des profiteurs. Mais j’ai aimé l’analyse fine d’Anna Grue, la manière dont elle montre comment certains d’entre-eux se présentent en bienfaiteurs, et comment, en fin de compte, la corruption a la vie belle. L’inefficacité de la police est aussi montrée du doigt, parce que les meurtres s’accumulent et l’équipe du commissaire Flemming n’en pédale pas moins dans la semoule !

Bref, pour une première présentation littéraire du Danemark, je n’ai pas choisi un roman qui fait dans la dentelle mais dans le réalisme. Je me suis régalée. Dan le dépressif est en plus un personnage attachant. Et en plus, il n’y a pas qu’un seul coupable. Mais chuuuut, j’en ai vraiment dit trop dans ce billet !

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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