Le livre du roi

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 Traduit par Patrick Guelpa

4e de couverture : « En 1955, un jeune étudiant islandais arrive à Copenhague pour faire ses études. Là il va se lier d’amitié avec un étrange professeur, bourru, érudit et buvant sec, spécialiste des Sagas islandaises, ce patrimoine culturel inestimable qu’ont protégé les Islandais au long des siècles comme symbole de leur nation. Il découvre le secret du professeur : l’Edda poétique, le précieux Livre du roi, dont les récits sont à l’origine des mythes fondateurs germaniques, lui a été volée pendant la guerre par des nazis avides de légitimité symbolique.
Ensemble, le professeur et son disciple réticent, qui ne rêve que de tranquillité, vont traverser l’Europe à la recherche du manuscrit. Un trésor pour lequel certains sont prêts à voler et à tuer. Un trésor aussi sur lequel on peut veiller et qu’on peut aimer sans en connaître la valeur.
Une histoire inhabituelle et une aventure passionnante sur ce qu’on peut sacrifier et ce qu’on doit sacrifier pour un objet aussi emblématique qu’un livre.
Arnaldur Indridason met son talent et son savoir-faire de conteur au service de son amour des livres. Et de ce livre mythique en particulier. »

On laisse tomber l’inspecteur Erlendur et ses aventures. Ce roman écrit en 2005 ou 2006 entre Hiver Arctique et Hypothermie rend hommage au patrimoine culturel islandais et nous apprend ce qu’il est advenu du Livre du Roi, un fascicule faisant partie de l’Edda Poétique (XIIIe s.), aussi connu en Islande qu’au Danemark. Et pour cause : l’Islande était, jusqu’en 1944, une colonie du Danemark. Néanmoins, même après l’indépendance, une partie du patrimoine littéraire islandais dont le Livre du roi fait partie. L’Edda poétique est la principale source écrite, avec l’Edda en prose, sur la mythologie nordique. Les Danois rendirent le Livre du roi aux Islandais en 1971.

Si ce n’est pas tout à fait un polar, Arnaldur Indridason nous embarque quand même dans un road movie littéraire haletant, grâce à un vieux professeur un zeste hirsute et porté sur la bouteille, spécialiste des manuscrits islandais à l’Université de Copenhague et un étudiant érudit mais empoté, Valdemar. A la poursuite du diamant vert ? Non, évidemment ! A la poursuite du Livre du roi.

L’Histoire occupe une grande place ici. Nous sommes en 1955, soit à peine dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Indridason évoque, à travers sa fiction, comment les nazis ont tenté de s’approprier la culture nordique pour la détourner à leur compte et spolié des bijoux littéraires patrimoniaux.

Et, comme toujours chez Indridason, le passé des personnages ressurgit et éclaire d’un jour nouveau leur présent. Peu à peu, on comprend mieux pourquoi le vieil universitaire picole sec, déteste le vouvoiement et est prêt à toutes les imprudences pour récupérer le Livre du roi. En tout cas, il nous promène bien, du Danemark à l’Islande, en passant par l’Allemagne, sur les traces du manuscrit, car « importants ou non, les livres voyagent partout. Bons ou mauvais, ils ne choisissent pas leurs propriétaires, pas plus que le genre de maison dans laquelle ils vont se retrouver ou l’étagère sur laquelle on les rangera ». Mais on espère vraiment, aux regards des dires de la fiction, que le livre retrouvera une bonne maison et une bonne étagère ! Valdemar en a grandement conscience : « Je savais que si nous n’avions pas le Livre du roi, nous serions absents de la scène internationale. S’il n’existait pas, une grande partie de notre culture ancienne serait perdue, et tout ce que nous savons de la religion nordique ancienne serait réduit d’autant. »

Un bel hommage de l’écrivain à la fois aux livres et à la culture ancestrale de son pays. J’ai apprécié la page d’Histoire et l’on peut dire que ce roman est très érudit en ce qui concerne les manuscrits islandais. Cela dit, j’ai fini par m’y perdre et même trouver souvent des longueurs et des redites. Cela m’empêche d’adorer totalement ce roman. J’ai juste passé un bon moment parce que malgré tout, il y a quand même un sacré suspense pendant une bonne partie du roman, du genre qui vous empêche de le lâcher jusqu’au chapitre suivant.

A un moment, je me suis tout de même demandé si Arnaldur ne pétait pas un câble dans sa description de l’ennemi ancestral du vieux professeur ou plutôt s’il ne mettait pas dans son roman un zeste de parodie  : « C’était un vieillard (…) avec quelques mèches de cheveux sur une calvitie parsemée de taches brunes, un nez aquilin proéminent et des joues creuses et exsangues. Il regarda le miroir et, pendant un instant, je vis ses yeux, des yeux noirs et féroces. Il m’aperçut. Il me montra dans le miroir et poussa une sorte de glapissement. » Effet comique garanti en ce qui me concerne !
Et avec le recul, je pense qu’une grande partie du roman est parodique, avec des personnages très stéréotypés (le vieil universitaire, le jeune étudiant, les méchants-pas-beaux…). Enfin, au passage on croise aussi le Prix Nobel de littérature Halldor Laxness !

Un roman touffu donc, dont ce billet ne parviendra pas à évoquer les multiples facettes. Une « note sur les sagas », à la fin de l’ouvrage, nous donne quelques repères.

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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