Sarah Thornhill

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Sarah vit en Australie, au début du XIXe siècle, au bord du long fleuve tortueux Hawkesbury, en Nouvelle Galles du Sud. Sa mère est morte quand elle était toute petite. Son père, un Anglais banni pour vol, est maintenant affranchi. Il est propriétaire terrien, s’est remarié à une femme que Sarah appelle Ma. Ils vivent aux côtés d’Aborigènes (même si ce nom n’est jamais écrit explicitement), des « naturels », comme ils disent, de pauvres hères en guenilles. Sarah a pour meilleur ami Jack Langland, un métisse de père anglais et de mère « naturelle ». Pour Sarah, cela n’a aucune importance. Elle finira par tomber amoureuse de son ami d’enfance. Ils prévoyaient de se marier. Mais voilà que son frère Will trouve la mort en mer, alors qu’il était parti pêcher en Nouvelle-Zélande avec Jack. Un premier secret est révélé et ce sera la fin de la vie tranquille et innocente de Jack et Sarah…

Si vous avez besoin de vous aérer l’esprit, de changer d’air, je ne peux que vous conseiller ce roman incroyable, qui m’a emportée loin pendant les quelques jours qu’il m’a fallu pour le dévorer ! Une fresque familiale et une histoire d’amour (sans mièvrerie), certes, mais aussi un roman sur l’ambiance de l’Australie de cette époque où le racisme et les préjugés sont encore monnaie courante et dont on parle ainsi du passé de l’île :
« Y avait partout des noirs, à l’époque. Les gens parlaient de sauvages vivant dans des coins reculés, où les blancs avaient encore jamais mis les pieds : ils se promenaient nus comme des vers et mangeaient leurs bébés, qu’ils disaient. Ils tuaient tous les blancs qu’ils rencontraient et leur arrachaient le coeur. »

Mais si les habitants de cette terre sont racistes et méfiants vis-à-vis des autochtones noirs, ils le sont aussi entre blancs : ceux qu sont arrivés libres regardent d’un oeil condescendant ceux arrivés bannis et maintenant affranchis. Et puis, parmi ces Anglais, il y a également des Irlandais. Dont un originaire de Cork, le gentil Mr Daunt, désargenté et sa gouvernante, Maeve. Daunt est en fait un Anglo-Irlandais et il explique à Sarah qu’il ne parle pas la langue originelle de Maeve (le gaélique).

Ce roman est donc aussi celui de l’Australie du melting pot contraint ou voulu car oui, les sangs s’y mêlent pour conduire à des histoires d’amours, entre noirs et blancs, entre métis et Maoris, entre Anglais et Irlandais. Le sang est hélas aussi celui du crime, qui est le nerf narratif du secret révélé dans le roman, et du poids de la culpabilité qui s’ensuivra.

J’ai aimé le personnage de Sarah, héroïne très attachante par son courage et son grand coeur, quelqu’un sur qui on peut compter. Une jeune femme qui saura s’affranchir du poids de la culpabilité qui pèse du sa famille.
J’ai aimé la suivre dans les méandre du fleuve Hawkesbury, qui à chaque recoin révèle un paysage étonnant. Et puis observer avec elle et sa fille Sadie, les kangourous dans le Bush, m’embarquer avec le mal de mer en Nouvelle-Zélande pour rencontrer les Maoris.

Un roman très divertissant, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Je le classe parmi mes coups de coeur. C’est le premier livre de Kate Grenville que je lis. J’y reviendrai parce qu’elle vous rend addict !

Je remercie Anne-Charlotte des Editions Métailié de m’avoir permis de découvrir ce roman : excellente proposition !

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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