Mississippi

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Traduit par Michèle Albaret-Maatsch

4e de couverture : « Dans le Vieux Sud sauvage des années 40, Laura et Henry luttent pour élever leurs enfants sur une terre ingrate. Laura sait qu’elle ne sera jamais heureuse dans cette ferme isolée et sans confort. Lorsque deux soldats rentrent du front, elle se sent renaître peu à peu. Empoisonné par le racisme, cet univers de boue, de désirs et de mort verra la sauvagerie tout emporter… Un premier roman magistral sur fond de bruit et de fureur. »

Décidément, en ce début d’année, j’enchaîne les livres épatants ! C’est chez Canel que j’avais repéré ce roman il y a un bon moment. Eh bien, quelle belle découverte bloguesque – une fois encore !
Nous sommes dans le Mississippi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Laura, qui a épousé Henry sur le tard et un peu en désespoir de cause, lâche son boulot, quitte Memphis, pour le suivre dans le Mississippi profond, celui des fermiers cultivateurs de coton, avec, déjà, comme un mauvais pressentiment. Et elle avait raison de s’inquiéter Laura. Déjà, la belle maison promise n’était qu’un attrappe-nigaud à mari un peu trop confiant. Peu importe, elle accepte, d’aller vivre à la ferme elle-meme, vite nommée « La Bourbière ». Dès le premier jour, pas de chance, ses deux petites filles attrappent la coqueluche. Henry demande à la famille de metayers noirs occupant les terres à cultiver, de leur venir en aide. En effet, Florence Hap, sage-femme, s’y connaît en remèdes.

La vie de ses deux familles vont être inexorablement liées. Toutes les deux ont un gars parti à la guerre. Chez les Jackson, c’est Ronsel qui a été envoyé au front en Allemagne, comme tankiste ; chez les McCallan, c’est Jamie, le frère de Henry, qui a servi dans l’aviation. Pendant la guerre, en Europe, Noirs et Blancs étaient égaux devant l’ennemi. De retour au bercail, les deux jeunes gens, qui ne se connaissaient pas mais vont devenir amis, vont se prendre de plein fouet la rusticité et le racisme qui sévit toujours au Mississippi. Comme le dit Ronsel, en Europe, il était un libérateur, un sauveur. Dans le Mississippi, il n’est qu’un nègre qui pousse sa charrue, comme tant d’autres…

J’ai souvent eu l’impression de lire des scènes dignes du XVIIIe ou XIXe siècle et non du lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais c’était oublier que le Ku Kux Klan et ses idées moyennageuses sévissait encore dans cet Etat américain.Il y a de vrais méchants dans ce roman, comme Pappy – personnage qui n’a d’ailleurs pas d’autre nom -, le père de Jamie et Henry. Mais aussi de vrais héros, Ronsel et Jamie, mais aussi Laura, qui tente de surnager au milieu de tout ça. Henry est un personnage plus trouble. Florence fait parfois peur, même si on comprend parfaitement sa défiance à l’égard des Blancs – et l’issue de l’histoire lui donnera raison.

Cependant des amitiés et amours clandestines vont se lier (je ne vous dirai pas entre qui !) dans ce roman riche en rebondissements et où sont magnifiquement restituées l’âpreté et l’ingratitude de cet Etat. Chaque personnage prend à tour de rôle la parole plusieurs fois, pour raconter son histoire. J’ai été totalement prise d’effroi devant certaines scènes qui m’ont fait littéralement bondir.

Un livre, dont on n’a pas beaucoup parlé, mais qui pourtant est de la même veine et a la même force que La couleur des sentiments – qui lui, se déroule vingt ans plus tard. Ca ne donne pas trop envie de se perdre dans les coins perdus du Mississippi, même aujourd’hui ! A découvrir ABSOLUMENT !

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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