Entre ciel et terre

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A travers les mots d’Eric Boury

4e de couverture : « Parfois, à cause de mots, on meurt de froid. Comme Bardur, pêcheur à la morue islandais, il y a un siècle. Trop occupé à retenir des vers du Paradis perdu de Milton, il oublie sa vareuse en partant en mer. De retour sur la terre ferme, son meilleur ami entame un périlleux voyage pour rendre à son propriétaire, un vieux capitaine devenu aveugle, le livre funeste. Pour savoir aussi s’il veut continuer à vivre. »

Un roman magistralement écrit comme on en voit peu (merci au traducteur !). Une poésie à couper le souffle, une originalité stylistique incontestable (on passe du style direct libre au style indirect, de l’interpellation à la narration, de l’humour à la gravité sans que cela ne gêne en rien la lecture). Un régal !

Une histoire toute simple et ô combien romantique : un pêcheur expérimenté, Bardur, le seul et unique ami du gamin (qui n’a d’autre nom que celui-ci) meurt en mer lors d’une sortie un jour de tempête de neige, sur la terrible Mer Glaciale, parce qu’il a oublié de prendre sa vareuse… Cet homme était absorbé par la lecture du Paradis perdu de Milton, dans une édition de 1928, dont une traduction est arrivée jusqu’en Islande.Son propriétaire n’est pas Bardur, mais un vieux capitaine : « Milton était aveugle, tout comme le capitaine, c’était un poète anglais qui a perdu la vue à l’âge adulte. Il composait plongé dans les ténèbres et c’était sa fille qui transcrivait ses poèmes. (…) Des vers composés au creux des ténèbres qui jamais ne désertaient ces yeux, tracés par la main d’une femme, traduits en islandais par un pasteur doté d’une bonne vue, mais qui vivait  parfois dans un tel dénuement qu’il n’avait pas de papier pour écrire et qu’il devait se contenter du ciel au-dessus de la vallée de la Hörga en guise de feuille ».

Ne se remettant pas de cette terrible perte, le gamin n’aura qu’une obsession : rendre le livre à son propriétaire et se tuer… Enfin, du moins c’est ce qu’il croit. Mais la vie n’est pas aussi triste… Il croise furtivement une jeune femme qui l’impressionne : « elle n’est qu’un iceberg, pense-t-il, un iceberg couvert d’ours polaires qui vont me dévorer ». Mais elle est aussi et surtout « la pluie qui arrose le désert, le soleil radieux qui illumine les coeurs et elle est la nuit qui console »

D’une histoire toute simple, Jon Kalman Stefansson en fait un enchantement et aborde avec brio le questionnement sur la vie et la mort, la quête d’un sens à l’existence.

Un roman qui hante le lecteur une fois terminé…

Ca va sans dire que je vais lire la suite des aventures du gamin, dans La tristesse des anges.

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Un jour, quand je serai à la retraite, j’ai décidé que j’apprendrai l’islandais…

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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