Terrienne

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Etienne Virgil, écrivain, prend en stop Anne Collodi, 17 ans. Il la trouve étrange par ses questions directes et très personnelles. Elle lui dit se rendre à Campagne. Etienne la dépose à un croisement. Intrigué, il refait la route dans le sens inverse sans retrouver ledit croisement. Etienne est quelqu’un de rationnel, il croit à peine à ce qu’il écrit dans ses romans, alors dans la réalité…
Anne Collodi cherche sa soeur Gabrielle, disparue mystérieusement il y a un an juste après son mariage avec un type étrange. Gabrielle n’a laissé aucune trace. Pourtant, un jour alors qu’elle écoute NRJ, Anne reçoit un message par ondes radio de sa soeur.
C’est le début d’une folle aventure dans un univers parallèle, immatériel, un autre espace-temps peuplé de gens qui ressemblent aux humains, mais qui justement sont dépourvus d’humanité. Un monde où tout est aseptisé et désincarné. Dans cet ailleurs, on ne respire pas, on vit en apnée perpétuelle ; on ne rit pas, on cliquète. On ne se mouche pas, on ne tousse pas, on n’achète rien. On mange des choses insipides. Un monde sans surprise où tout est programmé et sous contrôle, depuis la conception in-vitro entre deux « compatibles », jusqu’à la mort, par crémation. Un monde où l’on finit par mourir d’ennui et non de maladie. Un monde uniformisé, jusque dans les vêtements. Aucune originalité n’est bien vue. Pour Halloween, on se déguise en Terrien : cet être sale et puant, infesté de microbes et aux moeurs bestiales…

Jean-Claude Mourlevat propose ici un bon gros pavé où l’on ne s’ennuie pas trente secondes : on pénètre avec un mélange d’effroi et de curiosité dans cet univers cauchemardesque. J’ai aimé le clin d’oeil à La Barbe Bleue (annoncé dès le début du roman) : l’héroïne s’appelle Anne et cherche sa soeur prisonnière d’un homme puissant qui se débarrasse des femmes qu’il fait capturer dès quil s’en lasse. J’ai aimé aussi l’allusion à l’auteur de Pinocchio, puisque l’héroïne a pour nom de famille Collodi et fait elle-même référence à la notoriété de son nom. Sans parler du personnage de l’écrivain (dépressif) auteur du Saut de l’ange. Le lecteur, à l’instar de l’héroïne, exécute ce saut, se prend au jeu de la fiction avant de repasser la frontière psychologique qui le sépare du monde réel. Une dose de physique quantique saupoudré d’humour  et le tour est joué.

Vraiment une belle découverte qui convertira les réfractaires à la science fiction les plus aguerris.
Mais attention, la réalité dépasse parfois la (science) fiction ! C’est aussi ce que suggère le roman en filigrane …

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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