La princesse des glaces

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Erica est écrivain. Un jour, de retour dans son village natal, elle apprend la mort d’Alex, la fille qui l’avait tant impressionnée quand elle était gamine. Elle avait été sa meilleure amie avant qu’Alex rompe tout contact sans explications. Alex a été retrouvée dans sa baignoire, les veines tranchées. Pourtant, personne ne croit au suicide. L’inspecteur Patrick Hedström est chargé de l’enquête. Quelle n’est pas sa surprise de tomber sur Erica au cours de son enquête : c’est la fille dont il était amoureux quand il était ado ! Une dimension qui va s’ajouter aux écheveaux de l’énigme à démêler, et pas qu’un peu !

Les deux personnages sont au point mort dans leur vie sentimentale : Patrick est tout juste divorcé et sans enfant ; Erica vit quasiment recluse chez elle, soumise aux contraintes éditoriales de son prochain roman. Ses parents sont décédés et elle est en discorde avec sa soeur Anna concernant le devenir de la maison familiale. Paradoxalement, le meurtre d’Alex va redonner un sens à la vie de Patrick et d’Erica, tous deux lancés dans une enquête sur le voisinage mais aussi sur eux mêmes.

Cela fait des années que j’entends parler de Camilla Läckberg et de ce polar en particulier. Mais, comme Millenium, je n’arrivais pas à m’y « coller », parce que sans doute on en parlait trop. J’en attendais donc beaucoup, compte tenu des éloges entendues. J’ai bien apprécié le début, avec l’univers de l’écrivain en proie au doute de soi et des contraintes liées à la publication éditoriale :
« Personnellement, elle devait chaque fois faire un énorme effort pour s’installer devant son ordinateur. Pas par paresse, mais à cause d’une terreur profondément ancrée d’avoir perdu sa capacité depuis la dernière fois qu’elle avait écrit. »
« Le retard qu’elle avait pris avec son livre la stressait énormément (…) et elle se dit qu’elle allait soulager un peu sa conscience et écrire un moment. »
Erica est un personnage très attachant car l’image de l’écrivain est ici complètement démythifiée : c’est une personne comme une autre, même quelqu’un qui doute beaucoup de ses capacités – sauf en matière de cuisine ! De plus, c’est une gaffeuse. Elle empiète allégrement sur les plates-bandes de Patrick et le lui dit sans vraiment prendre conscience des conséquences de ses actes pour l’enquête.
Patrick est un gros nounours amoureux, qui n’arrête pas de se tortiller comme un ver de terre à la moindre émotion. Il n’arrête pas de se faire asticoter par sa collègue à cause de sa relation avec Erica. Les deux tourtereaux tombent en effet rapidement dans les bras l’un de l’autre (enfin, plutôt dans le lit!). Bon, c’était sympa, c’était amusant, mais à force de tirer trop sur la corde sentimentale, Camilla Läckberg en fait une caricature de couple « guimauve » à la limite de la crédibilité. Ce fut ma première déception ! Dommage parce que l’idée du couple écrivain-flic était plutôt amusante !

Concernant l’intrigue à proprement parler, elle est très emberlificotée et il faut aller jusqu’au bout du bout du livre pour avoir une résolution qui finalement laisse un peu perplexe. L’intrigue n’est pas un prétexte à la description de la société suédoise etc. (comme chez l’Islandais Indridason ou chez Mons Kallentoft, pour citer un autre Suédois) : elle est bien au coeur de la narration et nous fait croiser foule de personnages. Camilla Läckberg revient sur le passé des personnages pour révéler des secrets de famille bien salaces et des ego surdimensionnés. Si l’intrigue m’a tenue en haleine, en fin de compte, je l’ai trouvée peu fouillée. C’est un lavage de linge de famille peu reluisant, mais pas vraiment davantage. Ce fut ma deuxième déception. Rien d’innovant là-dedans.

L’histoire se lit facilement par son style alerte et moderne. Mon oeil a néanmoins heurté une drôle de phrase : « Patrick se tortillait comme un ver de terre sur sa chaise ». Je ne sais pas si c’est moi, mais ça prête à confusion… C’est une broutille parce que le texte est bien traduit (= on oublie que le texte qu’on a sous les yeux n’est pas le texte original), mais ça m’a fait sourire !

Bref, une lecture bien partie au début mais qui finalement m’a un peu déçue. J’attendais beaucoup plus d’originalité et d’innovation, depuis le temps que j’entendais parler de ce livre. C’est dommage parce que l’idée de l’héroïne écrivain est vraiment sympa. Je ne me suis pas franchement ennuyée mais j’ai fini par me lasser un peu tout de même. A côté, Mons Kallentoft est beaucoup plus distrayant (et Arnaldur Indridason aussi, pour citer un écrivain islandais).

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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