Frangine

frangine

C’est la rentrée. Joachim rentre en terminale et Pauline en classe de seconde. Ils sont frère et soeur. C’est Joachim nous raconte au quotidien ce qui s’est passé en ce début d’année scolaire dans un lycée tout ce qu’il y a de banal, ni pire ni meilleur qu’un autre. Un lycée de la France d’aujourd’hui. Lui, il est plutôt à l’aise dans ses baskets, bon élève et observateur. Surtout quand il s’agit de sa petite soeur qu’il voit se renfermer, pleurer…  Très secrète, Pauline n’ira pas d’emblée vers lui pour expliquer ce qui lui arrive.

Et quand il le découvrira, Joachim décidera de toute façon de ne pas en parler à ses parents, pour les protéger. Ses parents ce sont Julie et Maline…
Julie travaille dans une jardinerie et Maline est éducatrice dans un centre de rétention fermé pour ados en déroute. Deux femmes ce qu’il y a de plus normal. Et aux yeux de Joachim et Pauline, une famille comme les autres, avec les mêmes problèmes que n’importe quelle famille : des engueulades, des problèmes de boulot, de la fatigue, des rires, des pleurs, des grand-parents, des souvenirs, des albums photos.  Enfin deux ados avec des problèmes d’ados. Joachim en pince pour une fille de son lycée. Mais Pauline se morfond.

Parce que Pauline est harcelée par ses camarades qui ont appris qu’elle avait deux mamans. On la traite de « gouine » (ben oui, si vous avez des parents homos, forcément, vous l’êtes, dans leur tête), on insulte ses parents, on la menace sexuellement, etc. C’est le fait des élèves, mais les adultes qui apprennent la violence psychologique subie par cette gamine ne volent pas non plus forcément à son secours. Heureusement, il y a un prof de sport, à qui Joachim va se confier. Heureusement aussi Pauline est quelqu’un de courageux, qui, malgré son accablement, trouvera le moyen d’affronter ses adversaires à sa façon (bonne partie de rigolade au rendez-vous pour le lecteur !)

Un livre que je n’aurais pas ouvert si je m’en étais tenue à la couverture que je trouve très moche. Mais pour en avoir entendu largement du bien, je l’ai ouvert et je ne l’ai plus lâché, absorbée par le ton percutant de Marion Brunet qui aborde un sujet d’actualité : l’homophobie.

Un roman sur l’intolérance, les préjugés et la bêtise. Cependant, Marion Brunet n’élude pas non plus les problèmes : les deux adolescents se posent inévitablement des questions sur leur père génétique; Julie et Malin ont dû se rendre à l’étranger pour mener à bien leur projet de fonder une famille ; c’est Julie qui a porté les enfant, mais est-ce que Malin se sent moins mère pour autant ? Bref, qu’est-ce qu’un père et qu’es-ce qu’une mère ? C’est quoi une famille ?

L’auteur démontrer aussi, à travers la figure des grands parents dans ce roman, que les familles hétéro-parentales ne sont pas forcément parfaites : les grands-parents sont divorcés ou alors ont rejeté leur fille quand elle leur a annoncé qu’elle était « gay » et qu’elle allait quand même fonder une famille.
Elle met en balance avec beaucoup de justesse la question de la « normalité ». En fin de compte ce qui fait le plus de mal à ces ados et leurs parents, c’est l’intolérance des autres.

Un roman primé dont j’ai apprécié le ton juste (pas du tout moralisateur), le franc parler , l’écriture dynamique et l’humour qui pointe par moments.

Un autre roman est paru récemment, La gueule du loup : je sais déjà que je vais le lire.

Publicités

A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
Cet article, publié dans Littérature jeunesse, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Frangine

  1. Tes chromiques n’arrangent pas mes affaires: jamais je n’arriverai à vider ma PAL. Je viens d’ajouter ce livre à ma wishlist et je file lire une de tes chroniques que je viens de voir passer sur un Peter May que je n’ai pas lu…
    Bises,
    Maeve

    J'aime

    • maevedonovan dit :

      Mes condoléance ma chère Maeve 🙂
      Je suis en train de transférer les chroniques de mon ancien blog, l’occasion de redécouvrir moi-même mes lectures et l’envie me prend aussi de me replonger dans certains bouquins, comme le recueil de nouvelles de Joseph O’Connor, parce que je reviens tout juste d’une charmante petite ville dont il parle.

      J'aime

  2. Je ne connais pas Joseph O’Connor. Malheur ! Je file lire ta chronique !
    Bon courage pour la migration de tes articles,
    Maeve

    J'aime

    • maevedonovan dit :

      Comment ça tu ne connais pas mon Joseph Chouchou ? Mais c’est un scandale ! Allez zouh, file-moi lire aussi ses romans, en particulier « Inishowen » : tu m’en diras des nouvelles. J’attends tes chroniques ! 😉

      J'aime

  3. Ninon dit :

    C’est vrai que la couverture n’est pas super c’est domage compte tenu de l’histoire… Par contre mon porte-monnaie va morfler, merci 😛

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s