Prière d’achever

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 Traduit par Pierre Brévignon

M. Berger est un célibataire dont l’existence, vue de l’extérieure, peut paraître morne : il travaille comme préposé au Registre des comptes clôturés au service Logement d’une modeste municipalité anglaise. Son travail consiste à « recenser les bénéficiaires des logements sociaux qui, après avoir quitté ou abandonné leurs appartements, laisse[nt] des arriérés sur leur compte ». Ce job pas folichon ne lui convient évidemment pas, même s’il ne l’avoue pas. Son rêve c’est d’écrire des romans parce que sa passion c’est la littérature. A un point obsessionnel. Suite à déménagement de son service dans des locaux plus modernes dessinés par Le Corbusier (nous sommes en 1968), et au décès de sa mère qui lui laisse un mini-héritage, M. Berger décide de quitter son boulot et de partir s’installer à la campagne pour écrire.
Quelques temps après son arrivée, il assiste médusé au suicide d’une jeune femme au sac rouge sous les roues d’une locomotive. Perturbé, M. Berger le sera encore davantage quand, quelques jours plus tard, il assiste de nouveau à la même scène. Il court signaler l’événement dramatique à la police locale, qui, bien évidemment, le prend pour une personne dérangée, conséquence du décès de sa mère ! M. Berger décide donc de mener seul son enquête, qui le conduira à la découverte d’une bien étrange bibliothèque oubliée de tous, la Caxton Private Lending Library & Book Depository, et de son propriétaire, M. Gedeon.

Tout d’abord, une ENORME faute de traduction sur la quatrième de couverture ou le mot Library (du titre VO) a été calqué par « librairie » : pourtant, c’est basique  : librairie en anglais c’est bookshop ! A croire que la rédaction n’a pas été faite par quelqu’un qui a réellement lu le livre... Heureusement, la traduction de la novella par Pierre Brévignon ne commet pas cet impair (quand même !).
Et heureusement, l’intrigue tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre !

J’avoue, c’est le premier livre que je lis de l’Irlandais John Connolly dont j’ai entendu dire que ses polars étaient très noirs, très glauques, très déprimants et j’en passe. Celui-ci n’est pas tout à fait un polar mais plutôt un mélange de roman policier et de conte fantastique (version novella – court roman – genre très prisé en Irlande) sur le thème de la littérature, des livres, des bibliothèques, du rapport du lecteur aux personnages. Bref, un « bibliomystery ». Une histoire pétrie de jolies références et de phrases qui font sourire sans pour autant tomber dans le cliché ringard . On ne s’ennuie pas une seconde. On plonge sans problème au-delà de la notion d’espace-temps avec laquelle Connolly joue, même si ce qui se déroule sous nos yeux est tout à fait incroyable. Beaucoup d’humour aussi.

Quelques extraits :

« Le point de départ, expliqua M. Gedeon, c’était le public. Arrivait un moment où certains personnages étaient devenus tellement familiers aux lecteurs – et même à ceux qui ne lisaient pas – que leur existence devenait indépendante de leur vie sur la page. »

« J’ai rencontre Hamlet à l’arrêt du bus 48B. Le pauvre vieux… Il était là depuis un bon bout de temps. Il avait laissé passer au moins huit bus » : ben oui, ça prend du temps de soliloquer 🙂

Un seul reproche à faire : c’est trop court ! On en redemande !  J’ai adoré. Prix Edgar Allan Poe 2014 : pas étonnant !

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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