A travers les champs bleus

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Voici le troisième ouvrage de Claire Keegan publié en France, l’an dernier. J’avais beaucoup aimé son premier recueil de nouvelles, L’antarctique etle court roman Les trois lumières. Mais A travers les champs bleus m’a subjuguée !

Claire Keegan revient au genre de la nouvelle, dont les écrivains irlandais excellent et en ont fait un genre littéraire majeur dans l’île.

Il m’est difficile de parler avec une grande précision de ces huit nouvelles car j’ai lu ce recueil il y a quelques semaines et la multiplicité des histoires n’aide pas la mémoire, surtout quand on a pris peu de notes en cours de lecture, préférant se laisser emporter par l’ambiance !

Mais la nouvelle qui ferme le recueil,  « La nuit des sorbiers », reste ancrée dans ma mémoire et c’est la plus sublime de toutes pour moi. Les indices du texte font savoir au lecteur qu’elle se déroule à Inis Mor, la plus grande des îles d’Aran. Claire Keegan parle ici de la solitude de deux êtres, un homme qui vit avec une chèvre dans son lit et une femme presque sorcière qui emménage dans la maison d’à côté après un décès. Mais c’est surtout la superstition et le folklore qui embrasent cette nouvelle et nous plonge dans une ambiance à la limite du fantastique. Un court texte tiré d’après « L’eau du bain de pieds », conte de fées irlandais, plante le décor « psychologique : « Jadis à la campagne, dans toutes les maisons, les habitant se lavaient les pieds, comme ils le font maintenant, et une fois que l’on s’était lavé les pieds, il fallait toujours jeter l’eau dehors, car l’eau sale ne devait pas rester à l’intérieur de la maison durant la nuit. Les vieilles gens disaient toujours qu’un malheur risquait de s’abattre sur la maison si l’eau du bain de pieds restait à l’intérieur »… Et puis, il faut savoir qu’un sorbier a des pouvoirs magiques en Irlande (au même titre que l’aubépine, d’ailleurs), celui de l’enchantement.
Et c’est vraiment ce qu’il se passe : Claire Keegan endosse ici avec talent le rôle du conteur des veillées irlandaises et vous embarque dans un univers à part.

Quant à la nouvelle « La fille du forestier », elle parle de l’attachement (historique) de l’Irlandais à sa terre, de cet attachement jusqu’à l’égoïsme et la radinerie. Un mariage de tout sauf d’amour et une épouse malmenée qui finit par se venger grâce à son talent de conteuse et raconte ainsi sa vie  à peine déguisée par le truchement du conte aux voisins ! Et quand on connaît l’importance du « qu’en dira-t-on » en Irlande, on sait très bien que le vilain mari en sera blessé à vie.

Car oui, il est pas mal question d’amour malheureux, de secrets de famille qui remontent à la surface, de religieux malheureux….

Ces nouvelles sont sublimes mais tellement riches et complexes qu’il n’est pas facile d’en parler. Le mieux c’est de les lire.

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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