3 femmes et un fantôme

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 Traduit par Marie Hermet

Mary, 12 ans, vit avec sa mère, Scarlett à Dublin. Ce jour-là, elle est triste : sa meilleure amie, qui est également sa voisine, vient de déménager pour aller habiter un peu plus loin dans la ville. Mais pour Mary c’est comme si elle était partie au bout du monde. Mary est également triste parce que sa grand-mère, Emer, est à l’hôpital depuis de longs mois. Un jour, elle rencontre dans la rue une femme qu’elle trouve étrangement vêtue, et qui de surcroît emploie un vocabulaire aussi désuet que ses vêtements. Intriguée, Mary finit par se lier d’amitié avec cette drôle de femme qui dit s’appeler Tansey. Lorsqu’elle fait part à Scarlett de sa rencontre, le sang de sa mère ne fait qu’un tour. Et pour cause…

Ceux qui me suivent régulièrement savent que j’ai un gros faible pour Roddy Doyle (et pour beaucoup d’autres écrivains irlandais, ce n’est pas un scoop !). Alors quand pendant la rentrée littéraire, mes yeux tombent par hasard sur un livre à la jolie couverture et dont personne ne parle, avec le nom de Roddy gravé dessus, je ne me pose pas de question, et je le lis !

Ce que j’admire chez Roddy Doyle, c’est la variété de ses livres, qui vont du roman « historique » (La légendre d’Henry Smart), au roman « social » (The Committments, The Van, The Snapper, La Femme qui se cognait dans les portes, Paula Spencer), ou au livre pour enfants dont celui-ci fait partie. Et c’est un roman très très mignon, de surcroit très distrayant, qui vous déconnecte de la réalité en un rien de temps pour rentrer dans un univers fantastique si vous avez su garder votre âme d’enfant.

On retrouve ici un fantôme tout ce qu’il y a de plus classique : une âme errante tourmentée mais pas du tout malfaisante, au contraire. Tansey est une maman morte trop tôt, alors que sa fille n’avait que trois ans. Une maman qui s’inquiète depuis tellement longtemps pour sa fille, à présent à l’article de la mort et qu’elle voudrait apaiser, pour elle-même retrouver la sérénité.

Roddy Doyle aborde ici le sujet délicat de la mort mais avec toujours une once d’humour. Si ce roman est émouvant il n’est pourtant pas triste. Quatre générations de femmes se retrouvent et passent un sacré bon moment ensemble, un moment que chacune d’elle gardera pour l’éternité.

J’ai vraiment passé un bon moment de détente et je ne serais pas surprise que ce roman soit adapté au théâtre car très « dialogué », avec des répliques qui font mouche, les tics verbaux très agaçants de Mary, qui n’arrête pas de dire « genre » :

– Vas y, dit Tansey, demande-moi ce que tu veux.
– Bon, dit Mary, alors, genre, pourquoi est-ce qu’il y a des fantômes ?
– Tu veux dire, pourquoi j’existe ?
– Oui, c’est ça.
– Ce n’est pas très poli, Mary, dit Scarlett.
– C’est très bien, dit Tansey. Ce n’est pas impoli du tout.
– Oh, tant mieux, alors, dit Scarlett, parce que moi aussi je voulais poser la question !
– Voilà, dit Tansey. Mais notez bien que je ne peux parler que pour moi.
– C’est mieux que rien,dit Mary.
– C’est bien vrai, dit Tansey, c’est bien vrai. Alors. Voilà. Les gens meurent. Mais parfois, souvent, en vérité, ils ne sont pas prêts à partir. Ils se font du souci à propos de certaines choses.

J’admire toujours la manière dont Roddy Doyle arrive à se mettre dans la peau des femmes.

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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