Mon père est parti à la guerre

boyne

Traduction : Catherine Gibert

Alfie fête ses cinq ans le jour du début de la Grande Guerre. Il ne comprend pas pourquoi tous les adultes sont si affolés, tristes ou excités. A l’heure où il raconte son histoire, il a neuf ans et essaie de se rappeler comment était la vie à Londres, dans sa rue, comment c’était avant que la vie de sa famille ne change radicalement.
Alfie est un petit garçon très intelligent. Il assiste médusé à son monde qui s’effondre. Il observe le petit théâtre du monde en guerre de son oeil d’enfant. Il ne comprend pas pourquoi sa meilleure amie, Kalena,  et son père, l’épicier d’origine tchèque chez qui il a l’habitude d’aller acheter des bonbons, sont soudainement chassés de sa rue par les autorités britanniques et déportés à l’île de Man. Ils ne sont pas allemands. Mr Janacek a quitté son pays par amour pour une Anglaise et les Anglais, maintenant le chassent ! Comme ils banissent sa fille qui possède la nationalité britannique. C’est absurde !

Le père d’Alfie s’est enrôlé, persuadé comme nombre de ses compatriotes, que la guerre ne durerait pas, que tout serait fini à Noël (c’est d’ailleurs ce qu »il entend à longueur d’année, pendant cette guerre, qui, pourtant, n’en finit pas !). Au début des lettres arrivent. Puis plus rien. Alfie mène l’enquête auprès de sa mère, Margie : où est son père ? Est-il mort ? Il soupçonne effectivement très fortement sa mère de lui dissimuler le décès son père. Margie lui raconte qu’il est en mission secrète et que c’est pour cela qu’il n’envoie plus de lettres.
L’ambiance à la maison se dégrade : Margie travaille dur à l’hôpital pour soigner les soldats. Mais comme ça ne suffit pas, elle fait aussi des « extras » en tous genres. Alfie décide en cachette d’aller cirer les chaussures à la gare pour ramener un peu d’argent, qu’il glisse ni vu ni connu dans le porte-monnaie de sa maman. En observant et en écoutant, il finira par découvrir la vérité. Encore plus effroyable que ce qu’il pouvait imaginer. Pourtant, intrépide, il se lance dans l’aventure, oubliant sa peur.

Un magnifique roman jeunesse qui allie suspense et documentation sur l’Angleterre de la Grande Guerre. Alfie mène l’enquête pour trouver ce qu’est devenu son père et il réussit !
John Boyne, merveilleux conteur (forcément, il est Irlandais!), arrive à faire passer le message de l’effroyable avec tact, sans pour autant dissimuler la vérité. La guerre ça tue de plusieurs façons : physiquement et psychiquement. La guerre, ça rend fou. J’ai aimé la manière dont il aborde la psychose traumatique du soldat et le message pacifique qui se cache derrière. La guerre c’est quelque chose d’effroyable au-delà de ce qu’on peut imaginer. Aflie trouvera du renfort dans sa détresse pour sauver son père auprès du meilleur ami de celui-ci : Joe Patience, objecteur de conscience, qui lui explique : « Je n’ai pas été mis au monde pour tuer mon prochain », même si on l’a jeté en prison pour cette idée-là, pour refuser d’aller à la guerre, alors que s’il tuait quelqu’un dans la rue, on l’aurait jeté en prison pour avoir tué. Même si tout le monde lui claque la porte au nez pour ses idées, lui jette des pierres etc.  Brillante démonstration de l’absurdité des choses en temps de guerre.

Un très bel hommage aux soldats de la Grande Guerre. Un jeune héros très attachant, qui croisera même Llyod George. Une trame narrative habilement menée.
Un roman coup de coeur.

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A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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