Pêle-mêle de lectures Nature Writing – mai 2021

Je manque un peu de temps, ou du moins j’ai d’autres envies ces temps-ci que de passer des heures derrière un ordinateur, après tous ces mois de confinement et d’agitation sanitaires. Comme tout le monde, j’ai besoin de prendre l’air, de marcher, de voir du pays, ce qui ne veut pas dire que je ne lis pas. J’ai beaucoup lu, notamment pour le mois Nature Writing et me suis bien régalée ! Juste pas été très motivée quand il s’est agit de les chroniquer ! Je propose donc de brefs avis, pas très détaillés des livres trois livres non encore chroniqués.

Quant à mon bilan de lectures, il est sur la photo ci-dessous !

Bilan de lectures pour le mois Nature Writing

Lettres pour le monde sauvage de Wallace Stegner a été une sacrée rencontre, avec ce mythe de la littérature de l’ouest américain. L’histoire d’une migration au début du XXe siècle, un enfant des Prairies du Dakota, vers le Saskatchewan au Canada. On assiste à la naissance d’une ville, celle de Whitemud qui n’est qu’un amas de planches. L’émergence du chemin de fer dans un paysage qui est encore un désert démographique, habité par les dernières colonies de chiens de prairie au monde. La ruée vers la propriété de gens qui cherchent une vie meilleure et à qui ont a promis le rêve (américain !). Wallace Stegner écrit la première lettre qui inaugure le livre à sa mère disparue il y a déjà 20 ans, alors qu’il en a lui-même quatre-vingts. On apprend des choses sur ce qui a inspiré La montagne en sucre, mais aussi l’ensemble de son oeuvre. C’est un très beau livre, émouvant, une réflexion sur la destruction de la nature, bien sûr mais aussi le combat de l’homme pour vivre dans ces endroits encore reculés et sauvages.

« Comme partout, les fondateurs de la ville arrivaient de tous horizonsagriculteurs, commerçants, flambeurs, squatteurs métis, cow-boys texans, colporteurs syriens et juifs, et cockneys tout droit sortis de l’Est End londonien. « 

Il y a quelques allusions à de furturs écrivains prometteurs, comme Edward Abbey. 😎 Mais aussi à celui qui a grandement inspiré Wallace Stegner : Henry David Thoreau.

Les bisons de Broken Heart de Dan O’Brien : immense coup de coeur pour ce bouquin qui date de 2001. Ou comment Dan O’Brien a réussi à sauver ou du moins à réhabiliter les Grandes Plaines du Dakota, terres de Sitting Bull, ravagées par agriculture intensive et un surpaturage bovin inapproprié. C’est la chute du cours de la viande de boeuf, le risque de faillite de son ranch et un divorce qui sont les points de départ de cette belle aventure. L’auteur achète d’abord 13 bisonneaux qu’on se met à aimer d’amour (lol), tant il en parle comme s’ils étaient ses enfants. Le Gang de Gasehouse ! Tout un programme ! Un petit faiblard va mourir et ce sont des pages très émouvantes. Mais se démarque du troupeau Bill Bouclé, un petit jeunot plein d’avenir, qui n’a pas froid aux yeux. Même devant les vieilles bisonnes d’un autre troupeau que Dan va ajouter au douze jeunots. De fil en aiguille, quitte à faire sauter la banque, l’auteur s’endette sacrément, bien plus que ce qu’il avait prévu initialement. Mais les bisons sont tellement différents des vaches, tellement moins ravageurs, tellement capables de se débrouiller seuls car ce sont des animaux restés sauvages, pas des croisements fabriqués de toute pièce par l’homme, tellement plus résistants aux intempéries. Et surtout, aux yeux de Dan, c’est tellement incroyable de voir des bisons enfin fouler le sol des Grandes Prairies, 150 ans après leur disparition ! Les autres cowboys du coins en prennent de la graine, même s’ils sont un peu méfiants sur le devenir pécuniaire de troupeaux de bisons. Car ce n’est pas facile tous les jours, surtout au début. Mais Dan crée la Wild Idea Buffalo et vend sa viande de bison à travers tout le pays. Il convertit même les vegans à la viande de bison car elle correspond à leur idéal. J’avoue que j’ai pour ma part encore du mal à comprendre l’aspect « bouffe » dans cette histoire de repeuplement. Comment peut-on aimer tellement les bisons pour finalement les mettre dans son assiette ? C’est un peu la chose qui m’échappe. Même si Dan O’Brien parvient totalement à vous donner envie de goûter sa viande de bison et qu’il m’a bien fait rire quand il imagine Bill Bouclé en steak barbecue. 😄 Une très belle histoire et la magie de la technologie vous permet de voir ce qu’est aujourd’hui l’entreprise de l’auteur puisqu’il a créé un compte Instagram. 😎

Le feu sur la montagne d’Edward Abbey nous embarque au Nouveau Mexique où vit le grand-père de Billy, 12 ans, qui a l’habitude de passer ses vacances d’été là-bas tous les ans. John Vogelin a vécu toute sa vie dans son ranch entouré de terres arides, desséchées par le soleil. Sauf que l’US Air Force a décidé de réquisitionner les terres pour installer un camp de tir de missiles. Le gouvernement donne un ultimatum au vieil homme. C’est un sacré personnage que nous donne à rencontrer Edward Abbey, nous, lecteurs, frisonnons pour lui. Lui, il préfère crever que de laisser s’installer l’armée dans ces somptueux paysages. La fin est très belle et émouvante. Un roman à lire, c’est sûr !

Voilà, le Mois Nature Writing est terminé. Je remercie les quelques personnes qui m’ont suivie dans ce challenge. Et je dis à d’autres de réfléchir à deux fois à ce qu’elles annoncent. En tout cas, je me suis bien amusée !

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Là où les rivières se séparent – Mark Spragg

Traduit par Laurent Bury

Je vous embarque aujourd’hui au Wyoming là où se passe Là où les rivières se séparent de Mark Spragg, auteur que je n’avais encore jamais lu. Comme pour Rites d’automne de Dan O’Brien, il ne s’agit pas là d’une fiction mais plutôt d’un récit de souvenirs.

Les parents de l’auteur ont racheté un hôtel-ranch quasi mythique dans les années soixante, à savoir le plus vieux ranch-hôtel, le Holm Lodge, que certains visiteurs appelaient le Crossed Sabers Ranch (à cause des bêtes marqués de sabres croisés. Les activités commerciales du ranch datent de 1898. Les parents de Mark les font perdurer, par l’élevage bien sûr, mais aussi en emmenant les touristes faire des excursions à cheval dans le somptueux environnement, là où » le haut plateau de Yellowstone, à cheval sur la ligne de partage des eaux, et ses rivières (…) retombent vers l’est et vers l’ouest. »

Cet univers est le Paradis des chevaux, dressés au ranch dès la naissance. Ici l’homme ne va pas sans ce fidèle compagnon. « Mon amour pour eux m’inquiétait. Je tournais les yeux vers les corrals et je regardais comme ils se tenaient, la tête basse, dans l’air immobile et accablé de soleil. J’imaginais les corrals vides. Je me demandais à quoi ressemblerait ma vie sans chevaux (…) ». « L’après-midi je m’occupais des poulains; je les amadouais par la répétition des mêmes gestes. Je leur mettais un licou. Je promenais mes mains sur leur cou, sous leur ventre. Je leur pinçais le flanc. Je leur soulevais la queue. Leur vérifiais les dents. Leur parlais. Je leur frappais la croupe, le garrot,le dos et les jambes avec un sac de jute vide. Ils renâclaient, reniflaient, se retournaient et comprenaient qu’on ne leur avait fait aucun mal. Je les bridais. Les menais. Les scellais. Je leur rappelais qu’on nous avait mis ensemble pour travailler. »

Au ranch on accueil des touristes en mal d’exotisme façon Far West, on les emmène en excursion en montagne, on se sert aussi des chevaux pour la chasse au cerf, pour les rodéos un peu. Le dieu Cheval est une « institution », un animal sacré qui aide les hommes à vivre dans un décor paradisiaque mais rude ! Mark Spragg parle de ses compagnons (les chevaux !) avec énormément de tendresse et de nostalgie. Il nous raconte leurs facéties aussi, parfois. C’est un livre qui plaira à tous les amoureux des chevaux, vous l’aurez compris.

Vous survivrez au Wyoming si vous pouvez affronter la rudesse du climat. Autrement, passez votre chemin ! Dans la Wapity Valley où a grandi l’auteur, « les jours d’été étaient caniculaires. « L’après-midi, le ciel se chargeait de cumulus surgis des Absarokas, et nous restions debout dans les granges ou assis dans les pick-up en attendant la fin des brusques tempêtes de pluie et de grêle. Les nuits étaient fraîches. Le matin, il y avait rarement assez d’humidité dans l’air pour qu’on ait de la rosée. Le soleil nous donnait de longues journées de travail. Les éleveurs s’activaient pour récolter leur luzerne, pour engraisser les boeufs et pour s’occuper de leurs vaches prêtes à mettre bas. Ils passaient leurs hivers à nourrir leurs bêtes, à faire des réparations, debout les nuits de janvier et de février par -20°C (…) » C’est aussi toute la rudesse de la vie des gens de cette région que restitue formidablement bien Mark Spragg. Même aller à l’école était une gageure. « Il y avait un rempart planté de sauge au nord de la cour de récréation, qui partait en pente sur plusieurs centaines de mètres vers l’embranchement de la Shoshone River. De l’autre côté de la rivière, le sol remontait en une série de collines bossues et de blocs de rochers monolithiques (…). Les collines se terminaient au pied de la Jim Mountain. (….) »

Bien évidemment, pas de cantine à l’école. Je me suis régalée du festival de sandwichs plus ou moins étranges pour nous, décrits par l’auteur qui voit dans les casse-croûte de chacun « le baromètre précis de l’origine familiale des enfants ». « Nos mères étaient pour la plupart attentionnées. La plupart d’entre-elles considéraient que la mortadelle était l’un des ingrédients d’un repas équilibré, mais elles voyaient aussi dans la mortadelle un luxe. (…) J’ai vu des sandwichs à la patate douce. Un jour, au début de l’automne, un sandwich courgette-mayonnaise. Beaucoup de sandwichs au wapiti, au cerf, au mouflon et à l’élan. J’ai vu deux fois un sandwich au navet. » : il faut croire que ça l’a marqué !! 🙂 On croise aussi du sandwich à l’oeuf au plat qui m’a beaucoup amusé !

Et puis il y a le vent.
« J’habite un pays brut, violent. Le Wyoming n’est pas une région qui se prête à la nudité ou à la douceur. Il y a ici quelque chose de tranchant, et l’on vit justement sur ce tranchant. La plupart des oiseaux migrent. L’hibernation est considérée comme une nécessité, et non comme une forme de mollesse. Les vieux, les incapables, les imprévoyants périssent. Et puis il y a le vent.
Le vent souffle presque tous les jours, sans la moindre chorégraphie, avec toutes l’inélégance d’une bagarre spontanée. Il y a des endroits où il se déchaîne si continuement que les arbres qui entourent une maison ou qui bordent un fossé d’irrigation penchent tous vers l’est, poussent perpétuellement vers l’est, comme s’ils n’étaient que des colonnes de limaille soumises, inclinées vers un pôle inconstant. » « A force de souffler sur les squelettes de bisons, les vents les ont rendu roses, puis blancs, avant de les faire tomber en poussière. Les forêts carbonifères ont surgi, puis sont retombées et ont pourri sous les vents, couche après couche, finalement écrasées pour devenir du charbon. » Alors, imaginez bien que les quelques quarte ou cinq jours sans vent sont jours de fête ! « On parle trop fort, on a l’habitude de crier pour surmonter les hurlements de l’air ».
Un jour sans vent, on lave sa voiture ! « Je suppose que bien 10% de la population du Wyoming venue habiter ici est restée uniquement parce que le voyage de retour semblait trop risqué. »

Mark Spragg décrit avec beaucoup d’amour, d’humour (noir), mais aussi de poésie l’univers où il a grandi ! Ce fut une vraie évasion. C’est aussi un livre instructif pour nous, Européens qui avons tant d’images d’Epinal sur l’Ouest américain. Le livre n’est pas construit chronologiquement. On voit également qu’il n’a pas été écrit d’une seule traite mais qu’il s’agit d’écrits de plusieurs époques, c’est en tout cas l’impression que cela donne à cause d’un certain nombre de redites. Il y a aussi quelques longueurs parfois. Mais néanmoins je n’ai pas boudé mon plaisir dans cette expédition littéraire au Wyoming ! Je vous en conseille l’expérience. Le livre date de 1999, j’aurais déjà dû faire cette expérience depuis longtemps ! En matière de Nature Writing, on est servi !

J’ai lu 5 livres dans le cadre de ce mois actuellement. Je suis un peu en retard dans les chroniques…. 🙂

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Rites d’automne – Dan O’Brien

Traduit par Laura Derajinski

Dan O’Brien a écrit ce livre en 1988. Il fait aujourd’hui quasiment partie des classiques de la littérature américaine. Dan O’Brien n’est pas un auteur comme les autres : c’est avant tout un « fermier », autrement dit un cowboy, un éleveur mais également un spécialiste de la faune sauvage en voie de disparition. Mais aussi un enseignant en littérature et écologie des Grandes Plaines.

Ce livre n’est pas une fiction mais le périple qu’il a fait à travers les États-unis, des Rocheuses américaines au Texas pour apprendre à Dolly, un bébé faucon pèlerin né en captivité, à vivre dans son milieu naturel sans l’aide des hommes.

En fait, Dolly est une rescapée. Pas la proie des hommes, mais des aigles royaux qui ont la fâcheuse tendance à aimer en déjeuner les jeunes faucons ne sachant pas tout à fait voler. Les frères et soeurs de captivité de Dolly ont disparu tour à tour entre les serres des grands oiseaux, le jour où Dan et ses collègues de la Peregrine Fund avaient décidé de les réintroduire dans leur milieu naturel. « Nous avions appris à faire se reproduire les faucons en laboratoire et à les relâcher dans leur milieu naturel. Certaines années, une centaine de rapaces étaient élevés pour être relâchés dans les Rocheuses. Avec un taux de mortalité annuel estimé de soixante à soixante-dix pour cent, environs trente-cinq faucons atteignaient l’âge d’un an, bien plus qu’il n’en naissait à l’état naturel après l’utilisation massive du DDT. »

En 1986, l’extinction de l’espèce semble écartée, grâce à l’élevage et à la diminution de l’usage du DDT, interdit. Dan O’Brien, en haut d’une falaise du Montana pense tourner la page, sa mission accomplie. Mais il assiste en direct au massacre des faucons pèlerins par les aigles royaux, oiseaux également protégés, dont la loi interdit de les tuer. Un peu las, n’ayant pas trop envie de retrouver l’asphalte et la vie dite « civilisée », divaguant sur des histoires de trappeurs en traversant Three Forks, il décide de prolonger sa mission au-delà de ce qui lui est imparti.

« Un faucon pèlerin, ai-je pensé, est davantage qu’un oiseau de proie d’un noir bleuté, à peine plus grand qu’un corbeau. Bien plus encore, c’est « un vagabond, l’oiseau qui pique avec plus de vitesse et de grâce que n’importe quel autre volatile ». Je me suis dit qu’un oiseau à l’aile brisée n’était plus, par définition, un faucon pèlerin. Un oiseau dans une boîte en carton posée sur le siège passager d’un pick up n’était pas non plus un faucon pèlerin. »

Dan O’Brien, dans un état qu’il dit lui-même un peu halluciné, remet à plus tard ses obligations de fermier du Dakota du Sud pour redonner sa fierté à Dolly. On va les suivre des montagnes Rocheuses, en passant par les plaines du Nord, les prairies, le Llano Estacado et la Laguna Madre. Un grand voyage où l’on croisera des tétras, oiseaux de prédilection des faucons pèlerins, des armoises, végétation emblématique des grandes plaines que les hommes se sont acharnés à détruire, détruisant par là l’habitat des tetras. Dolly va aussi se régaler avec la chasse aux canards (sarcelles, fuligules, colverts, harles huppés). Grâce à Dan, mais aussi aux deux chiens, le vieux Jack et le jeune Spud, Dolly va devenir une vraie dame faucon pèlerin. J’avoue qu’il y a beaucoup de parties de chasse dans ce livre, les hommes aimant bien se manger une petite gelinotte grillée ou un canard. C’est un peu paradoxal pour un écrivain amoureux de la nature et qui donne sa vie pour sauver des espèces en voie de disparition. J’ai également trouvé la même chose dans Espaces sauvages de Jim Fergus. On croise un Jim dans le récit. Je me suis demandé si c’était un anonyme ou Fergus, ou Harrison. Dans nos têtes d’Européens, la chasse est bannie par tous les écolos. Ça n’a pas l’air d’être le cas aux États-unis.

Mis à part cela, j’ai admiré tout le savoir de Dan O’Brien, toute sa passion et son énergie pour sauver cet oiseau, lui redonner sa grandeur. La fin est poignante. J’ai imaginé son immense déception. Eh oui, ça ne finit pas tout à fait en happy end. Mais il est plus tempéré que moi !!

« Parfois, j’ai envie de dire que l’aigle du Montana était un obstacle naturel mais que le fil électrique du Texas était artificiel, façonné par la main de l’homme et donc, injuste. Mais je n’en suis pas certain. De temps à autre, je crois être devenu plus sage. »

Un superbe livre à lire absolument : c’est à la fois une vraie balade dans les contrées sauvages de l’Ouest des États-unis (le Texas fait partie « mythologiquement » parlant de l’Ouest) et une source d’instruction indéniable. Bref, on en sort moins bête !

On peut lire dans la postface : « Grâce à ce livre, j’ai rencontré des personnes qui avaient pris conscience que le fond du problème venait du schisme entre l’écologie populaire et la compréhension profonde de la lutte pour la survie, cette règle principale qui régit la planète depuis l’aube des temps. Tout le monde aime les fins heureuses et, en quelque sorte, ce qui est arrivé depuis la parution de ce texte a pris un semblant de fin heureuse. Mais l’histoire contée dans Rites d’automne est triste (…) en partie à cause de la destruction constante de l’habitat animal et du développement de l’Ouest américain qui porte avec lui une multitude de luxes auxquels il est impossible de résister. Nous voulons des terres sauvages et suffisamment de place pour en profiter, mais nous ne voulons pas nous priver pour autant du superflu. (…) Pour tout dire, nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons. « 

A l’heure post-confinement, ce livre qui date d’une trentaine d’années est toujours d’actualité.

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Harvey – Emma Cline

Traduit par Jean Esch

Harvey est un homme avec un bracelet électronique au poignet. On n’aura jamais les détails de ses méfaits, hormis le mot VIOL écrit en majuscule à la page 13. Au fil des lignes, on se rend compte qu’Harvey est sans doute metteur en scène. Connu. Très connu. Il parle à son avocat. Un procès.

N’ayant pas grand chose à faire de ses journées en résidence surveillée, Harvey scrute les alentours entre deux appels de son avocat ou de son assistante. Il découvre que Don DeLillo est son voisin. Incroyable ! A partir de là, il n’aura qu’une obsession : adapter White Noise, le chef-d’œuvre du romancier. Alors que ses préoccupations devraient être tout à fait autres.

Après l’affaire Charles Manson, Emma Cline s’attaque à un autre fait divers, contemporain : l’affaire Weinstein qui entacha Hollywood. Rien n’est dit, tout est dans la suggestion. Son livre ne porte aucune mention de « roman », « nouvelle » ou quoi que ce soit qui relèverait du domaine de la fiction.

L’autrice se glisse dans la psyché de l’agresseur. Sous sa plume, c’est un homme déconnecté de la réalité, pas forcément agressif, à l’égo surdimensionné, bien sûr, et qui finit par être totalement ridicule.

Emma Cline laisse de côté l’idée d’un texte agité par la colère pour faire mieux : l’agresseur ridiculisé. Les dernières pages sont, à ce titre, d’une ironie particulièrement mordante. Un récit d’une centaine de pages qui pulvérise un géant du cinéma. On peut y voir également une sorte de choc des Titans, entre Harvey et Don DeLillo.

A présent, je me demande quelle sera la prochaine « victime » d’Emma Cline ! C’était mon troisieme rendez-vous avec l’autrice, sans doute y en aura-t-il un quatrième !

Merci aux Éditions de La Table Ronde

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Le chant de la Tamassee – Ron Rash

Traduit par Isabelle Reinharez

1er jour du mois thématique Nature Writing Ecologie. Une petite modification : j’ai laissé tomber l’idée absolue de Grand Ouest pour ne pas laisser de côté des auteurs remarquables du genre dont les livres (fiction ou pas) n’évoquent pas forcément l’Ouest américain (étatsunien ou canadien). Je pense, comme je l’avais déjà écrit, à Ron Rash, mais aussi à Jim Harrison, entre autres. Comme j’ai déjà bien bouquiné pour ce mois, en lisant Wallace Steiner, qui lui même reprend le concept de Henry David Thoreau, l’idée d’Ouest américain n’est pas forcément géographique, puisqu’elle comprend aussi le Texas. J’y reviendrai…

C’est avec Ron Rash que je commence, auteur né en Caroline du Sud, dont j’ai dévoré il y a quelques années Un pied au Paradis, dont je vous conseille fortement la lecture. Ses romans se passent dans les Appalaches, vaste région montagneuse, rurale, défavorisée située à l’Est des Etats-Unis. Le chant de la Tamassee est donc ma deuxième rencontre avec l’auteur.

Ruth 12 ans échappe à l’attention de ses parents lors d’un pique-nique. Elle a décidé de mettre les pieds dans la Tamassee, cette rivière qui marque la frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ainsi, à son retour chez elle dans le Minesota, elle pourra dire à ses copines qu’elle s’est trouvée dans deux Etats à la fois. Ruth ignore ce qu’est un ressaut hydraulique. Le drame survient : la Tamassee, l’une des rares rivières encore sauvages des Etats-Unis, avale la fillette.

L’accident arrive aux oreilles des medias. Maggie, photographe pour un journal à Colombia, originaire de Tamassee est envoyé en reportage sur les lieux de l’accident avec un collègue journaliste d’envergure, qui a reçu le Pulitzer pour son livre sur le Rwanda. Le père de Ruth, assez influent et argenté, veut récupérer la dépouille de sa fille que la rivière n’a pas rendue. Elle est coincée sous un rocher, à cause du ressaut hydraulique. Pour ce faire, il s’attache les compétences d’une entreprise qui construit et pose des barrages amovibles. Mais la Tamassee est une rivière quasiment sacrée. Une loi fédérale la protège de toute intervention de l’Homme, même temporaire. Le père de famille va se trouver confronter aux écologistes du coin, mené par Luke (qui justement n’est pas né dans le comté d’Oconee), un personnage haut en couleurs et au caractère bien trempé, voire un peu fêlé.

Maggie, quant à elle, n’est pas retournée à Tamassee depuis de longues années, en froid avec son père pour de multiples raisons. Comme toujours, le passé ressurgit, notamment celui de sa relation avec Luke, ancien amant. Des années après, les petites trahisons idéologiques pourraient être au rendez-vous. Elle va également apprendre à connaître un peu mieux Allen, son collègue journaliste qui l’impressionne et l’attire à la fois.

Ron Rash met en balance la douleur d’une famille et la nécessité de protéger la nature. Les conséquences même minimes, a priori, d’une intervention de l’Homme sur une rivière au regard de la loi, c’est-à-dire le risque de précédent qui mettrait en péril tout l’arsenal juridique mis en place pour protéger les rivières sauvages. Luke évoque une autre rivière dont les rives ont été bétonné.

« Il y a vingt ans, la Chattahoochee était aussi cristalline que la Tamassee. Aujourd’hui son bassin n’est pas beaucoup plus qu’une banlieue pavillonnaire au milieu de laquelle coule un égoût à ciel ouvert. » « (…)la Tamassee est la dernière rivière de cet Etat qui coule librement. Une rivière sauvage, ça nje peut ni se renouveler ni se reconstituer une fois qu’elle a disparu ».

J’ai aimé le fait qu’aucun des deux camps ne détiennent la vérité absolue parce qu’ils sont aveuglés. Luke est un personnage prisonnier de son idéologie, il n’a aucune empathie. Les parents, quant à eux, sont prisonniers de leur douleur, d’un deuil à faire qui est impossible s’ils ne peuvent récupérer la dépouille de leur fille. Tout au long de la lecture, l’opinion du lecteur vacille d’un point à un autre, comme une girouette. Ron Rash n’émet pas de jugements mais ne fait pas de cadeaux non plus. Une photographie prise par Maggie et publiée dans la presse peut faire basculer l’opinion et sacrifier la rivière. A quoi tiennent nos opinions ? Quel est le pouvoir d’une simple photo ?

La rivière est le personnage qui va résoudre le problème. C’est très fort. J’ai adoré ce moment, riche en émotion et en surprises.

J’ai adoré être immergée dans l’univers de cette petite ville (village ?) perdue des Appalaches, passer du temps dans la salle communale avec des hommes forts en gueule que tout oppose mais qui n’ont pas compris, en vérité, qu’ils sont tout petits face à la force de la nature. J’ai aimé mange les spécialités du coin chez Mama Tilson : du thé forcément glacé (on ne le boit pas autrement), des beignets de maïs… Un endroit un peu hors du temps où l’on respire, où les fantômes du passé font leur réapparition assez facilement. La puissance lyrique de Ron Rash allié à un bon sens du suspense m’ont emportée très loin. On ne s’ennuie pas 5 minutes et je suis convaincue de lire tout l’oeuvre de Ron Rash publiée à ce jour. Un auteur à lire absolument pour toute personne qui s’intéresse un minimum aux problèmes de préservation de l’environnement.

« La Tamassee n’est pas profonde. Les rochers, immergés en mai, affleurent aujourd’hui à la surface. L’eau vive d’alors coule maintenant en un flot clair et lent. Deux truites ondulent dans les hauts-fonds sablonneux. Leurs nageoires fendent la surface tandis qu’elles se laissent un peu dériver vers l’aval avant de revenir en trombe à l’endroit où la femelle a usé sa caudale à creuser un nid. »

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La chaîne – Adrian McKinty

Traduit par Pierre Reigner

Depuis des années Une terre si froide d’Adrian McKinty dors dans ma bibliothèque. Allez savoir pourquoi je n’avais encore pas lu cet excellent auteur nord-irlandais. Et allez savoir pourquoi, finalement j’ai plongé dans le thriller qui l’a vraiment fait connaître en France et ailleurs : La chaîne. En tout cas, si ça ne se passe absolument pas en Irlande mais aux États-unis où vit à présent l’auteur, j’ai adoré !

Cette histoire était au départ une nouvelle qu’Adrian McKinty a écrite en 2012 à Mexico après avoir entendu parler du concept mexicain de kidnappings intercheangeables. La nouvelle est restée au fond d’un tiroir jusqu’en 2017 où, décidé à en faire un roman, un agent littéraire le contacte. Le hasard fait plutôt bien les choses car l’auteur est plutôt désargenté, chauffeur uber pour gagner sa vie alors qu’il songeait abandonner l’écriture. Cette idée aurait été une bien mauvaise idée…

Rachel élève seule sa fille Kylie, une adolescente de 14 ans, qui, comme beaucoup d’ado vit avec un smartphone greffé sur la main. Un jour, alors qu’elle attend le bus qui l’emmène au lycée, absorbée par ce qui se passe dans son smartphone, elle ne voit pas l’individu qui s’approche d’elle. Enlevée en 2 secondes. Pendant ce temps, Rachel est sur la route pour un rendez-vous médical concernant des analyses de son cancer du sein. Elle reçoit un appel masqué l’informant de l’enlèvement et des conditions pour récupérer Kylie vivante. Elle n’aura pas le choix que d’enlever un autre enfant pour sauver le sien et se mettre également hors de danger.

Un engrenage infernal se met en place, révélant la complexité des sentiments humains, des petits arrangements que l’on est prêt à faire pour sauver sa peau et celle de ceux qu’on aime, quitte à commettre ce dont on ne se saurait pas cru capable.

L’auteur montre également l’effet néfaste des réseaux sociaux, et il est d’une ironie féroce quand la mère de la future victime, accroc à Insta, Facebook etc au point de raconter sa vie toute la journée sans aucune méfiance, contribue elle-même, sans le savoir, au drame qui va surgir. Quoi de plus facile que de kidnapper un gamin quand on sait à quoi ressemble la maison et où est qui et à quelle heure puisque tout est raconté dans le détail. Pas besoin de Big Brother !

Comme c’est un thriller, je ne peux guère en dire davantage sur le pitch mais je dois dire que l’auteur s’est fait plaisir avec les personnages des méchants, en particulier avec un grand-père digne des meilleurs films d’horreur. Il nous met les pétoches jusqu’au dernier moment !!

Je me suis également beaucoup attaché au personnage de Rachel et à son beau-frère (et même plus !) Pete. Une femme en sursis et un camé au grand coeur.

C’est drôle parce que le livre évoque très brièvement Thoreau, que je vais lire pour le mois thématique Nature Writing.

Si vous aimez les thrillers, foncez et découvrez cet auteur irlandais qui le mérite ! Une très bonne lecture très récréative, sans temps mort et qu’on ne lâche pas.

Adrain McKinty sera d’ailleurs interviewé prochainement par son acolyte Robert McLiam Wilson lors d’un événement littéraire en ligne début mai, organisé par le Centre culturel irlandais (pour en savoir plus, voir leur site ou leur page FB). 😍

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Par une mer basse et tranquille – Donal Ryan

Traduit par Marie Hermet

Quatrième roman que je lis de l’Irlandais Donal Ryan, sur les quatre parus en France. Roman, mais aux allures de recueil de novellas reliées entre elles par un fil ténu. C’est ce qui surprend. Chaque histoire est dense et fouillée.

L’auteur débute son roman en dehors des frontières irlandaises, avec le personnage de Farouk, médecin syrien forcé de fuir son pays, avec sa femme et sa fille. Le trio familial plaque tout pour une traversée maritime tout ce que l’on sait de risquée et périlleuse. Farouk finit par atterrir en Italie (dans ma tête c’était Lampedusa) mais seul. On le « parachute » ensuite par avion en Irlande. Farouk pense d’abord que sa femme et sa fille sont dans une autre partie du camp. La vérité va réveiller un fauve en lui, un accès de démence…

Puis nous arrivons dans les environs de Limerick, dans la campagne irlandaise où Lampy, jeune homme d’une vingtaine d’années vit avec sa mère Florence et Pop, son grand-père, personage haut en couleurs, radoteur et gouailleur, un chouilla raciste, mais très attaché au « gamin ». Pas de père dans la maisonnée. Un jour, Lampy a compris par la méchanceté infligée par un camarade de classe, ce que voulait dire le mot « bâtard ». Lampy est un personnage bonnasse, un bon gros naïf qui se fait arnaquer sur tous les plans. Il s’est fait plaqué par Chloé sur le parking du McDo, un coeur d’artichaut snob et fortunée. La loose ! Au niveau du boulot, ce n’est pas la joie non plus : il n’est pas du tout formé pour ça mais il travaille pour le patron de la maison de retraite, à surveiller les résidents et à les conduire en minibus, même par temps de gel.

Et puis il y a John, un vieillard au seuil de la mort. Il a passé sa vie à mentir – un vrai mytho de la mort ! -, à être malfaisant,colportant des rumeurs… comme pour se venger de quelque chose.

L’étranger, le bâtard, le pénitent. Le monde est vaste mais pourtant pas si grand. Il faut arriver à la toute fin du roman pour comprendre ce qui lie les uns aux autres, ces trois hommes en détresse. C’est peut-être le seul reproche que je peux faire à ce roman : on se demande trop longtemps où nous trimbale l’auteur. Mais ensuite ça fait mouche !!

Lampy est peut-être le personnage le plus sympathique du roman, l’agneau innocent. Le coeur brisé qui veut se barrer ailleurs pour oublier ses déboires sentimentaux, se refaire une vie meilleure ailleurs.

Au début, je n’ai pas trop aimé « le » Farouk qui vit en Syrie, un peu trop jaloux, le gars ! Il devient ensuite le migrant qui a risqué sa vie et perdu sa famille. Son histoire devient alors poignante. D’autant qu’il devient le « johnnie » (terme péjoratif mâtiné de racisme par lequel certains Irlandais désignent les personnes d’origine étrangère vivant dans le pays).

Quant à John, c’est le parfait connard. Le méchant. Mais une fois encore, le méchant a une histoire qui explique – en partie – le pourquoi il est devenu comme ça. Mais il a fait trop de choses impardonnables. Une vraie raclure. Le Diable pris des remords, le Diable qui fait acte de contrition, c’est finalement assez drôle, dans le registre humour très noir.

Donal Ryan écrit trois histoires tragiques sans pour autant se départir de son humour et de sa plume gouailleuse voire moqueuse par instants. Ce n’est pas un roman où l’on se tord de rire du début à la fin, certes, mais derrière les drames de vies brisées, derrière la noirceur, il y a une forme d’espoir, un retournement du destin. La fin est….. chhhhhhuuuuutttt !!! Je ne peux rien dire sous peine de briser le charme que vous aurez à la découvrir seul!😉 – et puis, à bas les spoilers, évidemment !

Un roman dense, plein d’humanité que j’ai adoré, avec en toile de fond les blessures d’enfance, les peines de coeur, le poids de la culpabilité, la migration (et son pendant, le racisme, mais juste survolé )… Il reste des mystères non élucidés et j’espère avoir l’occasion d’écouter Donal Ryan parler de son livre.

« En armures, ils vinrent de l’est,/Par une mer basse et tranquille./Nous étions nus, des brutes qui jetaient des pierres ;/Ils rirent, et puis nous massacrèrent « 

Il l’avait lu avec douceur ; il y avait une sorte de musique dans sa voix. On pouvait presque imaginer les Irlandais nus regardant avec un étonnement stupide les monstrueux Vikings, tout en cuirasses métalliques et sabres étincelants, qui traversaient majestueusement la plage dans leur direction, tandis que cette populace ignorante fouillait le sable pour trouver quelque chose à lancer. »

Roman en lice pour le prix Jean Monnet 2021.

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Grand Ouest, Nature Writing, Écologie – Mai 2021

Voici l’idée d’un nouveau mois thématique. L’atmosphère sanitaire devenant de plus en plus déprimante et étouffante parce qu’on ne voit pas le bout du tunnel au bout d’un an et que nos frontières sont toujours fermées, et qu’il y a d’immenses chances qu’on ne puisse pas partir sous d’autres cieux que les nôtres cet été, etc., j’ai l’envie de m’expédier littérairement du côté du Big Sky…

Le Grand Ouest américain (qu’il soit canadien ou états-unisien), des montagnes enneigées, ou des cactus dans le désert, des rivières, des lacs, ou le sable du désert sous un soleil qui cogne. Trouver refuge dans une cabane au fond des bois ou dans un ranch-hôtel du Wyoming. Écouter la nature. Manger ce qu’on y trouve. Aller sur le lieu sacré de la rivière Tamassee (ok, c’est pas vraiment à l’Ouest mais sous la plume de Ron Rash c’est écolo, sauvage et Nature Writing ), se lier d’amitié avec un faucon pèlerin dans les Rocheuses. Écouter les Amérindiens raconter les légendes ancestrales de ces terres…

Ron Rash, Mark Spragg, Dan O’Brien et tant d’autres sont au rendez-vous pour un mois qui fait la part belle aux grands espaces, au Nature Writing et à l’écologie !

J’espère que vous m’accompagnerez sur ces sentiers littéraires plein de promesses d’évasion. Je vous propose de partir vers le 1er mai.

Quelques idées de lectures non exhaustives, chacun est libre de lire ce qu’il veut, bien évidemment, et de faire découvrir aux autres des auteurs, c’est aussi le but de ces challenges thématiques ! Les exemples ci-dessous ne sont que mes envies de lecture.

Ce logo est à votre disposition. J’ai bricolé une photo de mon dernier voyage lointain
avant que le monde s’effondre.

Retrouvez les participants sur Instagram sous le hashtag #naturewriting 2021

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Bilan du Mois irlandais en images

☘ Merci à toutes pour vous enthousiasme, pour ce Mois irlandais plus ou moins improvisé, loin des blokbusters « je-me-lapete.com » qui lisent tous la même chose et sont d’un mortel ennui. Musique, livres, films, Histoire. On a fait un petit tour en Irlande avec le temps qui nous était imparti. Sans avoir pour autant les doigts dans la prise ! 😁 Parfois les photos sont en double car le #moisirlandais s’est aussi retrouvé dans le challenge thématique #autricedumonde .

Pour ma part, j’ai lu 6 livres, dont 5 sont chroniqués ici, le 6e étant le dernier livre d’Edna O’Brien sur Joyce et sa vie de couple qui ne m’a pas du tout enthousiasmée, au regad d’une traduction jargono-charabiatesque qui n’arrive pas à la cheville du style de Joyce. J’ai rien d’autre à en dire, donc pas de chronique sur ce livre.

Je réfléchis à un autre mois thématique en mai. D’un genre totalement différent. Je vous en parle bientôt !

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Tolu Makay

Pour le dernier jour du Mois irlandais, je vous présente une jeune femme au talent incroyable : Tolu Makay. Elle chante de la soul et du funk, et beaucoup plus.

Pour l’écouter c’est ICI

Bonne écoute ! C’est plus agréable que d’écouter Macron ! Un petit bilan de ce Mois irlandais sera mis en ligne prochainement . Je remercie déjà tous ceux qui ont fait vivre l’Irlande alors que nous sommes enfermés chacun dans notre pays.

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